Avant-propos
Mémoire
adressé à La Cour Internationale de Justice des
Droits de l'Homme
La Haye Extrait de mon livre à
paraître
Paris, le 25 décembre 2002
Je saisis à titre
personnel la Cour Internationale de Justice des Droits de l'Homme
pour atteinte à l'Article 12 de la Déclaration Universelle
des Droits de l'Homme et du Citoyen, ainsi que pour empêchement
de vivre et de travailler librement.
Une trentaine de personnes, évoquées dans les documents
ci-joints, peut s'associer à cette requête si nécessaire,
pour des raisons analogues, individuellement ou collectivement.
Vous trouverez ci-après le mémoire qui étaye
cette saisie, extrait de mon prochain livre à paraître,
Freud · L'hystérie, la yA et l'histoire
précédé
de sa dédicace et de son avant-propos,
L'état de mes travaux et publications figure sur notre
site ainsi que sur Électre, site du Cercle de la
Librairie, et au Dépôt légal.
Si la Cour estime cette requête recevable, je reste à sa disposition pour lui fournir tous documents, factures, précisions qu'elle jugera pertinents.
Avec ma plus haute considération,
Micheline Weinstein
![]()
In Memoriam Sara Halperyn
1920 - 13 février 2002
Sara Halperyn, Bibliothécaire du Centre de Documentation Juive Contemporaine, a trouvé les documents qui m'ont permis de dédier l'ensemble des mes travaux passés, les travaux en cours, et ceux à venir, aux nourrissons nés à l'Hôpital Rothschild à Paris en 1942 et 1943, déportés avec leurs mères à Birkenau, assassinés sans État-Civil. Avec elle, nous aurons ainsi témoigné que ces enfants ont existé. Le nom de Sara Halperyn est indissociable de cette dédicace.
"Je n'ai que vingt
arpents, répondit le Turc ; je les cultive avec mes enfants
; le travail éloigne de nous trois grands maux : l'ennui,
le vice et le besoin."
Candide
En mai 2002, un bref compte
rendu des événements qui auront marqué la
période de préélections, suivie d'un entre-deux-tours,
puis de l'élection présidentielle, et enfin des
législatives, précédait ma Préface
à Freud, l'hystérie, la yA et l'histoire,
qui fut publiée et aussi diffusée sur notre site
Internet. J'y lançais un "appel" d'urgence aux
psychanalystes, isolés ou affiliés, à dire
non, devant la gravité de ce que produisaient les Massenidéologies
en ce début de XXIème siècle. Quand bien
même le suffixe "cratie" serait désagréable
à l'oreille, la démocratie, la République
de la pensée, étaient menacées de ne plus
rien signifier, de perdre leur sens. Nous étions en effet
quelques-un/es à dire et à témoigner que
mettre en avant le slogan d'un "vote protestataire",
dont le succès aurait donné lieu à un régime
de vulgarité, de brutalité, d'interdiction de penser,
ne tenait pas, qu'il pouvait même à la longue, se
révéler continuer d'entretenir la banalisation qui
fait son chemin depuis 60 ans. Beaucoup d'entre nous, parmi nos
générations d'avant, de pendant, et de juste après
guerre, connaissaient, depuis 1981, des étages entiers
d'immeubles où l'on ne se gênait plus de déclarer
voter Le Pen. Sans la moindre "protestation", ouvertement,
et parfois, surtout, quand il ne leur était rien demandé,
si ce n'est la décence de se taire. Pour l'anecdote, l'un
d'entre ceux-là, il y a peu, est allé jusqu'à
vouloir que je lui donne mon étoile jaune, ou à
défaut celle d'un/e ancien/ne déporté/e ,"mais
une vraie", l'étoile, pas une copie, pour apaiser
sa nostalgie des grands rassemblements de Nuremberg et des nuits
de "Cristal". Je suis obligée de la mentionner
ici, puisque, visant la yA, j'y reviens un peu plus loin.
Le "3ème Reich", Freud l'avait nommé l'Hitlerei,
l'hitlérie.
Nous sommes quelques électeurs à avoir attendu,
au mois d'avril 2002, une prise de position de la part d'analystes,
devant l'évidence de ce qui risquait de faire basculer
l'indépendance, la liberté, de penser. y
· LE TEMPS DU NON a lancé cet appel par courrier
et par Internet le 1er avril ; au 1er mai, seule la SPP s'était,
elle aussi, fermement et publiquement prononcée.
À se dire que les analystes, isolés ou affiliés,
craignaient de perdre de la clientèle, c'est le risque
en de telles circonstances.
"Mais non, LaFrance n'est pas antisémite ni LesFrançais
ne le sont... " "Mais non, nous ne sommes pas à
Berlin dans les années 20... ni même à Paris
dans les années 30... ","Et pourtant, voilà
que ça a recommencé" .Le clamer
- autres slogans, autres incantations - signifie seulement que
le mécanisme d'un rituel destiné à dénier
la réalité est à l'uvre, alors que l'on sait
parfaitement lire, que l'on sait encore mieux voir que lire, et
que l'on est censé entendre.
Rappelons-nous que LaFrance ne s'est pas particulièrement
illustrée pour sortir Freud de Vienne en 1938, non plus
que pour l'accueillir avec tous les siens et le nommer président
de la société psychanalytique française,
devenue alors très catholique, c'est-à-dire si je
traduis au plus juste le terme catholique, universelle. Sans les
relations internationales de Marie Bonaparte, celles de l'ambassadeur
et piètre écrivain américain William C. Bullitt,
sans la garantie de la famille Freud installée en Angleterre,
ne serait plus restée que l'Amérique qui, seule,
comptait encore des patients fidèles, fortunés et
influents.
Reste, de la part de ces votants susceptibles - dont un fort taux
d'abstentionnistes, lesquels, quelles que soient les rationalisations
en cours, déroulent depuis toujours un tapis rouge à
l'extrême droite - qu'ils aient le courage de nous prouver,
d'abord, que les temps ont réellement changé et
ce, à partir d'arguments et de commentaires un peu plus
sérieusement étayés que ceux actuellement
en usage, tant au plan de l'histoire, de l'évolution des
idées, des sciences et des techniques, qu'au plan des idéologies,
c'est-à-dire de structures calquées sur celles des
religions, puisque c'est cet aspect des choses, côté
(ré)publique, qui nous intéresse plus particulièrement
ici.
Le lecteur peut encore aujourd'hui lire les textes du Forum ouvert
sur le site de y · LE TEMPS DU NON le 1er avril
2002. Il y trouvera la progression des choses, l'immobilisme timoré
de la "Communauté analytique française",
une foutaise qui, à bien lire Freud, contredit l'objectif
même de la yA ; l'éloignement, puis l'absence
définitive des noms des rares derniers lacaniens avec lesquels
nous entretenions encore une correspondance déjà
très relâchée, jusqu'à la prise de
position, la veille de l'élection présidentielle,
contre la pensée totalitaire, de la Société
Psychanalytique de Paris, qu'un correspondant nous a communiquée,
et que, grâce aux techniques modernes, nous avons estimé
important, à la mesure de l'étendue de nos correspondants,
de largement transmettre.
M. W.
Micheline Weinstein
Mémoire
adressé à
La Cour Internationale de Justice des Droits de l'Homme
La Haye
Extrait de mon livre à paraître
Freud · L'hystérie, la yA et l'histoire
Sganarelle (à Don Juan)
" Qui n'a point de loi vit en bête brute."
Au plan privé, deux
personnes seulement connaissaient quelque chose de l'homme Freud
: sa mère Amalia, puis sa femme Martha. Aucune d'elles
n'en a jamais fait état, personne, pas même, puisqu'il
y a l'interdit de l'inceste, sa fille Anna, ne saura jamais rien
de ce que Freud n'a pas dit. Cela ne nous regarde pas.
À titre d'exemple parmi ceux qui se sont multipliés
depuis la naissance de la yA, je dois mentionner le fait
suivant, en ce qu'il appartient, hélas, à son histoire
en même temps qu'à l'histoire de l'hostilité
dont elle fait l'objet. Chaque analyste, chaque analysant/e, peut
témoigner de ce phénomène, avec ses variantes
de discours et de moyens déployés.
Il y a dans l'immeuble où je vis et travaille une créature
qui se croit réellement la réincarnation d'Hitler
et tout ce qui va avec sans aucune exception, je vais en donner
un aperçu. Miracle du "signifiant", la première
lettre du nom du Führer et celle du nom de ce Mêle-Tout
sont différentes, mais en allemand gothique manuscrit,
ça peut se lire pareil. C'est l'individu, je l'ai évoqué
dans mon avant-propos, qui voulait que je lui donne mon ou une
étoile jaune - mais une vraie, et qui ne se gêne
pas pour clamer publiquement son vote politique depuis 1981.
C'est un rôdeur, il se montre et il mate, il tapage,
expulse, gesticule, de telle sorte qu'on pourrait le prendre pour
un pitre. Pendant ce temps-là, il commet des actes délictueux
et, préférentiellement, en fait commettre par les
siens et sa populace d'entourage. Tous ceux-là, ainsi que
lui-même, n'ont pas hésité à me suivre
partout où j'allais, et à filer des patient/e/s,
la semaine comme les jours fériés, y compris sur
notre lieu de topo, dans des Ateliers de la Ville dépendant
de la Mairie. En plus des boîtes à lettres, il "fait"
aussi les poubelles. Tout le monde le sait, dans le quartier
et maintenant bien au delà. Après que j'ai déposé
plainte en août 1999, il a continué jusque fin novembre
2002, d'épier les allées et venues dans l'immeuble
grâce à une caméra qu'il avait fait installer
dans la loge de concierge, pour aussitôt irrupter, se mettre
en travers du passage, et disparaître, le temps que la police
n'arrive. Cette créature n'est pas du théâtre,
il n'est pas Arturo Ui, écrit par Brecht en 1941, importé,
interprété et mis en scène par Jean Vilar
19 ans après, en 1960. Ce n'est pas du toc non plus, c'est
du vrai humain, ça existe, ça parle, ça agit,
ça vote aussi.
Ayant en vain, pendant près d'un an, signalé la
chose auprès du Syndic de l'immeuble et de ma propriétaire,
dont l'individu, son "beau-cousin" devint le maître
des basses uvres , auquel la sur prêtait main active, j'ai
donc dû porter plainte en août 1999 pour atteinte
au libre exercice de mon métier, pour intrusion dans le
secret professionnel auquel nous sommes tenus, atteintes à
la vie privée et à l'exercice professionnel, atteintes
au secret de la correspondance privée et professionnelle,
violation de domicile et de cabinet professionnel, injures (devant
témoins) xénophobes, et tout autre moyen existant,
sans aucune exception, pour nuire à ma réputation,
empêcher le développement de mon exercice et l'analyse
des analysant/e/s qui viennent ici. Le tout, soutenu et mandaté
par ses proches au grand complet, avec, s'étant progressivement
trouvée au centre, ma propriétaire, laquelle m'expulse
d'ici, et de façon très impolie. Appartement que
les voisins du quartier lorgnent sans état d'âme,
c'est-à-dire avec une indiscrétion peu ordinaire.
Je reçois même, encore aujourd'hui, régulièrement,
un virus informatique obscène, dont s'occupe notre Maître
de Web. J'en passe, naturellement. La première procédure,
engagée par l'avocat à laquelle je m'étais
adressée, laquelle n'aime pas la yA quand je la
représente, mais ne dédaigne pas l'argent, ne tint
pas compte de ma requête précise, elle s'est donc
avérée stérile, la juge d'instruction, après
avoir bâclé l'étude du dossier, ayant conclu
au non-lieu. Et pourtant, il ne s'agissait là ni d'affaire
d'argent, ni d'affaire d'humeur, il s'agit d'une affaire d'éthique,
pour atteinte, par exemple, à l'Article 12 de la Déclaration
des Droits de l'Homme et du Citoyen des deux sexes, lequel résume
en peu mots une grande part des obscènes agissements de
l'individu et des siens. Cette première procédure
a cependant coûté fort cher pour peanuts comme
résultat. En prime, nous avons entendu, de la part de professionnels
du barreau, des aberrations à la limite de l'injure, ce
qui témoigne de l'imbécillité, qui peut s'avérer
redoutable quand son émetteur détient le pouvoir.
J'ai donc dessaisi l'avocate et ai confié l'énorme
dossier à un avocat homme, que j'ai choisi pour qu'il m'entende,
c'est-à-dire qu'il prenne en charge la part ressortissant
au domaine de la justice, de sorte de me délester un peu
de cette préoccupation quotidienne - tout à fait
contrôlée, 1 à 2 heures par jour depuis 4
1/2 ans, pas plus. Comme il m'a répondu par chacun son
boulot, je lui ai fait confiance. Aujourd'hui, fin décembre
2002, je lui ai adressé un mail ainsi libellé :
"Merci. Sans vous je n'y serais pas arrivée."
On comprendra aisément que j'en transmets le nom uniquement
quand je l'estime pertinent et avec son accord. C'est lui qui
m'a fait entendre ce que je savais, ce que je disais, mais dont
je ne tenais pas compte au plan personnel, que la bassesse humaine
a tous les droits. J'ai du coup aussi compris pourquoi les "stars"
et les VIP étaient encadrées et protégées
par des gardes du corps.
L'évocation d'antisémitisme n'est pas venue d'ici
la toute première fois, au tout début. Mais après
que le terme ait été marmonné, par un analyste
lacanien, médecin-psychiatre, qui se faisait ainsi, je
l'ai su très vite, le porte paroles à voix basse
de pas mal d'autres, je me suis rappelé le livre Shoah,
où Lanzmann reproduit ce passage de Hilberg, que j'ai souvent
soufflé à qui voulait le recevoir depuis 1985.
les missionnaires chrétiens
avaient dit aux Juifs :
« Vous ne pouvez pas vivre parmi nous comme Juifs. »
Les chefs séculiers qui les suivirent dès le haut
Moyen-Âge décidèrent alors :
«Vous ne pouvez plus vivre parmi nous. »
Enfin les nazis décrétèrent :
«Vous ne pouvez plus vivre. »
C'est très simple,
à chaque étape, un fragment de la locution tombe
jusqu'au jour où s'instaure un nouveau concept à
partir d'un terme tout à fait courant, celui de Vernichtung,
anéantissement, des Juifs. Ainsi, plus besoin de procéder
par élimination sémantique, un mot suffit.
Ce qui allait s'intituler Vernichtung n'était pas
destiné à épargner qui que ce soit, j'ai
retrouvé une lettre de Freud à Putman, le 8 juillet
1915 où, commentant l'usage malfaisant qui était
en ces temps-là fait du fait mot "éthique",
il écrivait ceci,
Ce que j'ai vu de conversion religieuse au nom de l'éthique n'est guère encourageant. Ainsi de Jung par exemple que j'ai trouvé sympathique tant qu'il a vécu à tâtons comme moi. Puis il eut sa crise éthico-religieuse, l'exaltation morale, sa "renaissance", [] et en même temps les mensonges, la brutalité, et le mépris antisémite à mon égard. Ce ne fut nullement la première, mais seulement la plus récente de mes expériences
Dans l'affaire d'ici, la
police a fait et continue de faire son boulot , qui va même
parfois jusqu'à conduire une patiente au seuil de ma porte
à venir en chercher une autre pour la raccompagner dehors.
La police se déplace, chaque fois, selon le motif de l'appel,
au nombre de 3 à 7 fonctionnaires.
Il n'en fut d'abord pas ainsi auprès de la justice, où
dans un premier long temps, 3 années 1/2 durant, il fallut,
non seulement se confronter à son immobilisme et aux qualifications
dont elle vous affuble, mais de plus, voilà l'aberration,
prouver la "bonne santé" de nos dires, les miens
- j'existe ici depuis 26 ans -, ceux de mes patients, ceux des
proches et ceux des visiteurs, dont naturellement plusieurs médecins
et même des psychiatres.
J'ai fini, pour ne pas me sentir trop seule, par confier mon écurement,
c'est le mot, à mon avocat, dans une correspondance électronique
qui couvre la période du 19 au 30 novembre 2002, dont voici
des extraits,
Ce qui me reste incompréhensible,
c'est que sous prétexte que je suis analyste, je devrais
comprendre les agissements de cet individu, et pourquoi ne pas
m'apitoyer sur son sort de surcroît ! Cet individu n'est
pas un pauvre type, je persiste à le qualifier de malfaiteur,
de pervers-monomaniaque, autrement dit il sait parfaitement ce
qu'il fait, seule une partie de son esprit est affectée...
bref le clivage classique que l'on observe chez les pervers actifs.
Je suis, nous sommes, nous les témoins, persuadés
que ses malversations n'auraient pas résisté à
un examen à peine un peu poussé. C'est, entre autres,
un vrai voyeur, par exemple, personne ne me contredira, tout le
monde l'a vu mater, y compris les sorties de l'école. Cet
individu n'est pas un pauvre type, c'est un salaud, en quelle
langue faut-il le dire ?
[.]
Je me suis bien gardée jusque récemment de porter
des appréciations diagnostiques ou du genre. Chaque chose
à sa place et la perversion n'a pas la sienne en psychanalyse,
en tous cas telle que je la conçois. Mais que ce soit
sa parole contre la mienne est franchement nauséeux.
Et contre celle des personnes molestées, harcelées,
injuriées, qu'il y ait eu, de la part de cet individu,
soutenu par tout son entourage, des coups de force éhontés
matériels pour m'expulser, qu'il ait été
vu par plusieurs personnes ouvrir ma boîte à lettres,
qu'il ait été soupçonné par la fille
d'une locataire d'être entré dans leur appartement
et tout ce qui figure le dossier Les procédures sont-elles
faites pour ce soit aux personnes, reconnues publiquement d'une
haute moralité, dont mon médecin personnel, membre
de la Commission Consultative d'Éthique Médicale
et Secrétaire de y · LE TEMPS DU NON, gênées
dans leur vie et leur travail, de se voir suspectées de
raconter des fables ?
Cette affaire m'aura permis au moins de connaître les façons
de faire de l'appareil judiciaire, de l'intérieur, mais
c'est rudement cher payé je trouve.
Les photos que nous prenons : la police est au courant, elles
servent à justifier nos dires, il faut bien que nous nous
défendions contre les intrusions de cet individu, reconnu
par plusieurs médecins comme pouvant être dangereux.
D'ailleurs, je les ai tous et toutes photographiés, la
famille, l'entourage, les acolytes etc., personne, malgré
leurs menaces parfois musclées, n'a porté plainte.
[]
Les agissements de cet individu se sont naturellement aggravés
depuis qu'il a pris volontairement une retraite anticipée,
pour s'intituler, sans aucun droit, "concierge", pour
rendre ainsi extrêmement aisée, la satisfaction de
ses perversions. []
Je n'ignore pas que les "plaignants", et peut-être
encore davantage les "plaignantes", sont abusivement
suspectés de "paranoïa" . C'est par exemple
très courant dans le monde de l'édition, lorsqu'un
auteur non connu et donc non rentable, saisit la justice pour
plagiat d'un manuscrit confié à un éditeur,
refusé, puis publié, légèrement modifié
par endroits, épousseté, re-stylé, sous la
signature d'un lecteur-écrivain, "poulain" de
la maison comme on dit. Et je m'étonne toujours que les
professionnels de l'appareil judiciaire emploient des termes
nosographiques n'appartenant pas à leur spécialité,
sans avoir, pour le moins, exigé qu'une enquête sérieuse
ne soit effectuée au préalable. C'est très
curieux comme procédé, de charger psychiquement
le "plaignant" et de privilégier systématiquement
la "parole" (!) d'un délinquant... Pour ce qui
me concerne, personne ne fait appel à mes services ni ne
me paie pour "comprendre", c'est-à-dire, à
terme, "excuser" la saloperie qui nous vise tous ici,
bien au contraire je paye assez cher pour la dénoncer et
contre, jusqu'à présent, un résultat plutôt
mince.
Si vous pensez que je dois assister à l'audience de jeudi,
je le ferai, car je ne suis pas d'accord pour qualifier comme
il le fut fait dans la première procédure, cet individu
de "persécuté", il ne souffre pas le moins
du monde de persécution, je m'en serais tout de même
aperçue, et quelques médecins psychiatres fréquentant
par ici aussi. Qu'il fasse semblant de l'être, qu'il dise
l'être, cela participe d'un tout autre domaine. Mais vous
savez que je préfèrerais nettement ne pas assister
à ce genre de causerie, depuis le temps que j'en perds
- et mon temps, ce n'est pas de l'argent, c'est de l'or ! - avec
peanuts pour résultat. D'ores et déjà,
je vous souhaite bonne plaidoirie, c'est tout ce que je peux cordialement
et solidairement faire...
M. W.
Pas un/e, parmi ceux qui se sont reconnu de fait un point
d'identification avec cet individu, son entour, le voisinage et
les lorgneurs d'appartement, après avoir enfin constaté
que je ne partirais d'ici que si je le décidais et quand,
ne s'est excusé d'avoir été complice, ne
serait-ce qu'en en acceptant d'entendre ses dégueulis d'obscénités,
ses injures xénophobes et évidemment sexuelles.
De s'y être ainsi associé. Et parmi ces gens-là
patauge aussi du beau monde. Voilà où nous en
sommes, enfin l'affaire a été prise en considération,
et il ne nous reste plus qu'à gérer les impedimenta
quotidiens. De mon côté, je peux envisager d'avoir
en un temps je l'espère pas trop éloigné,
la possibilité de commencer, dans un relatif silence, à
rédiger le chapitre 1 de mon livre.
Donc j'en ai appelé au juridique. Pour une maigre chance
d'avoir pénalement gain de cause, il aurait fallu arguer
de "dépression nerveuse", provoquée par
ces harcèlements toutes directions et toutes formes confondues.
Comme si je pouvais me le permettre ! Autant alors changer de
métier. D'ailleurs le juridique a considéré
que cet individu était un malade grave, ce qui ne nous
intéresse absolument pas en tant que simples citoyen/ne/s.
Mon action aura au moins eu le mérite de faire largement
connaître la bassesse humaine au et en public, à
tous les niveaux aussi bien auprès des plus hautes administrations
et ce, quel qu'en ait été le coût, j'ai même
emprunté de l'argent à la banque pour y parvenir,
qui me l'a prêté contre très peu d'intérêts.
J'ai procédé comme je le fais depuis toujours avec
ma petite boîte d'édition, y · LE TEMPS
DU NON, pour rester indépendant/e/s - je ne suis plus tout
à fait seule -, pour penser et dire librement, comme en
amour, cela n'a pas de prix. Après tout, 60 ans ont été
nécessaires pour juger Papon et ne pas pouvoir juger Bousquet,
mais, malgré les collets volontairement posés par
qui nous savons, ça a fini par se faire.
D'où mon recours aux Droits de l'Homme.
Côté collègues maintenant. Comme chez tout
le monde, comme dans une famille, pas un/e parmi
les lacanien/nes n'a manifesté la moindre mince solidarité
amicale dans ce marigot qu'il nous faut pourtant bien traverser,
puisqu'il s'agit d'une affaire d'éthique. L'une d'entre
eux, fort connue et fort propriétaire, quand elle m'appelait,
toujours pour ramasser un renseignement, une référence,
une information prenait d'emblée les devants avec un, "Surtout
ne me parle pas de ça, ça me fait trop peur, j'aurais
déjà déménagé depuis longtemps
!" Pour déménager, ma chère, il faut
pouvoir. Et pour des motifs assez clairs, qu'il n'est pas besoin
de développer, ce ne sera pas facile.
"Elle n'a qu'à s'adresser à ses amis [juifs]
riches", éructait la créature qui briguait
mon étoile jaune.
Mais nous le ferons quand même de toutes façons.
Et probablement avant les délais d'expulsion, c'est maintenant
prévu. Dans ce coin du quartier, les gens sont vraiment
trop crades. À une seule exception, notre imprimeur et
son équipe.
D'autres collègues, tout aussi lacaniens, au su de ce qui
se passait, ont posé, une fois pour toutes et pour se débarrasser
de ce sujet dérangeant, des diagnostics sur cette affaire
que j'aurais honte de reproduire ici. D'ailleurs je n'en entends
plus parler depuis longtemps, je les ai sortis de ma vie, professionnelle
et potentiellement amicale.
Par contre, je fus et suis
épaulée, accompagnée et soutenue par deux
analystes courageux, et eux seuls - mais peut-on être analyste
sans courage et ainsi contredire Freud ? -, amis, pas juifs, pas
médecins. L'un est à Paris, je lui adresse des candidats
analysant/e/s depuis fort longtemps, peu le consultent de ma part,
les candidats pervers en particulier s'évanouissent instantanément.
L'un est à Nancy, c'est plus loin mais il faut savoir se
déplacer, qui fait en sorte que les publications de y
· LE TEMPS DU NON soient diffusées par une maison
d'édition pour être lues.
Dans la pratique, durant ces 4 ans, j'ai dû mettre dehors
- encore récemment - ou refuser de recevoir, tout quidam
des deux sexes, associé, ne serait-ce que dans ses fantasmes,
mais hélas pas seulement, à l'individu. Par ailleurs
il est également tout à fait compréhensible
pour certaines personnes, qu'elles renoncent à consulter
ici ou se sentent harcelées à un point tel qu'elles
ne supportent plus. De même pour les mères qui craignent
des propos obscènes ou des irruptions physiques devant
leurs enfants.
J'ai donc dû augmenter, très peu, le prix des séances.
Le courage des analysant/e/s qui appartiennent à ces générations
successives témoignant depuis 1896 de l'existence nominale
de la yA, ayant continué et continuant leur analyse
ici dans de telles conditions est à saluer.
Si je relate cette affaire, j'insiste, c'est justement, avec ou
contre le gré des intéressés, qu'elle fait
partie de l'histoire de la yA. Et que, en tant que me référant
à la yA, ce n'est pas à moi de céder
devant la saloperie humaine, sa bassesse, sa vulgarité.
Alors, puisque je suis obligée de déménager,
je demanderai à la Ville de Paris d'apposer ici une plaque
ainsi libellée :
Voilà que ça
a recommencé. En fait, ça n'avait jamais
cessé. La première fois, c'était pendant
la guerre, quand la police française est venue me chercher,
encore bébé, chez Jeanne et Paulo Zakin, qui me
cachaient rue Gasnier-Guy, défigurée maintenant,
à Paris XXème, dans l'immeuble où on a inventé
les "Chips". La concierge avait dénoncé
ma présence ainsi que celle d'une mère juive polonaise
avec bébé qui, eux, furent expédiés
à Auschwitz et ne sont pas revenus.
Jeanne - Paulo était au boulot - était Belge et
ne se nommait pas Zakin sur sa carte d'identité puisqu'ils
ils n'étaient pas mariés, et a refusé l'entrée
de leur petit logement à la police française et,
le temps que ça revienne avec un mandat d'arrêt,
m'a emportée, dans des trains qui stoppaient des heures
en plein champ ou à des gares de triage, à la campagne.
Le voyage a duré plusieurs jours.
Plus loin dans le livre, je raconterai en intermède l'histoire,
avec les noms des acteurs et des lieux, de Dole, dans le Jura,
de ses environs et de son Palais de Justice où je vivais
pendant l'Occupation.
Dans l'affaire actuelle, depuis fin 1998 , j'ai donc peu été
aidée par mes contemporains. Sans doute est-ce dû
à l'idée que j'ai de la "sublimation".
Je ne propose rien sauf mon travail, qui consiste aussi à
faire reconnaître la yA comme discipline indépendante
de tout autre, comme un métier en soi. À ce que
l'analyste ne soit pas étiqueté médecin,
psychiatre, psychologue, professeur, philosophe, historien, psychothérapeute,
thérapeute, mathématicien, conseiller financier...
affublés d'un "et psychanalyste". Que
l'analyste soit seulement psychanalyste, rien de plus, rien de
moins, et chacun/e avec son style propre.
Avec cette affaire, qu'il a fallu porter sur la place publique
puisqu'elle est d'éthique, la police, la magistrature,
la justice, des services publics, certaines administrations, quelques
politiques, et ceux que je prie de m'excuser de ne pas tous les
citer, et bien sûr d'abord les analysant/e/s, tout une minuscule
république reconnaît de fait la psychanalyse comme
telle, avec son droit à l'existence. Mais s'y refusent
toujours les différentes branches du corps médical,
psychiatres en tête, y compris ceux qui s'intitulent d'eux-mêmes
psychanalystes, lesquels s'opposent à toute reconnaissance
en soi de la yA avec une obstination infantile, copiant
ainsi les américains qu'ils déclarent, c'est un
snobisme, honnir . Ça représente du monde, lequel
ne date pas d'hier. Ainsi, grâce à eux, la yA sert à la psychiatrie de danseuse,
ce que redoutait Freud déjà dans Totem et tabou,
avant que la danseuse, qui coûte tout de même assez
cher, ne soit recyclée en plus rentable, selon Freud, domestique.
Il arrive aussi que les deux figures coexistent et se mêlent.
Or, d'après Freud, des,
...parallèles établis avec la symbolique du rêve, vous pouvez donc retenir que ce que la yA a en propre, ce qui la caractérise, c'est que son objet est d'intérêt général, ce à quoi ne peuvent prétendre ni la psychologie ni la psychiatrie.
Introduction...*
* Son objet, c'est-à-dire, selon Perrier, l'inconscient.
La définition la plus proche de la Laienanalyse, l'analyse par les non médecins, je l'ai trouvée dans le Webster's, à lay, en anglais,
One not belonging to some particular profession or not expert in some branch of knowledge or art.
Cette définition me semble devoir être complétée ainsi,
Quelqu'un qui ne ressortit pas à une profession particulière ou qui n'est pas expert dans une branche précise du savoir ou de l'art... "existant jusqu'alors, c'est-à-dire ici, jusqu'à la désignation par Freud, en 1896, alors qu'il abandonnait l'hypnose, par le terme spécifique, par un nom tout neuf, de yA."
L'analyste est donc lay, non
expert, dans toutes les disciplines qui ne sont pas la
yA, et inversement, les autres disciplines sont lays
pour qui n'est pas analyste. C'est sur ce point qu'il
ne peut y avoir qu'une yA, celle de Freud, de même
qu'il n'y a qu'une libido. C'est sur cette base seulement qu'il
est possible d'avancer en toute sécurité psychique
pour la faire progresser.
On ne peut pas dire que j'aie drainé des foules d'amis.
Par contre, j'en sais, et pas des plus éloignés,
qui ont un peu essayé de me marcher sur la tête,
ce n'est pas un secret, surtout depuis la mort, coup sur coup,
de Dolto en août 1988, puis celle de Perrier en août
1990, comme si je représentais une quelconque menace !
Collègues juifs et pas juifs, anciens déportés,
surtout les femmes, enfants (anciens) de déportés
chez lesquels n'existe aucune espèce de solidarité
liée à l'histoire, et autres... à gauche,
à droite... mais le manque réel de solidarité
se retrouve chez tout le monde, comme dans n'importe quelle
famille. La "Communauté lacanienne" est une secte,
dont l'organigramme, composé de sous-sectes clonées,
est établi et fonctionne comme celui d'une religion, il
est bien oint, tout y est cloisonné et enseigné
de telle sorte que les adeptes ne peuvent ni penser ni parler
en libre disponibilité. Alors oui, face à ce phénomène
ancestral, parler, dire ce que "je" pense, représente
une menace. D'où cette expression trouvée par Anne-Lise
Stern , laquelle ne m'a pas toujours voulu du bien comme on dit,
qui me qualifie de Bombe de vérité. La vérité,
on n'y peut rien, "je", le sujet, ne va pas, masochistement,
perversement, autocensurer ses dires, comme il était d'usage
avec l'"autocritique" stalinienne et alii, ce
qui aboutirait à se faire passer à ses propres yeux
pour quelqu'un d'autre, d'autre de l'autre, ce serait une conduite
qui mènerait à la folie, puisqu'il n'y aurait plus
de représentation de soi possible. La Lacanie est peuplée
d'automates, tournant manège - mais au moins sont-ils encore
en vie -, la moindre amicale y est impossible à former,
tout le monde, comme dans une famille (pas toutes), pourra
le vérifier. La "bombe de vérité",
si je reprends l'expression, est constituée non seulement
du dire ce que "je" pense, mais aussi de l'écrire,
pour que ça reste dans les archives de l'histoire de la
yA. C'est d'ailleurs pourquoi, précisément,
y ·
LE TEMPS DU NON auto-édite ses auteurs, dont aucun éditeur
ne veut, leurs dires n'est pas, depuis 35 ans, dans l'air du temps.
J'étais présente chez Françoise Dolto le
jour de sa mort. Il y avait là, évidemment, son
ange gardien, Colette Percheminier, puisque Dolto était
reliée en permanence à des bouteilles d'oxygène
hautes de 1m 50, une trentaine par 24 heures. Je pense être
la dernière analyste à avoir parlé avec Dolto.
J'ai signalé ce petit fait à l'historienne de la
psychanalyse (et psychanalyste !) française et à
quelques autres. Il semblerait que ce que Dolto a transmis au
dernier jour de sa vie n'ait pas intéressé grand
monde. Pourtant, les motifs de son départ de la SPP - avant
Lacan - ne sont pas négligeables pour l'histoire de la
yA.
Françoise Dolto m'avait laissé un message, le dernier,
sur le répondeur, que j'ai interrogé à distance
de mon lieu de vacances dans les Côtes d'Armor. Je l'ai
donc appelée immédiatement, nous avons pris rendez-vous.
Je suis arrivée à Paris le 25 août 1988 au
matin, et c'est à 47 ans seulement que j'ai pensé
à apporter à Françoise Dolto mon paiement
symbolique d'enfant, un caillou ocre, changeant selon la lumière,
raviné, ramassé au Sillon de Talbert, dont elle
dit alors qu'il ressemblait à un "manuscrit persan".
À mon retour en Bretagne le jour même, au saut du
train, la personne qui était venue me chercher à
la gare de Saint Brieuc m'a annoncé, un communiqué
était tombé pendant le trajet, que Dolto venait
de mourir. Une partie de Saint Quay-Portrieux au mois d'août
m'attendait pour rendre hommage à Françoise Dolto.
J'ai reçu, le 21 février 2002, un petit mot de Colette
Percheminier qui m'a bouleversée, où elle m'écrit
que Françoise "aux portes de la mort se faisait
du souci pour vous", ce que je n'avais jamais su .