Micheline Weinstein
y
Analyste
à
Cour Internationale
de Justice des Droits de l'Homme
2, Carnegieplein

La Haye
(Nederland)

Avant-propos
Mémoire adressé à La Cour Internationale de Justice des Droits de l'Homme
La Haye
Extrait de mon livre à paraître

Paris, le 25 décembre 2002

Je saisis à titre personnel la Cour Internationale de Justice des Droits de l'Homme pour atteinte à l'Article 12 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et du Citoyen, ainsi que pour empêchement de vivre et de travailler librement.
Une trentaine de personnes, évoquées dans les documents ci-joints, peut s'associer à cette requête si nécessaire, pour des raisons analogues, individuellement ou collectivement.
Vous trouverez ci-après le mémoire qui étaye cette saisie, extrait de mon prochain livre à paraître,

Freud · L'hystérie, la yA et l'histoire

précédé de sa dédicace et de son avant-propos,
L'état de mes travaux et publications figure sur notre site ainsi que sur Électre, site du Cercle de la Librairie, et au Dépôt légal.

Si la Cour estime cette requête recevable, je reste à sa disposition pour lui fournir tous documents, factures, précisions qu'elle jugera pertinents.

Avec ma plus haute considération, Micheline Weinstein

In Memoriam Sara Halperyn

1920 - 13 février 2002

Sara Halperyn, Bibliothécaire du Centre de Documentation Juive Contemporaine, a trouvé les documents qui m'ont permis de dédier l'ensemble des mes travaux passés, les travaux en cours, et ceux à venir, aux nourrissons nés à l'Hôpital Rothschild à Paris en 1942 et 1943, déportés avec leurs mères à Birkenau, assassinés sans État-Civil. Avec elle, nous aurons ainsi témoigné que ces enfants ont existé. Le nom de Sara Halperyn est indissociable de cette dédicace.

Avant-propos

"Je n'ai que vingt arpents, répondit le Turc ; je les cultive avec mes enfants ; le travail éloigne de nous trois grands maux : l'ennui, le vice et le besoin."
Candide

En mai 2002, un bref compte rendu des événements qui auront marqué la période de préélections, suivie d'un entre-deux-tours, puis de l'élection présidentielle, et enfin des législatives, précédait ma Préface à Freud, l'hystérie, la yA et l'histoire, qui fut publiée et aussi diffusée sur notre site Internet. J'y lançais un "appel" d'urgence aux psychanalystes, isolés ou affiliés, à dire non, devant la gravité de ce que produisaient les Massenidéologies en ce début de XXIème siècle. Quand bien même le suffixe "cratie" serait désagréable à l'oreille, la démocratie, la République de la pensée, étaient menacées de ne plus rien signifier, de perdre leur sens. Nous étions en effet quelques-un/es à dire et à témoigner que mettre en avant le slogan d'un "vote protestataire", dont le succès aurait donné lieu à un régime de vulgarité, de brutalité, d'interdiction de penser, ne tenait pas, qu'il pouvait même à la longue, se révéler continuer d'entretenir la banalisation qui fait son chemin depuis 60 ans. Beaucoup d'entre nous, parmi nos générations d'avant, de pendant, et de juste après guerre, connaissaient, depuis 1981, des étages entiers d'immeubles où l'on ne se gênait plus de déclarer voter Le Pen. Sans la moindre "protestation", ouvertement, et parfois, surtout, quand il ne leur était rien demandé, si ce n'est la décence de se taire. Pour l'anecdote, l'un d'entre ceux-là, il y a peu, est allé jusqu'à vouloir que je lui donne mon étoile jaune, ou à défaut celle d'un/e ancien/ne déporté/e ,"mais une vraie", l'étoile, pas une copie, pour apaiser sa nostalgie des grands rassemblements de Nuremberg et des nuits de "Cristal". Je suis obligée de la mentionner ici, puisque, visant la yA, j'y reviens un peu plus loin.
Le "3ème Reich", Freud l'avait nommé l'Hitlerei, l'hitlérie.
Nous sommes quelques électeurs à avoir attendu, au mois d'avril 2002, une prise de position de la part d'analystes, devant l'évidence de ce qui risquait de faire basculer l'indépendance, la liberté, de penser. y · LE TEMPS DU NON a lancé cet appel par courrier et par Internet le 1er avril ; au 1er mai, seule la SPP s'était, elle aussi, fermement et publiquement prononcée.
À se dire que les analystes, isolés ou affiliés, craignaient de perdre de la clientèle, c'est le risque en de telles circonstances.
"Mais non, LaFrance n'est pas antisémite ni LesFrançais ne le sont... " "Mais non, nous ne sommes pas à Berlin dans les années 20... ni même à Paris dans les années 30... ","Et pourtant, voilà que ça  a recommencé" .Le clamer - autres slogans, autres incantations - signifie seulement que le mécanisme d'un rituel destiné à dénier la réalité est à l'uvre, alors que l'on sait parfaitement lire, que l'on sait encore mieux voir que lire, et que l'on est censé entendre.
Rappelons-nous que LaFrance ne s'est pas particulièrement illustrée pour sortir Freud de Vienne en 1938, non plus que pour l'accueillir avec tous les siens et le nommer président de la société psychanalytique française, devenue alors très catholique, c'est-à-dire si je traduis au plus juste le terme catholique, universelle. Sans les relations internationales de Marie Bonaparte, celles de l'ambassadeur et piètre écrivain américain William C. Bullitt, sans la garantie de la famille Freud installée en Angleterre, ne serait plus restée que l'Amérique qui, seule, comptait encore des patients fidèles, fortunés et influents.
Reste, de la part de ces votants susceptibles - dont un fort taux d'abstentionnistes, lesquels, quelles que soient les rationalisations en cours, déroulent depuis toujours un tapis rouge à l'extrême droite - qu'ils aient le courage de nous prouver, d'abord, que les temps ont réellement changé et ce, à partir d'arguments et de commentaires un peu plus sérieusement étayés que ceux actuellement en usage, tant au plan de l'histoire, de l'évolution des idées, des sciences et des techniques, qu'au plan des idéologies, c'est-à-dire de structures calquées sur celles des religions, puisque c'est cet aspect des choses, côté (ré)publique, qui nous intéresse plus particulièrement ici.
Le lecteur peut encore aujourd'hui lire les textes du Forum ouvert sur le site de y · LE TEMPS DU NON le 1er avril 2002. Il y trouvera la progression des choses, l'immobilisme timoré de la "Communauté analytique française", une foutaise qui, à bien lire Freud, contredit l'objectif même de la yA ; l'éloignement, puis l'absence définitive des noms des rares derniers lacaniens avec lesquels nous entretenions encore une correspondance déjà très relâchée, jusqu'à la prise de position, la veille de l'élection présidentielle, contre la pensée totalitaire, de la Société Psychanalytique de Paris, qu'un correspondant nous a communiquée, et que, grâce aux techniques modernes, nous avons estimé important, à la mesure de l'étendue de nos correspondants, de largement transmettre.

M. W.

Micheline Weinstein

Mémoire adressé à
La Cour Internationale de Justice des Droits de l'Homme
La Haye

Extrait de mon livre à paraître

Freud · L'hystérie, la yA et l'histoire

Sganarelle (à Don Juan)
" Qui n'a point de loi vit en bête brute."

Au plan privé, deux personnes seulement connaissaient quelque chose de l'homme Freud : sa mère Amalia, puis sa femme Martha. Aucune d'elles n'en a jamais fait état, personne, pas même, puisqu'il y a l'interdit de l'inceste, sa fille Anna, ne saura jamais rien de ce que Freud n'a pas dit. Cela ne nous regarde pas.
À titre d'exemple parmi ceux qui se sont multipliés depuis la naissance de la yA, je dois mentionner le fait suivant, en ce qu'il appartient, hélas, à son histoire en même temps qu'à l'histoire de l'hostilité dont elle fait l'objet. Chaque analyste, chaque analysant/e, peut témoigner de ce phénomène, avec ses variantes de discours et de moyens déployés.
Il y a dans l'immeuble où je vis et travaille une créature qui se croit réellement la réincarnation d'Hitler et tout ce qui va avec sans aucune exception, je vais en donner un aperçu. Miracle du "signifiant", la première lettre du nom du Führer et celle du nom de ce Mêle-Tout sont différentes, mais en allemand gothique manuscrit, ça peut se lire pareil. C'est l'individu, je l'ai évoqué dans mon avant-propos, qui voulait que je lui donne mon ou une étoile jaune - mais une vraie, et qui ne se gêne pas pour clamer publiquement son vote politique depuis 1981.
C'est un rôdeur, il se montre et il mate, il tapage, expulse, gesticule, de telle sorte qu'on pourrait le prendre pour un pitre. Pendant ce temps-là, il commet des actes délictueux et, préférentiellement, en fait commettre par les siens et sa populace d'entourage. Tous ceux-là, ainsi que lui-même, n'ont pas hésité à me suivre partout où j'allais, et à filer des patient/e/s, la semaine comme les jours fériés, y compris sur notre lieu de topo, dans des Ateliers de la Ville dépendant de la Mairie. En plus des boîtes à lettres, il "fait" aussi les poubelles. Tout le monde le sait, dans le quartier et maintenant bien au delà. Après que j'ai déposé plainte en août 1999, il a continué jusque fin novembre 2002, d'épier les allées et venues dans l'immeuble grâce à une caméra qu'il avait fait installer dans la loge de concierge, pour aussitôt irrupter, se mettre en travers du passage, et disparaître, le temps que la police n'arrive. Cette créature n'est pas du théâtre, il n'est pas Arturo Ui, écrit par Brecht en 1941, importé, interprété et mis en scène par Jean Vilar 19 ans après, en 1960. Ce n'est pas du toc non plus, c'est du vrai humain, ça existe, ça parle, ça agit, ça vote aussi.
Ayant en vain, pendant près d'un an, signalé la chose auprès du Syndic de l'immeuble et de ma propriétaire, dont l'individu, son "beau-cousin" devint le maître des basses uvres , auquel la sur prêtait main active, j'ai donc porter plainte en août 1999 pour atteinte au libre exercice de mon métier, pour intrusion dans le secret professionnel auquel nous sommes tenus, atteintes à la vie privée et à l'exercice professionnel, atteintes au secret de la correspondance privée et professionnelle, violation de domicile et de cabinet professionnel, injures (devant témoins) xénophobes, et tout autre moyen existant, sans aucune exception, pour nuire à ma réputation, empêcher le développement de mon exercice et l'analyse des analysant/e/s qui viennent ici. Le tout, soutenu et mandaté par ses proches au grand complet, avec, s'étant progressivement trouvée au centre, ma propriétaire, laquelle m'expulse d'ici, et de façon très impolie. Appartement que les voisins du quartier lorgnent sans état d'âme, c'est-à-dire avec une indiscrétion peu ordinaire. Je reçois même, encore aujourd'hui, régulièrement, un virus informatique obscène, dont s'occupe notre Maître de Web. J'en passe, naturellement. La première procédure, engagée par l'avocat à laquelle je m'étais adressée, laquelle n'aime pas la yA quand je la représente, mais ne dédaigne pas l'argent, ne tint pas compte de ma requête précise, elle s'est donc avérée stérile, la juge d'instruction, après avoir bâclé l'étude du dossier, ayant conclu au non-lieu. Et pourtant, il ne s'agissait là ni d'affaire d'argent, ni d'affaire d'humeur, il s'agit d'une affaire d'éthique, pour atteinte, par exemple, à l'Article 12 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen des deux sexes, lequel résume en peu mots une grande part des obscènes agissements de l'individu et des siens. Cette première procédure a cependant coûté fort cher pour peanuts comme résultat. En prime, nous avons entendu, de la part de professionnels du barreau, des aberrations à la limite de l'injure, ce qui témoigne de l'imbécillité, qui peut s'avérer redoutable quand son émetteur détient le pouvoir. J'ai donc dessaisi l'avocate et ai confié l'énorme dossier à un avocat homme, que j'ai choisi pour qu'il m'entende, c'est-à-dire qu'il prenne en charge la part ressortissant au domaine de la justice, de sorte de me délester un peu de cette préoccupation quotidienne - tout à fait contrôlée, 1 à 2 heures par jour depuis 4 1/2 ans, pas plus. Comme il m'a répondu par chacun son boulot, je lui ai fait confiance. Aujourd'hui, fin décembre 2002, je lui ai adressé un mail ainsi libellé : "Merci. Sans vous je n'y serais pas arrivée." On comprendra aisément que j'en transmets le nom uniquement quand je l'estime pertinent et avec son accord. C'est lui qui m'a fait entendre ce que je savais, ce que je disais, mais dont je ne tenais pas compte au plan personnel, que la bassesse humaine a tous les droits. J'ai du coup aussi compris pourquoi les "stars" et les VIP étaient encadrées et protégées par des gardes du corps.
L'évocation d'antisémitisme n'est pas venue d'ici la toute première fois, au tout début. Mais après que le terme ait été marmonné, par un analyste lacanien, médecin-psychiatre, qui se faisait ainsi, je l'ai su très vite, le porte paroles à voix basse de pas mal d'autres, je me suis rappelé le livre Shoah, où Lanzmann reproduit ce passage de Hilberg, que j'ai souvent soufflé à qui voulait le recevoir depuis 1985.

les missionnaires chrétiens avaient dit aux Juifs :
« Vous ne pouvez pas vivre parmi nous comme Juifs. »
Les chefs séculiers qui les suivirent dès le haut Moyen-Âge décidèrent alors :
«Vous ne pouvez plus vivre parmi nous. »
Enfin les nazis décrétèrent :
«Vous ne pouvez plus vivre. »

C'est très simple, à chaque étape, un fragment de la locution tombe jusqu'au jour où s'instaure un nouveau concept à partir d'un terme tout à fait courant, celui de Vernichtung, anéantissement, des Juifs. Ainsi, plus besoin de procéder par élimination sémantique, un mot suffit.
Ce qui allait s'intituler Vernichtung n'était pas destiné à épargner qui que ce soit, j'ai retrouvé une lettre de Freud à Putman, le 8 juillet 1915 où, commentant l'usage malfaisant qui était en ces temps-là fait du fait mot "éthique", il écrivait ceci,

Ce que j'ai vu de conversion religieuse au nom de l'éthique n'est guère encourageant. Ainsi de Jung par exemple que j'ai trouvé sympathique tant qu'il a vécu à tâtons comme moi. Puis il eut sa crise éthico-religieuse, l'exaltation morale, sa "renaissance", [] et en même temps les mensonges, la brutalité, et le mépris antisémite à mon égard. Ce ne fut nullement la première, mais seulement la plus récente de mes expériences

Dans l'affaire d'ici, la police a fait et continue de faire son boulot , qui va même parfois jusqu'à conduire une patiente au seuil de ma porte à venir en chercher une autre pour la raccompagner dehors. La police se déplace, chaque fois, selon le motif de l'appel, au nombre de 3 à 7 fonctionnaires.
Il n'en fut d'abord pas ainsi auprès de la justice, où dans un premier long temps, 3 années 1/2 durant, il fallut, non seulement se confronter à son immobilisme et aux qualifications dont elle vous affuble, mais de plus, voilà l'aberration, prouver la "bonne santé" de nos dires, les miens - j'existe ici depuis 26 ans -, ceux de mes patients, ceux des proches et ceux des visiteurs, dont naturellement plusieurs médecins et même des psychiatres.
J'ai fini, pour ne pas me sentir trop seule, par confier mon écurement, c'est le mot, à mon avocat, dans une correspondance électronique qui couvre la période du 19 au 30 novembre 2002, dont voici des extraits,

Ce qui me reste incompréhensible, c'est que sous prétexte que je suis analyste, je devrais comprendre les agissements de cet individu, et pourquoi ne pas m'apitoyer sur son sort de surcroît ! Cet individu n'est pas un pauvre type, je persiste à le qualifier de malfaiteur, de pervers-monomaniaque, autrement dit il sait parfaitement ce qu'il fait, seule une partie de son esprit est affectée... bref le clivage classique que l'on observe chez les pervers actifs. Je suis, nous sommes, nous les témoins, persuadés que ses malversations n'auraient pas résisté à un examen à peine un peu poussé. C'est, entre autres, un vrai voyeur, par exemple, personne ne me contredira, tout le monde l'a vu mater, y compris les sorties de l'école. Cet individu n'est pas un pauvre type, c'est un salaud, en quelle langue faut-il le dire ?
[.]
Je me suis bien gardée jusque récemment de porter des appréciations diagnostiques ou du genre. Chaque chose à sa place et la perversion n'a pas la sienne en psychanalyse, en tous cas telle que je la conçois. Mais que ce soit sa parole contre la mienne est franchement nauséeux. Et contre celle des personnes molestées, harcelées, injuriées, qu'il y ait eu, de la part de cet individu, soutenu par tout son entourage, des coups de force éhontés matériels pour m'expulser, qu'il ait été vu par plusieurs personnes ouvrir ma boîte à lettres, qu'il ait été soupçonné par la fille d'une locataire d'être entré dans leur appartement et tout ce qui figure le dossier Les procédures sont-elles faites pour ce soit aux personnes, reconnues publiquement d'une haute moralité, dont mon médecin personnel, membre de la Commission Consultative d'Éthique Médicale et Secrétaire de y · LE TEMPS DU NON, gênées dans leur vie et leur travail, de se voir suspectées de raconter des fables ?
Cette affaire m'aura permis au moins de connaître les façons de faire de l'appareil judiciaire, de l'intérieur, mais c'est rudement cher payé je trouve.


Les photos que nous prenons : la police est au courant, elles servent à justifier nos dires, il faut bien que nous nous défendions contre les intrusions de cet individu, reconnu par plusieurs médecins comme pouvant être dangereux. D'ailleurs, je les ai tous et toutes photographiés, la famille, l'entourage, les acolytes etc., personne, malgré leurs menaces parfois musclées, n'a porté plainte. []
Les agissements de cet individu se sont naturellement aggravés depuis qu'il a pris volontairement une retraite anticipée, pour s'intituler, sans aucun droit, "concierge", pour rendre ainsi extrêmement aisée, la satisfaction de ses perversions. []
Je n'ignore pas que les "plaignants", et peut-être encore davantage les "plaignantes", sont abusivement suspectés de "paranoïa" . C'est par exemple très courant dans le monde de l'édition, lorsqu'un auteur non connu et donc non rentable, saisit la justice pour plagiat d'un manuscrit confié à un éditeur, refusé, puis publié, légèrement modifié par endroits, épousseté, re-stylé, sous la signature d'un lecteur-écrivain, "poulain" de la maison comme on dit. Et je m'étonne toujours que les professionnels de l'appareil judiciaire emploient des termes nosographiques n'appartenant pas à leur spécialité, sans avoir, pour le moins, exigé qu'une enquête sérieuse ne soit effectuée au préalable. C'est très curieux comme procédé, de charger psychiquement le "plaignant" et de privilégier systématiquement la "parole" (!) d'un délinquant... Pour ce qui me concerne, personne ne fait appel à mes services ni ne me paie pour "comprendre", c'est-à-dire, à terme, "excuser" la saloperie qui nous vise tous ici, bien au contraire je paye assez cher pour la dénoncer et contre, jusqu'à présent, un résultat plutôt mince.
Si vous pensez que je dois assister à l'audience de jeudi, je le ferai, car je ne suis pas d'accord pour qualifier comme il le fut fait dans la première procédure, cet individu de "persécuté", il ne souffre pas le moins du monde de persécution, je m'en serais tout de même aperçue, et quelques médecins psychiatres fréquentant par ici aussi. Qu'il fasse semblant de l'être, qu'il dise l'être, cela participe d'un tout autre domaine. Mais vous savez que je préfèrerais nettement ne pas assister à ce genre de causerie, depuis le temps que j'en perds - et mon temps, ce n'est pas de l'argent, c'est de l'or ! - avec peanuts pour résultat. D'ores et déjà, je vous souhaite bonne plaidoirie, c'est tout ce que je peux cordialement et solidairement faire...
M. W.
Pas un/e, parmi ceux qui se sont reconnu de fait un point d'identification avec cet individu, son entour, le voisinage et les lorgneurs d'appartement, après avoir enfin constaté que je ne partirais d'ici que si je le décidais et quand, ne s'est excusé d'avoir été complice, ne serait-ce qu'en en acceptant d'entendre ses dégueulis d'obscénités, ses injures xénophobes et évidemment sexuelles. De s'y être ainsi associé. Et parmi ces gens-là patauge aussi du beau monde. Voilà où nous en sommes, enfin l'affaire a été prise en considération, et il ne nous reste plus qu'à gérer les impedimenta quotidiens. De mon côté, je peux envisager d'avoir en un temps je l'espère pas trop éloigné, la possibilité de commencer, dans un relatif silence, à rédiger le chapitre 1 de mon livre.
Donc j'en ai appelé au juridique. Pour une maigre chance d'avoir pénalement gain de cause, il aurait fallu arguer de "dépression nerveuse", provoquée par ces harcèlements toutes directions et toutes formes confondues. Comme si je pouvais me le permettre ! Autant alors changer de métier. D'ailleurs le juridique a considéré que cet individu était un malade grave, ce qui ne nous intéresse absolument pas en tant que simples citoyen/ne/s. Mon action aura au moins eu le mérite de faire largement connaître la bassesse humaine au et en public, à tous les niveaux aussi bien auprès des plus hautes administrations et ce, quel qu'en ait été le coût, j'ai même emprunté de l'argent à la banque pour y parvenir, qui me l'a prêté contre très peu d'intérêts. J'ai procédé comme je le fais depuis toujours avec ma petite boîte d'édition, y · LE TEMPS DU NON, pour rester indépendant/e/s - je ne suis plus tout à fait seule -, pour penser et dire librement, comme en amour, cela n'a pas de prix. Après tout, 60 ans ont été nécessaires pour juger Papon et ne pas pouvoir juger Bousquet, mais, malgré les collets volontairement posés par qui nous savons, ça a fini par se faire.
D'où mon recours aux Droits de l'Homme.
Côté collègues maintenant. Comme chez tout le monde, comme dans une famille, pas un/e parmi les lacanien/nes n'a manifesté la moindre mince solidarité amicale dans ce marigot qu'il nous faut pourtant bien traverser, puisqu'il s'agit d'une affaire d'éthique. L'une d'entre eux, fort connue et fort propriétaire, quand elle m'appelait, toujours pour ramasser un renseignement, une référence, une information prenait d'emblée les devants avec un, "Surtout ne me parle pas de ça, ça me fait trop peur, j'aurais déjà déménagé depuis longtemps !" Pour déménager, ma chère, il faut pouvoir. Et pour des motifs assez clairs, qu'il n'est pas besoin de développer, ce ne sera pas facile.
"Elle n'a qu'à s'adresser à ses amis [juifs] riches", éructait la créature qui briguait mon étoile jaune.
Mais nous le ferons quand même de toutes façons. Et probablement avant les délais d'expulsion, c'est maintenant prévu. Dans ce coin du quartier, les gens sont vraiment trop crades. À une seule exception, notre imprimeur et son équipe.
D'autres collègues, tout aussi lacaniens, au su de ce qui se passait, ont posé, une fois pour toutes et pour se débarrasser de ce sujet dérangeant, des diagnostics sur cette affaire que j'aurais honte de reproduire ici. D'ailleurs je n'en entends plus parler depuis longtemps, je les ai sortis de ma vie, professionnelle et potentiellement amicale.

Par contre, je fus et suis épaulée, accompagnée et soutenue par deux analystes courageux, et eux seuls - mais peut-on être analyste sans courage et ainsi contredire Freud ? -, amis, pas juifs, pas médecins. L'un est à Paris, je lui adresse des candidats analysant/e/s depuis fort longtemps, peu le consultent de ma part, les candidats pervers en particulier s'évanouissent instantanément. L'un est à Nancy, c'est plus loin mais il faut savoir se déplacer, qui fait en sorte que les publications de y · LE TEMPS DU NON soient diffusées par une maison d'édition pour être lues.
Dans la pratique, durant ces 4 ans, j'ai dû mettre dehors - encore récemment - ou refuser de recevoir, tout quidam des deux sexes, associé, ne serait-ce que dans ses fantasmes, mais hélas pas seulement, à l'individu. Par ailleurs il est également tout à fait compréhensible pour certaines personnes, qu'elles renoncent à consulter ici ou se sentent harcelées à un point tel qu'elles ne supportent plus. De même pour les mères qui craignent des propos obscènes ou des irruptions physiques devant leurs enfants.
J'ai donc dû augmenter, très peu, le prix des séances.
Le courage des analysant/e/s qui appartiennent à ces générations successives témoignant depuis 1896 de l'existence nominale de la yA, ayant continué et continuant leur analyse ici dans de telles conditions est à saluer.
Si je relate cette affaire, j'insiste, c'est justement, avec ou contre le gré des intéressés, qu'elle fait partie de l'histoire de la yA. Et que, en tant que me référant à la yA, ce n'est pas à moi de céder devant la saloperie humaine, sa bassesse, sa vulgarité. Alors, puisque je suis obligée de déménager, je demanderai à la Ville de Paris d'apposer ici une plaque ainsi libellée :

Ici a vécu et travaillé
de 1976 à 2003
M. W. ·
yAnalyste
expulsée pour la seconde fois
d'un immeuble parisien

Voilà que ça a recommencé. En fait, ça n'avait jamais cessé. La première fois, c'était pendant la guerre, quand la police française est venue me chercher, encore bébé, chez Jeanne et Paulo Zakin, qui me cachaient rue Gasnier-Guy, défigurée maintenant, à Paris XXème, dans l'immeuble où on a inventé les "Chips". La concierge avait dénoncé ma présence ainsi que celle d'une mère juive polonaise avec bébé qui, eux, furent expédiés à Auschwitz et ne sont pas revenus.
Jeanne - Paulo était au boulot - était Belge et ne se nommait pas Zakin sur sa carte d'identité puisqu'ils ils n'étaient pas mariés, et a refusé l'entrée de leur petit logement à la police française et, le temps que ça revienne avec un mandat d'arrêt, m'a emportée, dans des trains qui stoppaient des heures en plein champ ou à des gares de triage, à la campagne. Le voyage a duré plusieurs jours.
Plus loin dans le livre, je raconterai en intermède l'histoire, avec les noms des acteurs et des lieux, de Dole, dans le Jura, de ses environs et de son Palais de Justice où je vivais pendant l'Occupation.
Dans l'affaire actuelle, depuis fin 1998 , j'ai donc peu été aidée par mes contemporains. Sans doute est-ce dû à l'idée que j'ai de la "sublimation". Je ne propose rien sauf mon travail, qui consiste aussi à faire reconnaître la yA comme discipline indépendante de tout autre, comme un métier en soi. À ce que l'analyste ne soit pas étiqueté médecin, psychiatre, psychologue, professeur, philosophe, historien, psychothérapeute, thérapeute, mathématicien, conseiller financier... affublés d'un "et psychanalyste". Que l'analyste soit seulement psychanalyste, rien de plus, rien de moins, et chacun/e avec son style propre.
Avec cette affaire, qu'il a fallu porter sur la place publique puisqu'elle est d'éthique, la police, la magistrature, la justice, des services publics, certaines administrations, quelques politiques, et ceux que je prie de m'excuser de ne pas tous les citer, et bien sûr d'abord les analysant/e/s, tout une minuscule république reconnaît de fait la psychanalyse comme telle, avec son droit à l'existence. Mais s'y refusent toujours les différentes branches du corps médical, psychiatres en tête, y compris ceux qui s'intitulent d'eux-mêmes psychanalystes, lesquels s'opposent à toute reconnaissance en soi de la yA avec une obstination infantile, copiant ainsi les américains qu'ils déclarent, c'est un snobisme, honnir . Ça représente du monde, lequel ne date pas d'hier. Ainsi, grâce à eux, la
yA sert à la psychiatrie de danseuse, ce que redoutait Freud déjà dans Totem et tabou, avant que la danseuse, qui coûte tout de même assez cher, ne soit recyclée en plus rentable, selon Freud, domestique. Il arrive aussi que les deux figures coexistent et se mêlent. Or, d'après Freud, des,

...parallèles établis avec la symbolique du rêve, vous pouvez donc retenir que ce que la yA a en propre, ce qui la caractérise, c'est que son objet est d'intérêt général, ce à quoi ne peuvent prétendre ni la psychologie ni la psychiatrie.

Introduction...*

* Son objet, c'est-à-dire, selon Perrier, l'inconscient.

La définition la plus proche de la Laienanalyse, l'analyse par les non médecins, je l'ai trouvée dans le Webster's, à lay, en anglais,

One not belonging to some particular profession or not expert in some branch of knowledge or art.

Cette définition me semble devoir être complétée ainsi,

Quelqu'un qui ne ressortit pas à une profession particulière ou qui n'est pas expert dans une branche précise du savoir ou de l'art... "existant jusqu'alors, c'est-à-dire ici, jusqu'à la désignation par Freud, en 1896, alors qu'il abandonnait l'hypnose, par le terme spécifique, par un nom tout neuf, de yA."

L'analyste est donc lay, non expert, dans toutes les disciplines qui ne sont pas la yA, et inversement, les autres disciplines sont lays pour qui n'est pas analyste. C'est sur ce point qu'il ne peut y avoir qu'une yA, celle de Freud, de même qu'il n'y a qu'une libido. C'est sur cette base seulement qu'il est possible d'avancer en toute sécurité psychique pour la faire progresser.
On ne peut pas dire que j'aie drainé des foules d'amis. Par contre, j'en sais, et pas des plus éloignés, qui ont un peu essayé de me marcher sur la tête, ce n'est pas un secret, surtout depuis la mort, coup sur coup, de Dolto en août 1988, puis celle de Perrier en août 1990, comme si je représentais une quelconque menace ! Collègues juifs et pas juifs, anciens déportés, surtout les femmes, enfants (anciens) de déportés chez lesquels n'existe aucune espèce de solidarité liée à l'histoire, et autres... à gauche, à droite... mais le manque réel de solidarité se retrouve chez tout le monde, comme dans n'importe quelle famille. La "Communauté lacanienne" est une secte, dont l'organigramme, composé de sous-sectes clonées, est établi et fonctionne comme celui d'une religion, il est bien oint, tout y est cloisonné et enseigné de telle sorte que les adeptes ne peuvent ni penser ni parler en libre disponibilité. Alors oui, face à ce phénomène ancestral, parler, dire ce que "je" pense, représente une menace. D'où cette expression trouvée par Anne-Lise Stern , laquelle ne m'a pas toujours voulu du bien comme on dit, qui me qualifie de Bombe de vérité. La vérité, on n'y peut rien, "je", le sujet, ne va pas, masochistement, perversement, autocensurer ses dires, comme il était d'usage avec l'"autocritique" stalinienne et alii, ce qui aboutirait à se faire passer à ses propres yeux pour quelqu'un d'autre, d'autre de l'autre, ce serait une conduite qui mènerait à la folie, puisqu'il n'y aurait plus de représentation de soi possible. La Lacanie est peuplée d'automates, tournant manège - mais au moins sont-ils encore en vie -, la moindre amicale y est impossible à former, tout le monde, comme dans une famille (pas toutes), pourra le vérifier. La "bombe de vérité", si je reprends l'expression, est constituée non seulement du dire ce que "je" pense, mais aussi de l'écrire, pour que ça reste dans les archives de l'histoire de la
yA. C'est d'ailleurs pourquoi, précisément, y · LE TEMPS DU NON auto-édite ses auteurs, dont aucun éditeur ne veut, leurs dires n'est pas, depuis 35 ans, dans l'air du temps.
J'étais présente chez Françoise Dolto le jour de sa mort. Il y avait là, évidemment, son ange gardien, Colette Percheminier, puisque Dolto était reliée en permanence à des bouteilles d'oxygène hautes de 1m 50, une trentaine par 24 heures. Je pense être la dernière analyste à avoir parlé avec Dolto. J'ai signalé ce petit fait à l'historienne de la psychanalyse (et psychanalyste !) française et à quelques autres. Il semblerait que ce que Dolto a transmis au dernier jour de sa vie n'ait pas intéressé grand monde. Pourtant, les motifs de son départ de la SPP - avant Lacan - ne sont pas négligeables pour l'histoire de la
yA.
Françoise Dolto m'avait laissé un message, le dernier, sur le répondeur, que j'ai interrogé à distance de mon lieu de vacances dans les Côtes d'Armor. Je l'ai donc appelée immédiatement, nous avons pris rendez-vous. Je suis arrivée à Paris le 25 août 1988 au matin, et c'est à 47 ans seulement que j'ai pensé à apporter à Françoise Dolto mon paiement symbolique d'enfant, un caillou ocre, changeant selon la lumière, raviné, ramassé au Sillon de Talbert, dont elle dit alors qu'il ressemblait à un "manuscrit persan". À mon retour en Bretagne le jour même, au saut du train, la personne qui était venue me chercher à la gare de Saint Brieuc m'a annoncé, un communiqué était tombé pendant le trajet, que Dolto venait de mourir. Une partie de Saint Quay-Portrieux au mois d'août m'attendait pour rendre hommage à Françoise Dolto. J'ai reçu, le 21 février 2002, un petit mot de Colette Percheminier qui m'a bouleversée, où elle m'écrit que Françoise "aux portes de la mort se faisait du souci pour vous", ce que je n'avais jamais su .

Micheline Weinstein