L'antisémitisme dans le monde arabe

Le prophète Mahomet commence son enseignement à Médine en 622. Ses relations avec les juifsde Médine, une petite communauté de commerçants et de négociants, s'enveniment après le début de sa mission. Le Coran contient de nombreuses descriptions péjoratives des juifs et du judaïsme.
Omar, successeur de Mahomet, définit les lois restrictives en vertu desquelles les « incroyants » (dhimmi, les chrétiens et les juifs) sont autorisés à vivre dans une société observant les règles de l'Islam. Ils sont astreints à des taxes supplémentaires, ainsi qu'au port de vêtements distinctifs; la construction de nouvelles églises ou synagogues est interdite. Ces lois sont appliquées plus ou
moins sévèrement selon le lieu et l'époque. En général toutefois, les juifs et les chrétiens sontconsidérés avec mépris; aux époques de difficultés économiques ou de tensions politiques, les juifs se font facilement attribuer le rôle de bouc émissaire. La situation s'aggrave avec le début de l'immigration sioniste en Palestine vers 1900. Le chef religieux des musulmans palestiniens, le Grand Mufti de Jérusalem, demande même l'appui d'Adolf Hitler pour empêcher les réfugiés juifs de s'établir en Palestine. L'idéologie antisémite nazie a un effet profond sur le monde arabe. Dans leur discours, les dirigeants nationalistes arabes ne font aucune distinction entre leurs voisins juifs arabes et les colons sionistes.
Lorsque les pays arabes sortent perdants de la première guerre israëlo-arabe de 1948, les communautés juives arabes se sentent gravement menacées; des centaines de milliers se réfugient en Israël, abandonnant pratiquement tous leurs biens. La propagande antisémite diffusée aujourd'hui dans le monde arabe reprend tous les éléments des stéréotypes propagés depuis des siècles. « Le juif » est le plus souvent représenté comme un homme voûté, barbu, au long nez crochu, vêtu d'une robe noire. Les thèmes antisémites bien connus sont répétés à satiété : la conspiration juive vise à dominer le monde; le juif empoisonneur et source de maladies contagieuses (la dernière en date étant le sida), jusqu'à l'accusation moyenâgeuse de meurtre rituel qui refait son apparition de temps à autre. Particulièrement perfide est la confusion du « sionisme » (ou de ce que l'on prend pour du sionisme) et du nazisme. La plupart des commentateurs politiques ou caricaturistes arabes semblent incapables de critiquer un aspect de la politique du gouvernement israélien sans le taxer de « politique nazie », ou de représenter les dirigeants israéliens autrement qu'avec des croix gammées.

Le négationnisme

Une grande partie de la propagande antisémite d'aujourd'hui, surtout celle diffusée par des groupes cherchant à réhabiliter le national-socialisme, est consacrée à la dénégation de la Shoah. Malgré la défaite de l'État nazi en 1945, la foi en l'idéologie nazie ne disparaît pas, et n'est pas limitée à la seule Allemagne. Déjà dans les années 1940, l'écrivain fasciste français ~aurice Bardèche allègue que si des juifs sont morts dans des camps ou des ghettos, c'est de maladies infectieuses ou de malnutrition, et si le gaz toxique a été employé, c'est non pas pour l'assassinat systématique, mais pour la désinfection. Les vrais auteurs d'atrocités, selon Bardèche, seraient les Alliés. Aujourd'hui, cinquante ans après que la vérité a émergé des camps de la mort d'Hitler, on trouve une énorme quantité d'affirmations de ce genre, qui vont d'une grossière propagande ouvertement antisémite à des rapports scientifiques en apparence objectifs. Souvent, dans ces derniers, la Shoah est non pas nié ouvertement, mais plutôt décrit comme « une question en suspens » qui doit faire l'objet « d'un débat plus approfondi ». Ce « débat » correspond toujours au même motif : les témoignages des survivants juifs sont rejetés comme étant « subjectifs »; les documents, les lettres ou les journaux des nazis et de leurs collaborateurs sont écartés comme « des faux notoires »; leurs témoignages sont invariablement le résultat des « tortures alliées ». Les dénégateurs de la Shoah prétendent que les chambres à gaz que l'on montre aujourd'hui comme preuves des assassinats systématiques sont de simples attractions pour touristes construites après la guerre par les communistes aux fins de leur propre propagande. La dénégation de la Shoah est un thème très fertile pour les antisémites du monde entier, et s'allie souvent à de nombreux mythes et stéréotypes antisémites très anciens, comme celui de la « conspiration juive mondiale ». Les survivants, à en croire les dénégateurs, mentent au sujet dé ce qu'ils ont vécu pendant la guerre et créent de toutes pièces des récits d'horreur afin d'obtenir de l'argent en réparation des prétendus préjudices subis. Souvent, les dénégateurs de la Shoah nient aussi le droit d'Israël à l'existence. Dans certains pays toutefois, notamment l'Allemagne, la dénégation de la Shoah est considérée comme un délit et une insulte aux millions de victimes.
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