Comme le processus d'expulsion ne va pas assez vite aux yeux du gouvernement, un « pogrom » est organisé à l'échelle du pays les samedi 9 et dimanche 10 novembre 193 8. Toutes les synagogues d'Allemagne sont incendiées, les boutiques juives sont pillées et environ 30 000 juifs - dix pour cent de la population juive restante - sont arrêtés, battus et emprisonnés dans des camps de concentration, dont ils ne sont libérés qu'en apportant la preuve de leur émigration imminente.
À la veille de la Deuxième Guerre mondiale, il reste environ 200 000 juifs en Allemagne. Une fois la guerre commencée, l'émigration devient presque impossible. À partir de 1941, les juifs d'Allemagne - comme tous ceux des pays sous l'occupation allemande - sont astreints au port de « l'étoile juive », rappel de la rouelle du Moyen Âge. En 1942 commencent les déportations à destination des « ghettos » et camps de concentration aménagés en Pologne. Des juifs restant en Allemagne après
1941, seulement 10 000 environ survivent à la Shoah.

La Seconde Guerre mondiale : la persécution et le meurtre systématique des juifs d'Europe

La politique étrangère allemande vise à conquérir des territoires en Europe orientale et à réunir les zones de colonisation allemande avec la « mère patrie ». Le 1 er septembre 1939, l'armée allemande envahit la Pologne. Les parties occidentales du pays sont rattachées à l'Allemagne; la partie centrale, y compris Varsovie et Cracovie, devient le "Gouvernement général".Fin septembre, les troupes SS reçoivent de Berlin l'ordre de concentrer la population juive dans des ghettos créés dans les principales localités, dans l'attente de la « solution finale ».
Dans les pays d'Europe occidentale occupés au printemps 1940, la politique allemande à l'égarddes juifs est plus prudente. Les juifs sont exclus de la fonction publique et systématiquement dépouillés de leurs biens. Comme les juifs allemands entre 1933 et 1939, ils sont progressivement isolés de la population, laquelle est endoctrinée par la propagande antisémite. Lorsque la guerre s'étend aux Balkans en 194 1, l'Allemagne s'allie aux régimes fascistes d'Italie, de Hongrie, de Roumanie, de Bulgarie et de Croatie pour persécuter la totalité des juifs de la région, soit 1600 000 personnes. Leur sort dépendra en définitive de la mesure dans laquelle les alliés de l'Allemagne sont disposés à coopérer au programme nazi d'extermination des juifs. Les forces allemandes et leurs alliés (à l'exception de l'Italie) entament une impitoyable campagne de meurtres collectifs et de déportations.

Lorsque l'Allemagne attaque l'Union soviétique le 22 juin 194 1, la région où est concentré le plus grand nombre de juifs d'Europe tombe sous l'occupation allemande. Plus de 2,6 millions de juifs sont pris au piège; 90 % d'entre eux vivent dans moins de 50 localités. Les chefs nazis ont conçu une méthode adaptée à la circonstance : il s'agit des unités mobiles d'assassinat ou « Einsatzgruppen », constituées de SS, de policiers allemands et d'auxiliaires locaux. Ils ordonnent d'amener les juifs hors des villes, de les abattre et de les enterrer dans des fosses communes. À l'arrière-garde des armées, les unités meurtrières entrent en action depuis Leningrad au nord jusqu'à Odessa dans le sud. Pendant les cinq premiers mois de la campagne elles abattent 100 000 juifs par mois, soit un demi-million de personnes en tout. Mais pour les chefs nazis, ce n'est pas assez. Avant même que les unités mobiles aient achevé leur mission, un plan encore plus monstrueux est mis au point : la déportation des juifs restants dans les camps de la mort.
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