Les statistiques habituellement
citées concernant l'adoption d'enfants en Israël sont
les suivantes: pour chaque enfant abandonné à la
naissance, 3 couples sont prêts à l'adopter. cependant
beaucoup d'enfants restent sans parent, et comme on le sait, peu
de personne sont prêtes à adopter un enfant plus
âgé, de 3,4,5, voire 9 ou 10 ans. 8000 à 10
000 enfants sont dans ce cas précis en Israël. L'enfant
type de ce groupe est trop âgé pour tenter les parents
potentiels, ou bien avec des problèmes médicaux,
ou bien associé à un frère, un soeur, que
les services d'adoption ne veulent pas séparer de lui pour
ne pas créer un traumatisme supplémentaire à
l'enfant.
Alliance vous propose un dossier sur le cas de ces enfants, afin
d'informer les parents potentiels, souhaitant adopter un enfant
juif, l'aider sur le chemin de la vie.
I. Le processus
d'adoption en Israël
II. Les problèmes
associés aux enfants âgés de plus de cinq
ans
III. Les instituts
des enfants en liste d'attente
IV. Le cas des enfants
"yétoumim"
I. Le processus d'adoption en Israël
Comme tout pays européen,
Israël a un processus d'adoption relativement long. Toute
personne s'adressant aux services sociaux d'adoption du Misrad
Harevahra pour adopter un enfant ouvre un dossier. La condition
première de l'adoption est d'avoir la nationalité
israëlienne, 43 ans ou moins, ou alternativement que la différence
entre l'âge de l'adoptant et l'âge de l'adopté
ne dépasse pas 43 ans. Les autres conditions de base concernent
les revenus minimaux pour adopter, la profession, et le lieu d'habitation.
Un homme ou une femme célibataire sont en droit d'adopter
un enfant. L'assistante sociale commence par visiter le couple
ou la personne qui souhaite adopter plusieurs fois. Elle s'assure
ainsi de l'équilibre de ce couple, de son mode de vie,
et ces visites lui permettent de savoir si le couple est authentiquement
ce qu'il prétend être, et qu'il ne joue pas un rôle
(quant à son équilibre psychique, son travail, son
lieu d'habitation).
Une fois l'assistante sociale convaincue de la candidature du couple ou de la personne adoptante, elle contacte le psychologue chargé de procéder à l'évaluation psychologique du/des parent(s). Le psychologue procède alors à des tests psychologiques, et s'assure de l'équilibre psychique des parents. Si ces tests sont positifs, il transmet alors le dossier à une commission, qui prendra la décision ultime d'accepter ou non le dossier. Une fois le dossier accepté, les parents-candidats sont portés sur une liste d'attente. Toutefois, si ces parents déclarent être prêts à adopter des enfants malades, (avec des problèmes médicaux), ou des fratries, ou bien au dessus de l'âge idéal des enfants adoptés, ils sont contactés très rapidement, car les enfants de cette catégorie sont eux sur une liste d'attente.
II. Les problèmes associés aux enfants âgés de plus de cinq ans
Il ne faut pas non
plus s'imaginer que l'adoption d'un enfant de plus de cinq ans
soit toujours une chose facile. Bien souvent, un enfant qui n'a
pas été adopté dans les premières
années de sa vie est transporté d'un institut à
l'autre, car chacun de ces instituts est spécialisé
par âge. Il peut arriver qu'il soit passé par plusieurs
familles d'accueil. Ces expériences en ont souvent fait
un être blessé, qui éprouve des difficultés
à s'attacher et à s'investir à nouveau en
un foyer familial. Néanmoins, une adoption faite en connaissance
des choses, et avec l'assistance professionelle d'un conseiller
en psychologie peut parfaitement réussir, car un individu
reste un individu, avec toutes ses ressources. L'enfant adopté
avec succès s'épanouira lui aussi dans un nouveau
foyer.
III. Les instituts des enfants en liste d'attente
Vous souhaitez rencontrer
ces enfants avant de décider quoi que ce soit
Si vous voulez vous faire votre propre opinion, et rencontrer
de visu ces enfants, dont beaucoup vous toucheront, et vous convaincrons
mieux que tous les mots de la faisibilité d'une adoption,
c'est chose possible. Il suffit de téléphoner au
02 67 08 177 à Jérusalem, ou bien de laisser un
message au 03 76 522 55 à Tel Aviv, (on vous rappellera),
pour convenir d'une visite de l'un des instituts de ces enfants
abandonnés.
Si vous posséder donc la nationalité israëlienne
et que vous souhaitez adopter un enfant, c'est donc chose possible.
Il vous faudra néanmoins prévoir d'amener en Israël
des preuves de votre contrat de travail, de votre lieu d'habitation
(contrat d'achat ou de loyer, photos), et prévoir de passer
un été auprès de l'administration. Rien dans
la loi ni l'administration israëlienne ne s'oppose cependant
à cette adoption.
IV. Le cas des enfants "yétoumim"
Le mot de "yétoumim"
en hébreu signifie "abandonnés". Néanmoins,
ne soyez pas surpris en constatant que six instituts pour "yétoumim"
fonctionnent dans la seule ville de Jérusalem. Il ne s'agit
pas là des orphelinat au sens français du terme,
mais d'une forme d'institut social propre à Israël.
Le rav Rekovski, dirigeant un de ces instituts, le Beit Hayitoumim
Zion Blumenthal, à Jérusalem, a bien voulu répondre
à nos questions.
Les recherches sociales
en Israël ont démontré en effet que beaucoup
d'enfants qui ne possèdaient pas une structure familiale
"normale" finissaient par devenir des délinquents.
Par "normale" il faut entendre habituelle, c'est-à-dire
un enfant élevé par deux parents. On trouve ainsi
beaucoup de cas d'enfants qui n'ont qu'un parent pour les élever,
que ce soit la mère ou le père, ou la grand-mère
ou le grand-père. Ces enfants-là ne sont pas des
enfants à adopter, et il leur reste une partie de leur
famille, un foyer de base qu'il faut conserver et même préserver.
Néanmoins, bien souvent, ce parent isolé a des difficultés économiques. Une mère seule obligée de travailler pour elle et son enfant est contrainte à effectuer un nombre inacceptable d'heures pour survivre, surtout dans la mesure où les salaires entre les hommes et les femmes ne sont pas équivalents en Israël. revenue tard et harassée à la maison, la mère isolée supporte mal les bétises de son enfant, ce qui la mène à être plus dure avec lui, voire violente, de sorte que son enfante en souffre. D'autre part, l'enfant resté seul va chercher à s'occuper, il traînera dans la rue, et la plupart du temps, cette oisiveté sera son passeport pour le monde du crime et de la délinquence.
Pour toutes ces raisons, Israël a établi des "beité
Yitoumim" qui prennent en charge l'enfant dans ce cas, et
lui fournissent une structure stable chargée de compenser
le manque de stabilité et de sécurité du
foyer réel. L'enfant retourne chez lui de façon
régulière, tous les trois shabbatot, et pour toutes
les fêtes, et on lui apprend à s'adapter à
sa situation pour ne pas en souffrir et pour ne pas avoir des
comportements qui seraient dangereux pour lui ou pour la société.
L'institut de plus se préoccupe de stabiliser le milieu
familial restant, d'aider les mères ou grands-parents,
tout en formant les personnes de ce cadre à réagir
positivement face à l'enfant, afin d'être en mesure
d'aider à son épanouissement.