Yona Dureau. Les
dernières manoeuvres politiques de M. Ehud Barak
La dernière stratégie
de M. Ehud Barak consiste à présent à exiger
de M. Clinton de faire une déclaration officielle engageant
les trois partis en présence, (les USA, Israël, et
les Palestiniens)à respecter des points de principes présentés
comme l'aboutissement des négociations au terme du mandat
du président américain et du premier ministre israëlien,
principes auxquels ne pourraient déroger leurs successeurs
politiques. Cette stratégie, nous l'avons déjà
énoncé, est un procédé anti-démocratique
de la part d'un premier ministre démissionnaire en minorité
à la knesset. Le Professeur Avinéri, de l'Université
Hébraïque, a démontré de plus qu'une
telle déclaration de principes contraindrait moralement
la nation à élire le candidat s'engageant à
appliquer ces principes, c'est-à-dire Ehud Barak, ce qui
biaiserait une fois de plus le jeu démocratique, cette
fois-ci au niveau des élections.
Cette déclaration de principes est préoccupante
selon deux plans, le premier concernant les plans américains
pour la mise en place des principes, et le second concernant les
propositions à nouveau excessives du côté
israëlien.
Les solutions américaines:
Le président américain quant à lui a déclaré
qu'il envisageait les options suivantes:
1) Une conférence internationale à laquelle participeraient
les parties concernées, mais aussi l'Union européene,
la Russie, les nations Unies, et les principaux pays arabes. Cette
conférence serait chargée de mettre au point un
document fixant l'état et la continuation des négociations
vers un statut final.
2) Une déclaration présidentielle américaine
qui ne serait que verbale. _ On s'étonne de cette précaution
oratoire quant on connait par ailleurs la valeur performatrice
des paroles d'un chef d'état: le président américain
considèrerait-il que toute déclaration orale de
sa part n'a qu'une portée limitée?
Cette déclaration aurait lieu en présence de Yasser
Arafat et de Ehud Barak ou alternativement en leur absence. Le
ministère des affaires étrangères américain
préférerait la présence de ces derniers de
manière à formaliser leur acquiescement et à
enteriner ainsi cette déclaration et son application.
3) Un sommet, rendant publique la dite déclaration, soit
sous la forme d'une conférence internationale, soit sous
la forme d'une rencontre tri-partite. Un tel sommet, comme dans
le cas de la conférence envisagée en 1), mettrait
Israël en minorité de fait face aux pays arabes, ce
qui laisse présager des pressions puissantes opposées
à ses intérêts.
Dans la situation actuelle, Barak a refusé de participer
à un tel sommet avant que n'aient cessé les violences
palestiniennes en Israël. Yasser Arafat quant à lui
a accepté cette option.
3) La suspension du processus de paix si les différents
entre les deux parties sont trop importants pour permettre aucune
de ces options. Clinton laisserait alors des directives non officielles
à l'administration Bush sur des voies pour continuer le
processus de paix.
Les propositions israéliennes
Une source diplomatique élevée en Israël a
déclaré que les représentants israëliens
avaient proposé deux solutions alternatives au problème
central du mont du Temple. Il s'agirait selon la première
de confier le contrôle et la gestion de ce lieu sacré
pour les deux religions à un autre pays, ou bien selon
la deuxième, de le confier à une forec internationale.
Sans avoir pû bénéficer de plus de précisions
de la part de cette source, nous pouvons cependant lire entre
les lignes, et voir ressurgir l'un des points des accords de Peres
avec le Vatican. Ces accords, qui avaient accordé à
l'Eglise le droit de prosélytisme en Israël (en brisant
le statut quo selon lequel il était interdit à toute
religion de tenter de gagner à sa foi des pratiquants des
deux autres), auraient aussi, selon le témoignage d'un
rabbin consulté pour servir éventuellement d'intermédiaire
avec les autorités papales, accordé au Vatican le
futur contrôle de Jérusalem. Si le contrôle
de la ville n'a pas encore été concédé,
l'éventualité d'un contrôle du Vatican sur
le Mont du temple semble se préciser sous les mots d'un
"autre pays", les Etats Unis n'ayant jamais exprimé
la moindre velléité à s'exposer à
devenir un agent permanent d'ordre entre Israëliens et Palestiniens.
Cette option politique constitue, si elle est appliquée,
une reddition religieuse extrémément grave, dans
la mesure où elle représente aussi symboliquement
un renoncement au Mont du Temple auprès d'un pouvoir idéologique
qui a toujours vu dans la destruction du temple de Jérusalem
et l'exil des Juifs le signe de la victoire de leur lecture de
l'histoire.
L'autre option envisagée, soit le contrôle international
sur le Mont du Temple est aussi alarmante. On a pû constater,
pendant de nombreuses années, l'enthousiasme très
limité des forces armées de la FINUL à défendre
réellement Israël, leur action se limitant bien souvent
à regarder les terroristes infiltrer Israël depuis
la zone du Liban sous leur contrôle. On voit mal comment
une telle force pourrait assurer la sécurité des
priants du kotel, ou assurer que l'accord soit appliqué.