Le but de cette rubrique est de vous fournir des éléments non traités par la presse française ou francophone sur des aspects essentiels de la vie israëlienne, ou sur des événements importants.
Nous présenterons parfois des vues contradictoires afin de montrer la complexité d'un dossier simplifié excessivement par la presse pour n'en donner qu'un message unique cachant souvent une idéologie ou des intérêts particuliers. Ne vous étonnez donc pas si nous présentons parfois des éléments en contradiction avec notre démonstration : c'est par souci d'objectivité que nous vous les fournissons aussi.
D'autre part, nous appuyons toujours notre information sur des enquêtes déjà menées par des journalistes ou des pays différents. Nous citerons donc systématiquement nos sources. S'il s'avérait qu'une erreur apparaisse dans l'une de ces enquêtes, vous pourriez ainsi identifier précisément la source fautive.

Dossier assassinat Ytshak Rabin

Première Partie

Dossier Avishai Raviv
Dossier Yoav Kuriel
Dossier Rubin
Dossier Film Vidéo sur la mort de Rabin
Dossier Autopsies
Dossier Expert de balle
Dossier autopsie



Deuxième partie
Photos

Demande de présentation d'un nouveau témoignage
Déclaration




Troisème partie
Truth contre Kempler : le film de l'assassinat de Rabin expertisé

Il y a d'abord eu une série d'anomalies lors de l'événement lui-même noté par le public israèlien présent sur le lieu de l'attentat. Des cris lancés par les gardes du corps du premier ministre, qui, alors que celui-ci était plaqué à terre, lançaient à la foule "Exercice, exercice....Balles à blanc, balles à blanc.." Ces cris étaient encore distinguables sur l'enregistrement vidéo vendu un mois après l'événement conjointement à Arouts 7 et Antenne 2.

Il y eu la multiplication ou la disparition des balles à la fois dans le rapport de la commision Shemgar, passant de trois à deux balles, et physiquement, la balle ayant tué Rabin n'ayant jamais été retrouvée, le nombre de balles tuant le premier ministre, blessant un de ses gardes, M. Rubin, en tuant un autre, M. Kuriel, ne pouvant correspondre avec le nombre (2? 3?) totalisés officiellement.

Il y eu ces étranges coups de téléphone faits par M. Avishai Raviv quelques secondes après l'attentat auprès de nombreux journalistes, alors même que les services d'information du pays n'avaient pas encore eu le temps de réagir. Le premier annonçait : "on a raté cette fois-ci. C'est Igal Amir qui a tiré. Nous revendiquons l'attentat : Groupe Eyal". Le second coup de téléphone rectifiait : "Igal Amir a tué le premier ministre. Nous revendiquons l'attentat : Eyal."

Il fut bientôt de notoriété publique que l'auteur de ces coups de téléphone n'était autre qu'un certain Avishai Raviv, co-fondateur de Eyal avec Igal Amir, agitateur et provocateur connu de la police de Kiryat Arba.

 

Dossier Avishai Raviv

Avishai Raviv convoqué pour l'enquête par la commission Shemgar chargée de préparer le procès d'Igal Amir se rendait à l'interrogatoire en voiture officielle du Shin Bet (le service de sécurité intérieure d'Israël). L'interrogatoire eut lieu à huis clos. Cette partie de l'enquête fut classifiée et consultée par les seuls membres du tribunal, retirée de la publication officielle de l'enquête Shemgar. Avishaï Raviv était relâché deux jours après son arrestation sans commentaire officiel, les 15 dossiers de plaintes criminelles ouverts par la police de Kiryat Arba à son égard était fermés sur ordre de la hiérarchie supérieure.

Le Vendredi soir suivant le meurtre de Rabin, M. Amnon Avramovitch, journaliste de gauche, était le premier à dévoiler l'identité de M. Avihaï Raviv et son rôle dans les actes de provocations contre Ytshak Rabin. M. Beni Eilon, député à la Knesset, recevait des confirmations sur cette information une semaine après le meurtre.

70 journalistes israèliens écrivirent des articles sur Avishaï Raviv et enquêtèrent sur son cas. Une brochure fut publiée par Mme Emouna Eilon sous le nom de "Dossier champagne" (Tik Ckampagna). Les journalistes parvinrent en effet à prouver que Avishaï Raviv n'était autre qu'un agent du Shin Bet dont le nom de code était "Champagna" (champagne). Ils parvinrent à montrer que c'est ce même personnage qui était l'auteur des affiches insultantes qui avaient couvert les murs de la ville de Jérusalem et qui représentaient Rabin et Arafat sous les traits de Nazis prêts à détruire l'état d'Israël.

C'est sur ces bases et sur les résultats de son enquête propre que M. Adir Zik, collaborateur de la télévision israëlienne pendant 37 ans, directeur de sa propre compagnie de films, vient de publier dans Tsofé 58 questions sans réponse sur les 600 qu'éveille pour lui l'affaire Avishai Raviv. L'enquête Shemgar ayant déclaré haut et fort que "les institutions étaient tenues pour légalement responsables de leurs membres et ressortissants", M. Zik pose tout d'abord une série de questions relatives aux liens établis entre le Shin Bet et Avishai Raviv.

Le Shin Bet savait-il ou ne savait-il pas la gravité des provocations faites par son agent à Kiryat Arba à l'encontre de Juifs, mais aussi de Palestiniens, mettant en grave danger l'équilibre du pays?

Le Shin Bet savait-il ou ne savait-il pas que ces provocations avaient inclus la revendication par Avihai Raviv au nom du groupe Eyal de la mort d'un Palestinien dont l'enquête avait prouvé qu'elle avait été causée par les Palestiniens eux-mêmes?

Le Shin Bet savait-il ou ne savait-il pas que M. Avishai Raviv, selon de nombreux témoignages, avait publiquement encouragé Igal Amir, lors de manifestations étudiantes, à assassiner le premier ministre?

La manipulation opérée par Avishai Raviv sur l'information pose selon M. Zik la question plus épineuse de la participation oh! combien efficace de la télévision israèlienne comme porte-parole de ses actes de provocations.

 

Dossier Yoav Kuriel

La nuit suivant l'assassinat d'Ytshak Rabin, son garde du corps M. Yoav Kuriel fut enterré de nuit en présence de tous les hommes de la sécurité du premier ministre et d'hommes du Shin Bet. Pourquoi la mort de cet homme n'a-t-elle été rapportée que par des journalistes d'investigation (Bari Chamish; Hagai Huberman; Adir Zik)? Pourquoi l'enterrement eut-il lieu de nuit? Qui a tué Yoav Kuriel et pourquoi : si toutes les balles de Igal Amir ont déjà tué Rabin et blessé son autre garde du corps, qui a tué Kuriel? Kuriel aurait-il vu quelque chose qu'il n'aurait pas dû voir?

 

Dossier Rubin

Le second garde du corps du premier ministre a reçu une balle qui l'a blessé au bras, mais cette balle ne sortait pas du même révolver que celle qui a tué Rabin (rapport ballistique). Qui a tiré puisque ce ne peut être Amir? Pourquoi? Est-ce le tireur qui tua aussi Kuriel? Quelqu'un avait-il intérêt à faire taire les gardes du corps du premier ministre qui en auraient trop vu?

 

Dossier Film Vidéo sur la mort de Rabin

Un mois après la mort tragique du premier ministre les télévisions Arouts 2 et Antenne 2 reçoivent un étrange coup de téléphone leur proposant un film de vidéo amateur montrant l'assassinat d'Ytshak Rabin. Ce film filmé "spontanément" selon son auteur parvient aux studios bien tardivement. Il présente bien des aspects problématiques et pose plus de question qu'il n'en résoud.

1) Les fautes du service de sécurité et leurs rapports ambigus vis-à-vis d'Igal Amir

a. La zone "stérile"

Tout événement officiel est préparé plusieurs heures à l'avance par les services de sécurité israëliennes qui s'assurent que les lieux les plus sensibles sont évacués, vérifiés, plusieurs heures à l'avance. Comme l'ont fait remarqué à très juste titre les journalistes d'Arouts 2, tout le terrain "stérile" de la place des Rois à Tel Aviv était occupé par de nombreuses personnes qui n'auraient jamais dû s'y trouver, étudiants en journalisme sans autorisation spéciale accostant librement les personnalités près de leur voiture, artistes ayant fini leur prestation et restant dans le périmètre "stérile", etc.

Plus étonnant encore, Ygal Amir va et vient librement. Il accoste même des gardes de la sécurité, dicute avec eux, et ceux-ci le quittent en "lui laissant le terrain"!

Une autre question se pose : pourquoi certaines équipes de télévisions avaient elles reçu l'ordre d'être présente pour "filmer les problèmes de sécurité"? Pourquoi savait-on à l'avance dans certains milieux que quelque chose allait se passer ce soir là en cet endroit précis?

 

2) Les signes de Igal Amir à un inconnu : des complices dans l'ombre?

Igal Amir est bientôt seul, assis sur un bloc de béton marquant le bord du trottoir, puis debout. Il se tient sur un pied, l'autre croisé devant lui. Il se tourne parfois de trois-quart, et la main gauche baissée comme si elle tenait une cigarette, balance son avant-bras vers la gauche en direction de la voiture d'Ytshak Rabin tout en jetant des coup d'oeil furtifs vers l'arrière. A qui Igal Amir faisait-il ces signes parfaitement discernables sur le film?

 

3) Le plan flou soudain de la caméra

Ytshak Rabin descend les marches de l'escalier le conduisant à sa voiture. Il voit Igal Amir, se retoune alors que celui-ci vient de tirer un coup de feu, continue d'avancer cinq pas, alors que la bande-son du film restitue encore deux coups de feu qui eux n'apparaissent plus comme l'éclair blanc du premier. A cet instant précis, le film devient presque illisible. Ceratins journalistes, dont Bar Chamisch (auteur du livre : Who Murdered Ytshak Rabin?) ont même cru pouvoir affirmer qu'un recherche par ordinateur permet de voir qu'Ytshak Rabin est encore debout, que le film a été retouché mais que l'ombre blanche de son visage est encore visible et qu'Ytshak est encore debout. Quoiqu'il en soit, le plan soudain flou de la caméra laisse la version officielle (Rabin s'écroule) totalement impossible à distinguer d'une autre version (Rabin est affalé par un de ses gardes et le chauffeur qui le poussent ensuite dans son véhicule).

 

4) Le plan caché

Au moment le plus important du film (Rabin est touché, le spectateur guette les réactions immédiates de ses gardes), la caméra bascule opportunément vers les pieds du cameraman et le muret qui lui fait face. Dans son témoignage, le caméraman amateur a déclaré qu'il avait eu peur de recevoir une balle perdue, et que personne n'avait encore compris ce dont il s'agissait. Simultanément, il déclare qu'il se sentait pris par la main du destin et qu'il ressentait un choc terrible à être celui qui devrait témoigner, filmer.

 

5) Le film coupé "spontané"

Quelques instants avant les coups de feu, et avant qu'Ytshak Rabin ne descende des escaliers, Mr. Peres descend pour se diriger vers sa voiture. Il fait le tour de la voiture de M. Rabin où se joignent à lui des gardes de la sécurité. Il regarde en direction d'Igal Amir puis vers l'intérieur de la voiture. Alors qu'il parle aux gardes de la sécurité, un visionnement plan par plan du film met en évidence la présence soudaine et anomalique d'un personnage à l'intérieur du champ de la caméra qui n'est pas apparu dans aucune des images précédentes. A vitesse normale, on ne remarque pas ce quatrième personnage apparaissant soudain au milieu des trois autres. A vitesse lente, la coupure est flagrante : le film a été monté.

 

6) La portière fermée et le mystérieux passager

Au moment même où le commentaire journalistique attire l'attention du spectateur sur Igal Amir en train de tirer sur Yatshak Rabin, les portes de la voiture de Rabin sont toutes ouvertes, prêtes à l'accueillir. A l'instant où Rabin est touché, la porte arrière droite du véhicule se ferme de l'intérieur. Le chauffeur, Shimon Peres, tous les témoins proches ont pourtant affirmé que la chauffeur était seul avec Ytshak Rabin en partant à l'hôpital.

 

7) Les contradictions entre les témoignages et le film

Le chauffeur a prétendu être sur le point d'ouvrir la porte à Mme Rabin lorsque Rabin s'est effondré. Or Mme Rabin se trouvait encore à plus de 90 mètres, en haut des escaliers, selon le film-témoin, lorsque Ytshak Rabin fut touché.

Trois coups de feu sont clairement distinguables sur la bande-son du film. Le 4.11.95 à 22:30, l'annonce de la mort de rabin précise que trois balles ont frappé Ytshak rabin l'une d'elle touchant la colonne vertébrale. A 2:00 du matin l'information est reprise. Deux balles demeurent. La balle ayant touché la colonne disparaît du rapport officiel sans explication.

 

Bari Chamish estime que le film permet d'affirmer que Igal Amir tire sur Rabin de la main gauche alors que lors de la reconstitution il tire de la main droite. Selon lui cette incohérence est due à un maquillage du film-témoin.

 

Autre détail troublant : le meilleur chauffeur du pays, chauffeur du premier ministre prétend s'être "perdu" en allant à l'hôpital Sokolov, joignable en 1,30 mn à vitesse normale à partir de la place des rois. La voiture de Rabin arrivera 8,40 mn plus tard, soit un détour de près de sept minutes complètement inexplicable.

La théorie du journaliste Bari Chamisch (Who Murdered Ytshak Rabin) se fonde sur cette incohérence pour dire que c'est lors du trajet à l'hôpital que Rabin fut tué. Cette théorie s'appuit aussi sur les études de ballistique et la question du tir-contact qui ne peut avoir été fait par Igal Amir toujours distant d'après l'enquête Shemgar d'au moins 50-70 cm du premier ministre.

 

Dossier Autopsies

Le fax du docteur Michael Gutman, mèdecin légiste de l'hôpital Sokolov, envoyé à un proche ami le soir de l'assassinat du premier ministre, à 23:30 énonce clairement:

"Une première blessure due à une balle ayant atteint la partie supérieure du poumon et une blessure d'entrée de circonférence de 2,5 à 3cm, avec blessure de sortie en direction des dorsales 5 et 6 (entre la cinquième et sixième vertèbre dorsale) avec éclatement de la colonne vertébrale. Le reste du fax explique les premiers traitements entrepris (tentative de réanimation; soin de la blessure de sortie dan le dos et traitement intensif pendant 90 minutes) et dit que la blessure à la poitrine ne semblait pas saigner de façon critique."

Ce rapport pose le problème d'une balle mortelle qui serait entrée par devant et non par le dos du premier ministre. Cette balle correspond au rapport fait par l'expert en ballistique. Cette balle est d'autant plus problématique qu'elle est en contradiction avec le film projetté à tous les spectateurs israèliens un mois après l'incident où il est clair que le premier ministre effectue cinq pas après une balle tirée dans son dos par Igal Amir : où se trouvait l'agresseur qui lui tirait de front? La balle d'Igal Amir, si par magie elle avait pu atteindre le premier ministre de front, n'aurait pas du permettre à celui-ci de faire encore cinq pas.

Il reste que ce rapport ne parle pas des autres balles, bien que la formulation ambigüe du début permette de penser qu'il s'agisse de deux blessures au poumon dont une aurait une blessure de sortie.

Dossier Expert de balle

Le médecin chargé de l'expertise auprès de la commission Shemgar précise dans son rapport (qui constitue donc le rapport officiel) dont le protocole est joint à ce texte qu'il "ne peut envisager la possibilité d'un détournement de la balle" en fonction des éléments en sa possession et selon les données qui lui ont été communiquées. Cette conclusion contredit donc la théorie de la balle voyageuse qui sera évoquée par l'enquête Shemgar pour soutenir l'hypothèse des deux balles à l'origine de trois blessures.

Il conclut un premier point en disant que "deux impacts ont été tirés en ligne droite" et qu'il ne peut en tant que mèdecin légiste déterminer si une balle supplémentaire a été tirée par le tireur."

Nous présentons ici une traduction du paragraphe central du document permettant au lecteur de se faire sa propre opinion de ce rapport officiel. On notera le ton hésitant, presque craintif du mèdecin légiste qui semble éviter de donner une seule conclusion formelle, et qui conlut en renvoyant les habits de M. Rabin à une autre expertise.

Il continue ensuite en déclarant : "En ce qui concerne la distance de tir, l'appréciation de la distance de tir en médecine légale est faite sur la base des traces de débris sur la cible; dans la mesure où on ne trouve pas des débris/traces de tir sur la cible, nous considérons en médecine légale que le tir a été effectué d'une distance dite éloignée, et en considérant que la distance change d'une arme à l'autre, en prenant l'exemple d'un pistolet, la distance éloignée peut être de 40 à 60 centimètres et même moins, et quand il s'agit d'une arme à crosse, la distance est plus grande et atteint un mètre et demi. Par souci d'objectivité, nous dirons donc dans l'appréciation de la distance que la distance est au dessus d'un mètre, soit la distance au dessus de laquelle nous ne trouvons pas de traces de débris, et il convient de procéder à un essai de tir pour être plus précis. Lorsque je dis un mètre environ, ce peut en effet être au-dessus de 30 ou 40 centimètres.

En ce qui concerne les habits du défunt, il faut aussi mentionner une expertise des habits. Les restes que j'observe sur les habits n'apparaissent pas à l'oeil nu. Ma précision est moindre que celle d'un laboratoire, car nous sommes en présence d'habits de couleur sombre, qui de plus ont été imprégnés de sang de sorte que la précision dont je dispose est faible. En tant que mèdecin légiste, je me vois contraint de prendre en compte la distance possible, que je considèrerai d'un mètre et je recommende de transmettre les habits au laboratoire national à Jérusalem."

 

Le rapport de l'expert à qui furent envoyés les vêtements d'Ytshak Rabin suit ensuite dans le rapport officiel de l'enquête Shemgar. Il commence à la page 73 du protocole officiel pour continuer p 74 et 75. Ce rapport va examiner les impacts produits sur le vêtement du premier ministre et mettre en évidence la présence d'une troisième balle dont le présence a été niée le soir du meurtre à parti de 2h du matin. (A 11h du soir, le premier rapport, par le ministre de la santé interviewé devant l'hôpital Sokolov parle de trois balles dont une ayant touché la colonne vertébrale du premier ministre). Ce rapport de l'expert examine aussi les vêtements du garde du corps et constate que la balle ayant touché le garde du corps est issue d'un autre révolver.

 

"Je confirme par la présente l'envoi et la réception des pièces et preuves matérielles. J'ai procédé à l'examen des pièces et preuves matérielles et j'ai expertisé lesdites pièces.

J'ai reçu du poste de police les habits du premier ministre ainsi que les habits de son homme de protection rapprochée Rubin, et la tâche me fût donnée de déterminer grâce aux habits la distance de tir.

Les examens demandés consistent en un examen des impacts du tir et une évaluation de la distance de tir. Je me permets de consacrer deux ou trois phrases pour expliquer notre méthode de travail. L'estimation de la distance de tir est faite grâce à l'examen de particules microscopiques projettées, grâce à des radios et des techniques sensibles ainsi que grâce à des examens chimiques sensibles. Cette technique permet de déterminer une distance de tir jusqu'à deux ou trois mètres en fonction de la sorte d'arme.

Au moment du tir, des particules sont projettées hors du canon de l'arme, particules dont l'origine se trouve dans la combustion de la poudre dans le barrillet. Voilà pour les particules. Les "restes du tir" sont peut-être des restes qui se trouvent dans le canon, alors que les particules que nous examinons se trouvent dans le barillet, particules de poudre, de cuivre et de fer, de métal dont la source est la balle.

Si le canon est fait de fer, nous trouverons des particules de fer tout autour des ouvertures faites par le tir ainsi qu'au lieu d'origine du tir lui-même.

Plus la distance augmente, plus la concentration de ces particules diminue, et leur éparpillement change. Dans le cas d'un tir à bout portant [ NB précisément en hébreu : d'un tir avec contact avec la cible] apparaissent des phénomènes supplémentaires qui résultent des gazs expulsés du canon qui causent des signes de déchirure sur le vêtement, phénomènes spécifiques et caractéristiques du seul tir avec contact.

Si le tir a lieu à une distance de 2 à 3 centimètres, même à quelques centimètres, et ceci est lié au type d'arme, les traces de déchirure n'apparaissent pas, il n'y a que des signes de suie.. Les signes de déchirure sont donc caractéristiques dans ce cas il n'y a pas de signe de déchirure.

Afin d'apprécier la distance de tir, il nous faut faire un tir d'essai avec l'arme et dans les mêmes conditions et évaluer ainsi la distance de tir. Concernant l'événement, le lendemain de l'événement le 5.11 je reçus les vêtements du premier ministre qui comprenaient sa veste, sa chemise et son tricot de corps. Sur la veste du premier minsitre, sur le tissu de la veste, dans la partie supérieure du vêtement, à droite de l'encolure, j'ai trouvé un trou fait par une balle qui, ainsi que décrit à la page 2 du rapport, selon la dispersion de la poudre et la quantité de cuivre, fut tirée d'une distance de 25 centimètres.

De la même façon, j'ai pu constater le trou correspondant dans la chemise et le tricot de corps.

Le deuxième trou de balle se trouvait sur la partie inférieure de la veste à gauche, et présentait les caractéristiques d'un tir avec contact avec grande quantité de poudre, de cuivre et déchirure d'un diamètre de 6 centimètres. Tout ceci constitue les caractéristiques d'un tir avec contact.

En ce qui concerne le trou dans la partie inférieure de la veste qui n'apparaît pas dans le rapport de la commission de l'enquête, le tir était en angle d'après les traces de suie, et le trou à la hauteur du ventre dans le manteau était au dessus (correspondait au) du trou d'entrée de la balle avec une dispersion de cuivre en grande quantité. Le tir correspondait à un angle qui peut correspondre à une situation où le premier ministre était en train de se pencher en avant, avec un angle de haut en bas.

Je tiens à votre disposition des photos qui permettent de se faire une idée. (le témoin montre des photos et explique en ce qui concerne les impacts de balle et la suie).

J'ai reçu les vêtements du garde du corps et je les ai examinés, dans la partie supérieure au dos de la manche gauche du garde du corps, j'ai trouvé un impact d'entrée de la balle et en considérent la dispersion des particules, la suie, et la quantité de cuivre, il est possible de dire que le tir était un tir de contact ou presque, de quelques centimètres seulement.

Il est plus difficile de trancher dans ce cas précis car dans ce cas aussi le tir était en angle. En d'autres termes, le trou qui se trouve à la hauteur du ventre dans le manteau correspond au trou d'entrée de la balle et dans la partie supérieure du bras. En fait le tir était presque en parrallèle.

La balle était d'un autre type, car qu'en ce qui concerne le garde du corps, j'ai trouvé en plus du cuivre et les reste de poudre autour du trou d'impact des traces de fer, chose qui n'apparaissait pas dans le cas des impacts sur le manteau du premier ministre.

La balle qui fut tirée sur Rabin n'a pas été trouvée. On a trouvé trois douilles dans l'angle de tir. Les examens furent pratiqués au microscope et à l'essai de tir. J'ai pratiqué des options et des angles différents et la superposition des trois vêtements au cours de l'examen, ainsi que vous pouvez le voir à la page 2 ".

[L'avocat Goldberg répond en disant qu'il n'avait pas vu les photos et qu'il lui faut les transmettre à l'expert-témoin avant de pouvoir formuler des questions.]

 

DOSSIER AUTOPSIES

 

M. Hagaï Huberman, journaliste indépendant travaillant occasionellement pour le journal Hatsofé a poursuivi l'enquête et découvert que trois rapports d'autopsie contradictoires avaient été faits concernant l'autopsie de M. Rabin

1e rapport : Rapport de M.le docteur Gutman :

M. Rabin a été blessé de trois balles, dont une balle touchant la colonne vertébrale.

 

2e rapport : Rapport de M.le docteur Gutman et Dr Fratz

M. Rabin a été blessé de deux balles, et une balle a fait éclater une côte, ce qui explique la présence de morceaux d'os près de la colonne.

3e rapport : Dr Fratz et le directeur de l'Unité de l'hôpital

M. Rabin a été touché par deux balles. Aucun blessure au niveau de la colonne ou des côtes.

M. Huberman a alors demandé à pouvoir rencontrer les trois mèdecins qui s'étaient étrangement contredit eux-mêmes.

Le Ministère de la Santé d'Israël lui a interdit de rencontrer lesdits mèdecins.

M. Huberman a alors contacté officieusement ces mèdecins par un docteur de ses amis travaillant au même hôpital dans l'espoir d'obtenir une justification médicale aux trois rapports contradictoires. Les trois mèdecins s'en sont tenus chacun au premier des raports q'uils avaient signé.

Nous conluons devant l'effet de stupeur provoqué chez l'avocat Golberg qui se trouve momentannément dans l'incapacité de répondre.
Nous vous donnons rendez-vous prochainement pour la suite de cette enquête.