| Traduction en français
- Reportage de Yechiel Mann :
Audience hebdomadaire de la commission sur les disparitions d'enfants des
années 50; Jérusalem
-
- Photos
-
- Lundi 13 Octobre 1997 fut
loin d'être un jour dépourvu d'intérêt à
- Beit Agron, le centre de la presse à Jérusalem.
- Comme tous les lundi, il y avait une déposition
devant la commission
- d'état sur la disparition des enfants yéménites
et d'autres origines
- ayant eu lieu pendant les années 1948-54.
- La première personne appellée à
témoigner était Mme Sarah Leicht. En
- 1950, elle travaillait comme infirmière au centre
de la wizo. Sarah y
- travaillait tout en y recevant sa formation. Elle déclara
s'être
- occupée des enfants tous les matins ainsi que
chaque après-midi entre
- 2 et 3.
- Le centre de la wizo où elle travaillait
se trouvait à Tel Aviv, à la
- rue Balfour et se nommait "l'institut pour les soins
de la mère et de
- l'enfant". Mme Leicht révéla que cet
institut était en fait un centre
- d'adoption. Elle révéla le nom des personnes
qui dirigeaient ce
- centre. Le directeur, Mme Ravina Hirsch, le vice-directeur,
Mme
- Barbash. Le docteur qui travaillait là se nommait
Mme Shapira.
- Les enfants qui étaient soignés
par le centre avaient en général
- entre un jour et deux ans. Après l'âge de
deux ans on les transférait
- vers un centre de soins pour enfants dirigé par
une certaien Mme
- Releh.
- Les révélations de Mme Leicht atteinrent
un sommet quand elle
- présenta à la commission une photographie
d'elle-même (inclus :
- Dervish.BMP), et de l'un des enfants dont elle s'était
occuppé. Elle
- se rappellait particulièrement cet enfant, nommé
Dervish, parce
- qu'elle l'aimait beaucoup. Elle avait fait une copie
de la photo
- qu'elle remit au comité. Après que son
audience fut terminée, je lui
- demandai de me montrer l'original. Comme elle le faisait,
je vis
- d'autres photos du centre et je pous avoir une idée
de ce dont avait
- l'air le centre. Il semble que le centre était
l'un de nombreux
- centres qui prenait des enfants volés et les vendait
en guise
- d"'adoption". Mme Dervish se rappelle le jour
où on donna Dervish à
- une famille polonaise de Jaffa. On donna comme instructions
aus
- soignants et infirmières du centre de ne pas tenter
d'établir aucun
- contact avec Dervish ou avec ses nouveaux parents, s'ils
les
- croisaient dans la rue, puisqu'ils travaillaient à
Tel Aviv, et
- Dervish fut adopté par une famille de Jaffa. Mme
Leicht rechercha
- Dervish parmi les bébés qu'elle voyait
dans la rue, mais elle ne revit
- plus Dervish.
- On demanda aussi à Mme Leicht si elle se rappellait
des cas de mort de
- bébé pendant leur séjour à
l'institut de la Wizo, mais sa réponse fut
- un simple "non", bien qu'elle se rappella un
cas où ils avaient trouvé
- un bébé âgé d'un jour qu'ils
avaient trouvé dans une poubelle. C'était
- un cas extrémement rare et elle se rappellait
le soin extraordinaire
- et la chaleur avec lesquels les bébés étaient
soignés à l'institut.
- La seconde personne à témoigner
devant le comité était un homme
- appellé Dachbash Salah et sa famille. Ils étaient
d'origine yéménite.
- Leur fille, Zarah, leur fut enlevée au camp d'immigrants
de Rosh
- HaAyin. Il se rappelle comme toute leur famille fut emmenée
- directement au camp dès leur arrivée. Deux
semaines après leur arrivée
- au camp, Zarah fut séparée de la famille
et emmenée dans une sorte de
- "maison pour bébé" à l'intérieur
du camp. Zarah avait deux ans à cette
- époque, et venait juste d'être sevrée.
La famille adorait Zarah, et
- venait la voir tous les jours dans la maison pour bébé,
et ce pendant
- au moins deux semaines. Un jour, la famille fut invitée
pour un
- week-end chez la tante de Dachbash à Ramat-Gan.
Sa tante et sa famille
- étaient depuis longtemps en Israël.
- Quand Dachbash et sa famille rentrèrent
au camp et vinrent voir
- Zarah, on leur dit qu'elle était morte. Dachbash
se rappelle avoir
- demandé quand elle était morte, et on lui
répondit qu'elle était morte
- Vendredi. Il avait vu Zarah Vendredi matin et elle avait
l'air de bien
- se porter. Il demanda de quoi elle était morte
quand exactement elle
- était morte, mais on ne lui répondit pas.
Dachbash a cherché la tombe
- de sa fille pendant 50 ans, en vain. Le numéro
d'identité de Zarah fut
- aussi transmis à la commission d'enquête
: il s'agissait du numéro
- 1054761. Zarah était le troisième enfant
de la famille.
- Pour soutenir encore ce cas, la famille Salah
avait aussi amené pour
- témoigner la plus grande de leurs filles, Léah.
Elle avait 9 ou 10 ans
- quand Zarah leur fut enlevée. Elle se rappelle
comment ils vivaient
- sous la tente, alors que Zarah était dans un batiment,
un centre pour
- nourrissons. Elle témoigne se rappeller qu'ils
allaient voir Zarah
- tous les jours, et ce la Vendredi même où
elle leur fut enlevée. Elle
- se rappelle avoir vu Zarah en bonne forme et heureuse
ce matin-là.
- Elle est sûre qu'elle était en bonne santé,
et se rappelle que Zarah
- était resplendissante.
-
- Suivait le témoignage de Mme Yehudit Veintrop
devant la commission,
- selon le numéro de cas 68/97. Mme Veintrop vint
en Israël de Pologne,
- et son mari émigra de Bulgarie. Leur fils Eliezer
était né le 1er
- Décembre 1951. Il fut circoncis à l'âge
de 8 jours comme le veut la
- coutume. Quelques jours après sa circoncision,
il attrappa une petite
- toux. Les Veintrop appellèrent un mèdecin
pour l'examiner, et le
- mèdecin leur dit que l'enfant était en
parfaite santé.
- Peu après un autre mèdecin vint examiner
l'enfant et leur dit qu'il
- fallait emmener l'enfant à l'hopital. Eliezer
fut emmené à l'hôpital
- Haddassah. le jour suivant, M. Veintrop vint voir Eliezer,
et on lui
- dit qu'il était mort.
- A ce moment-là M. Veintrop se leva et
commença son témoignage. Il
- déclara se rappeller avoir fait placer l'enfant
à Hadassah, rue
- Balfour, dans le pavillon pour enfants. Le jour suivant,
quand il vint
- voir son fils Eliezer, une infirmière lui dit
qu'il était mort et
- qu'il serait enterré le lendemain dans le cimetière
de Givat Shaul. M.
- Veintrop demanda à voir l'enfant là et
maintenat, et on lui répondit
- qu'il n'y avait rien à voir.
- Le jour suivant, M. Veintrop alla au cimetière
et demanda à voir la
- tombe de son fils. On lui dit que suivant la coutume,
un enfant en
- dessous de l'âge de 30 jours n'était pas
enterré individuellement.
- Eliezer n'avait que 21 jours à cette époque.
M. Veintrop dit qu'il
- était allé à l'hôpital Hadassah
le jour précédent à 10 heures du matin
- et qu'on lui avait dit alors qu'Eliezer était
mort. Il dit qu'Eliezer
- n'avait qu'attrappé froid. Il ne reçut
à aucun moment aucune forme de
- certificat de décès ou un papier quelquonque
concernant Eliezer.
- Après le témoignage de M. Veintrop,
le rabbin Menahem Porush se
- présenta et fit son propre témoignage.
le cas du rabbin Porush était
- numéroté 102/97.
- Au moment de la disparition d'enfants, Porush
était secrétaire du
- parti politique religieux "Agudat Israel",
responsable du ministère de
- la sécurité sociale pendant le gouvernement
Ben Gurion.
- Porush rappelle certaines de ses conversations
avec Ben Gurion, alors
- que celui-ci ne savait rien de toute cette affaire et
avait demandé
- plus de preuves de Porush.
- A ce moment précis de son témoignage,
un homme interrompit M. Porush
- et exigea qu'il donne toute l'information dont il disposait.
Le garde
- de l'audience exigea qu'il quitte la salle, et cet homme
se mit encore
- plus en colère, se mit à hurler au garde
qu'il était officier de
- police et qu'il connaissait son travail mieux que lui.
A ce moment-là
- la discussion tourna à la violence, et le garde
et l'homme en colère
- se mirent à se battre, le garde tentant de la
faire sortir de la
- salle, et l'homme se battant avec lui. D'autres gardes
vinrent à
- l'aide du premier pour faire quitter la salle à
cet homme, les médias
- se précipitant sur leurs pas pour les suivre.
- Porush continua sa déposition devant la
commission. Le préident de la
- commission, le juge Yehuda Cohen, lui fit la critique
de ne pas donner
- de faits concrets.. Il lui dit aussi qu'il espérait
que Porush avait
- plus de détails à communiquer et qu'il
avait été déçu. A ce moment-là
- un autre homme, Yinon Gispan, se mit en colère
contre la commission et
- déclara que tout ce qu'ils avaient contribué
à faire avait été du
- camouflage.
- Il quitta ensuite la salle très en colère
et appella à le suivre une
- personne qui était d'accord avec lui.
- Il quittèrent la salle, suivis de près
par la presse.
- Alors que Porush continuait sa déposition,
un autre point fut mis en
- avant :
- Matti Cohen, de la chaîne Arouts 2 israëlienne,
déclara que Porush lui
- avait donné les noms des personnes impliquées
hors antenne, et qu'il
- avait peur de lees répéter. Alors que la
discussion sur ce problème
- continuait, une femme se leva et dit calmememt : "Matti
Cohen a
- raison. Pourquoi en discuter quand puisque vous pourriez
tout
- simplement poser la question à Matti Cohen?"
- La femme fut accompagnée hors de la salle par
le garde. Elle ne se
- débattit pas.
- Moins d'une minute après qu'elle fut sortie, la
commission appella
- Matti Cohen à la barre pour témoigner.
- Cohen fit des excuse pour avoir exagéré
les paroles de Porush hors de
- toute proportion, et admit que tout ce que Porush avait
déclaré était
- que certains des personnes impliquées étaient
en vie et à de hautes
- fonctions à l'époque, et que la commission
devrait les convoquer pour
- témoigner devant elle pour s'assurer que ces personne
ne détenaient
- pas d'information encore inconnue de la commission.
- M. Cohen déclara ensuite qu'il communiquerait
à la commission la
- totalité de la bande enregistrée de 19
minutes de sa discussion avec
- M. Porush après l'audience de ce jour.
- La discussion de M. Porush et de M. Cohen à
ce sujet commença
- dimanche, lors de la conférence de presse donnée
par le "Mishkan
- Oalim", l'organisation de Uzi Meshulam à
l'hôtel "Merkaz" à Jérusalem
- possédé pd'autre part par le part religieux
"Agudat Israel". Toutes
- les média israëliennes étaient présentes
à la conférence de presse,
- ainsi que deux memebres de la knesset (M. Porush mis
à part), M. le
- rabbin Beni Eilon et Motti Zanberg.
- Etaient aussi présents M. Le rabbin Yaakov
Silvani, de Mishkan Oalim,
- qui fit mention d'une douzaine d'autres cas d'enfants
perdus qui
- avaient retrouvé leur famille, et à qui
la commission avait envoyé une
- lettre de "clôture de dossier", cas dont
la commisssion s'était gardée
- de faire mention au public.L'un de ces cas était
celui de Uri vachtel,
- qui parla au téléphone à la commission.
Vachtel viendra en Israël
- après les fâtes de Souccot.
- Uri Vachtel de la famille Ben-Tov, est né
sous le nom de Paltiel,
- dans l'institut Ein-Shemer de la WIZO. Paltiel fut enlevé
à ses
- parents et donné en adoption à la famille
Vachtel par le centre de la
- WIZO du camp d'immigration d'Atlit où se trouvait
sa famille. Il
- arriva à l'institut WIZO avec un autre enfant
du camp d'Atlit, nommé
- Hayim.
- Uri déclara qu'il ferait procéder
à des tests d'ADN avant de venir en
- Israël.
- Le premier avocat à s'occuper du cas Vachtel
était Yaakov Harrari.
-
-
- Lors de l'audience, il faut aussi question des
certificats de décès
- "en blanc" pré-signés par le
ministre de l'Intérieur qui avaient été
- découverts. Les certificats ont été
découverts par Yehudit Hivner,
- employé de haut grade du Ministère de l'Intérieur
désormais à la
- retraite.
-
- Un article concernant ces certificats a été
publié par le Ydiot
- Aharonot" le 13.6.96.
- Dans cet article, les réactions de Mme
Hivner sont aussi
- retranscrites. Selon cet article, on demanda à
Mme Hivner d'expliquer
- comment en 1962, le ministère de l'intérieur
envoya des centaines de
- lettres aux familles des enfants yéménites
enlevés, en leur disant au
- sujet des enfants 'morts' "qu'ils avaient 'quitté'
le pays". Le
- brigadier David maimon lui présenta même
deux certificats en
- contradiction l'un avec l'autre, l'un déclarant
que l'enfant nommé
- Joseph Cohen était mort le 26.11.51 et le second
que le même enfant
- avait quitté le pays en 1962.
-
- J'ai pour ma part pu voir des centaines de certificats
- contradictoires car ils sont très nombreux. Hivner
était une des
- personnes interrogées quant aux contradictions
entre les divers
- documents, et les réponses de toutes les personnes
interrogées étaient
- toutes les mêmes. Pour ne citer que la réponse
d'Hivner reproduite par
- le Yediot Aharonot : "Dans de nombreux cas, le nom
même des parents
- biologiques des enfants adoptés dans les années
50 était inconnu. Cela
- vient du désordre terrible des documents du suivi
des enfants qui
- étaient hospitalisés. Lorsque les enfants
guérissaient, leur identité
- était inconnue, et on ne pouvait pas les rendre
à leurs parents."
- Il est important de garder à l'esprit
cette excuse officielle
- concernant le désordre des documents empêchant
un suivi. Nous verrons
- comment ce point est en conflit avec d'autres informations.
- Il faut reconnaître un point honnête
concernant le témoignage de Hivner cité dans ce même
article : "Les enfants étaient emmenés dans
- des instituts et des kibbouts, et beaucoup étaient
donnés en
- adoption." Hivner montra lors de cette interview
que les parents
- adoptifs ne changeaient pas seulement les noms des enfants,
mais aussi
- leur numéro de carte d'identité, rendant
impossible toute recherche
- future...
-
-
- Traduction faite par Yona
Dureau
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