Haute Cour de justice Pièce n° 3176/96

à Jérusalem Année en cours 96

Au jour 7.7.96

Concernant : Igal Amir

Au nom de la cour de justice l'avocat Shmuel Flishman

rue Arlozorov 198 b , Tel Aviv 64923

tel : 03 69 600 62 03 696 4242

et/ou L'avocat Mme Shahar de la rue Herzel, Rehovot

Partie civile : l'état d'Israël

 

 

Demande de présentation d'un nouveau témoignage

 

1. De la part du sussigné nous est parvenue seulement ces derniers jours un nouveau témoignage selon laquelle ontrouva trois impacts d'entrée de balles dans le corps de feu le premier ministre Ytzhak Rabin (ci-joint la déposition de M. T. qui ne veut pas dévoiler son identité de peur des conséquences que pourront amener ses paroles).

2. Selon la déposition du témoin la troisième balle n'est pas du même calibre que les deux autres.

3. La cour de justice a convenu que deux blessures seulement ont été trouvées dans le corps du défunt, et que ces deux balles étaient des balles qui avaient été tirées par le révolver de l'accusé, cependant il ne fait aucun doute que la cour ne disposait pas de ce nouveau témoignage , et qu'à ce point il convient de vérifier dans ces fondements le problème mis en évidence par ce témoignage.

4. En ce qui concerne le sussigné, il convient de dire qu'à aucun moment il ne fut en sa possession de connaissance ou information concernant la nouvelle déposition, de sorte qu'il ne fait aucun doute qu'il incombe à la haute cour de justice de vérifier la pertinence de cette nouvelle déposition et de son incidence sur le jugement de la cour de justice, de la pertinence et du maintien de ce jugement.

5. En conclusion de quoi il est demandé de la haute cour de justice de bien vouloir recevoir ce nouveau témoignage afin de permettre au sussigné d'en faire déposition devant ladite cour.

 

 

 

Déclaration

 

Je soussigné M. T. (mon nom n'est pas dévoilé à cause des conséquences possibles de ma déclaration) , après que je fus soumis au serment de ne dire que la vérité dans le cas où il serait douteux que ce ne soit pas mon intention pour les hommes désignés par la loi, déclare par la suivante :

1. Cette déclaration est faite en parallèle à une demande de déposition d'un nouveau témoignage dans l'affaire numérotée 3126/96 Igal Amir contre l'état d'Israël, donnée le 7.7.96 à la haute cour de justice à Jérusalem.

2. Le 27.3.96 fut donnée la sentence du jugement à la cour de justice de Tel Aviv concernant Igal Amir et cette affaire.

3. Je suis conducteur de taxi, et le jour où fut donnée cette sentence concernant Igal Amir, un homme d'une cinquantaine d'années, le visage bronzé, des lunettes au cadre argenté a emprunté mon taxi, et je savais pas alors qui il était.

4. La course était de la place de l'horloge (Kikar hashaon) dans Yaffo à l'hôpital Akilov à Tel Aviv.

5. Pendant la durée du trajet, la radio était branchée, et nous entendîmes la sentence du jugement portée sur Igal Amir le même jour, et la réaction d'Igal Amir disant que tout le procès était monté de toute pièce.

6. Le passager commença alors une conversation avec moi en disant qu'Igal Amir avait raison, et quand je lui demandai pourquoi, car nous avions bien tous vu dans la cassette vidéo qui avait été diffusée Igal Amir en train de tirer dans la tête du premier ministre très clairement, il me dit que d'après les distances de tir des balles il était évident qu'Igal Amir n'avait pas pû tuer le feu premier ministre même s'il l'avait voulu.

7. Lorsque je demandai au passager ce qu'il voulait dire, il me répondit que la distance de tir était de 20 cm pour une balle et encore moins pour la deuxième balle, et que la troisième balle était d'un autre calibre que les deux autres balles et que le tir avait été contre le corps. [de distance zéro]

8. Je répondis au passager qu'une chose pareille était impossible, que ça n'avait été publié nulle part, et que je ne le croyais pas.

9. A ce moment-là le passager sortit une carte d'identité sur laquelle il était écrit qu'il était médecin légiste, il y avait une photo et autant que je me souvienne, son nom était Dr Fratz (Pratz?) et je ne me souviens pas de son prénom.

10. J'étais très surpris que ces choses aient été dites par un mèdecin légiste, et il me dit alors qu'il avait éxaminé en personne le corps d'Itzhak Rabin la soir de l'événement.

11. Je dis alors au passager que le mèdecin légiste qui avait examiné le corps de Rabin savait combien de balles avaient été tirées, et que même à la télévision on avait dit de façon explicite qu'il n'y avait eu que deux balles, je lui damandai alors s'il était possibleque lors de l'examen du corps il soit sorti de la pièce et que quelqu'un ait alors tiré une troisième balle sur le corps du défunt; le passager ne répondit pas et sourit seulement.

12. Je lui demandis à nouveau s'il était certain qu'il y avait trois balles dans le corps du défunt, et s'il n'était pas possible que l'une des balles soit entrée dans le corps du défunt et soit sortie dans une autre partie du corps, et le passager me répondit qu'il avait vérifié et qu'il avait trouvé trois blessures d'entrée de la balle dans le corps d'Ytshak Rabin.

13. J'étais trè surpris et je doutais, et le passager me dit alors "je ne suis pas un nouveau dans le métier".

14. De plus le passager me dit qu'il y avait un autre corps du garde du corps, et comme je ne le croyais pas, il me dit que d'après l'uniforme et d'après d'autres éléments, il était certain qu'il s'agissait d'un des gardes du corps de l'événement et non d'un autre incident, et que l'on ne publiait pas tout dans cette histoire.

15. Le passager me dit ensuite qu'il y avit un autre problème lié aux habits du défunt premier ministre, mais il n'ajouta rien et me dit que pour mon bien il ne me racontait pas ce qu'il y avait sur les vêtements.

16. Je déclare ceci par la présente, (suit ma signature), que tout ce que j'ai dit est vrai et exact.

 

L'avocat Flishman confirme ensuite la validité de la déposition le 28.6.96.