1) Processus
de victimation
2)
Identification à l'agresseur
3) Notion de "cibles".
4Processus
de revictimation (ou survictimation) d'Israël
5) Identification
d'ISRAEL à l'agresseur
6)LE COMPORTEMENT
"EROTOMANIAQUE" DES NATIONS EUROPEENNES A L'EGARD D'ISRAEL
7)LE "DEBRIEFING" OU DECHOCAGE
DES VICTIMES.
A) Quelques definitions:
Parler de victimation, c'est
s'intéresser à la "victimologie générale",
c'est à dire à l'étude et à la prise
en charge des victimes de toutes sortes:
-victimes d'accidents
-victimes dans les sociétés auquelles elles appartiennent
(agressions diverses)
-victimes des Etats et de leurs représentants (attentats-
génocides- massacres de masse).
La victimologie est centrée sur l'étude des prédispositions
d'une personne, ou d'un groupe, ou bien d'un peuple, à
tenir le réle de victime, avec comme souci d'améliorer
le sort de cette derniére, en offrant aide, appui, dédomagements
pour alléger ses souffrances.
Le processus de victimation, c'est donc le processus qui aboutit
à rendre une personne, ou un groupe, ou encore un peuple,
victime d'agressions criminelles.
C'est B. MENDELSOHN, aux ETATS-UNIS, qui annonça en 1948
la fondation de cette nouvelle discipline, et qui la dénomma
"victimologie". Il s'était insurgé contre
la différence de traitement réservé aux criminels
et aux victimes: les premiers avaient droit à toutes sortes
d'aides (traitements psychiatriques et/ou psychologiques, programmes
de réinsertion dans la société, aide judiciaire
gratuite s'ils étaient pauvres), alors que les secondes
devaient apporter les preuves de l'agression, payer (cher) un
avocat, pour ne percevoir que très rarement les dommages
et intérêts, é cause de l'insolvabilité
financière des criminels.
Depuis, au delà des réparations matérielles,
on s'est intéressé aux réparations morales
et psychologiques pour les victimes (par des groupes de paroles,
des lieux d'accueil, des foyers, par l'accompagnement social,
la prise en charge psychosomatique, etc..)
En France, l'Université PARIS V et l'Université
PARIS XIII enseignent cette discipline pour les médecins,
psychologues, avocats, officiers de police. En ISRAEL, ce sont
l'Université BAR-ILLAN (département de Criminologie),
l'Université hébraïque de Jérusalem
(Département de Criminologie, également) et l'Université
de BEER-SHEVA (département des Sciences du Comportement),
qui se sont chargées de cet enseignement. Cette dernière
s'est aussi intéressée au devenir des descendants
des nazis (cf. les travaux du Professeur BAR-ON dans le domaine
de l'AGRESSOLOGIE).
La Victimologie générale s'occupe donc de toutes
les victimes.
D'aprés Gérard LOPEZ (Professeur à PARIS
XIII):
"La Victime est un individu qui reconnait avoir été
atteint dans son intégrité personnelle par un agent
causal externe, ayant entraîné un domage évident,
identifié comme tel par la majorité du corps social"
.
Cette définition est cependant trop restrictive.
Pour l' O.N.U., (A/ RES/ 40/ 34 du 11/12.85):
"On entend par VICTIMES, des personnes qui, INDIVIDUELLEMENT
ou COLLECTIVEMENT, ont subi un préjudice, notamment une
atteinte à leur intégrité physique ou mentale,
une souffrance morale, une perte matérielle, ou une atteinte
grave à leurs droits fondamentaux, en raison d'actes ou
d'omissions, qui enfreignent les lois pénales en vigueur
dans un Etat membre de l'ONU, et qui représentent des violations
des normes des droits internationalement reconnues en matière
de Droits de l'Homme".
Si le titre de mon texte
est "Processus de victimation au Proche-Orient", c'est
que je considère le peuple d'Israël une nouvelle fois
victime d'agressions criminelles.
En fait, il faut plutôt parler de "revictimation"
et de "survictimation" (qui sont des processus qui transforment
certaines victimes en cibles préférentielles pour
les agresseurs), car l'agression criminelle ne s'est jamais
arrêtée contre le peuple d'Israël, l'antisionisme
étant la forme politique moderne de l'antisémitisme
traditionnel...
L'être humain peut donc être victime de trois manières:
-individuellement
-en groupe
-en masse.
Pour Israël, les trois coexistent.
En victimologie, on parle aussi de "victimation aigüe"
et de "victimation chronique".
Dans le premier cas, bien que la durée de l'agression soit
brêve et qu'il n'y ait pas répétition, il
y a stress intense, avec "P.T.S.D." (ou "post traumatic
stress disorders", i.e. "désordres dus au sress
faisant suite au traumatisme"), décompensation psychique,
maladies psychosomatiques.
Dans le deuxième cas, la durée est prolongée,
il y a répétition des agressions, ce qui entraîne
des sentiments d'exclusion (la personne, le groupe, le peuple
se sentent étrangers), des problêmes d'identité,
des comportements d'échecs (affectifs, professionnels,
nationaux), la répétition des agressions à
son encontre (cf. le processus de revictimation défini
plus haut), la déviance, des problêmes psychiatriques,
des problêmes psychosomatiques.
Quel est le pronostic dans les deux cas?
Pour ce qui concerne la victimation aigée, il est favorable,
s'il y a prise en charge rapide (judiciaire, sociale, médicale,
psychologique).
Dans le cas de la victimation chronique, le pronostic est sévère;
la prise en charge est difficile, sur le plan judiciaire (il faut
prouver les agressions répétées), le plan
social (on a tendance à considérer les victimes
coupables des nombreuses attaques dont elles ont été
l'objet), le plan médical (les problêmes peuvent
s'avérer graves), le plan moral et psychologique (les victimes
ont un intense sentiment de culpabilité).
Israël est évidemment concerné par la victimation
chronique!
2) Identification à l'agresseur.
Afin de mieux cerner le
sentiment de culpabilité des victimes, et donc l'autovictimation,
je vais développer les mécanismes psychologiques
de l'identification à l'agresseur, en me basant sur les
études qui ont été faites sur la torture,
parangon de la victimation chronique, puisque les agressions y
sont répétées et terriblement brutales. Evidemment,
j'ai bien conscience que tout Israël n'a pas subi la torture,
mais, toutes proportions gardées, l'antisémitisme
et sa forme moderne, l'antisionisme ont produit le méme
résultat.
En apparence, le but de la torture c'est l'obtention des aveux,
des informations (sur les réseaux des "terroristes").
Mais, en fait, ce que recherche le pouvoir au travers des bourreaux,
c'est la dépersonnalisation, la modification profonde de
l'identité de celui qu'ils appellent le "Juif",
ou le "cosmopolite", le "subversif", le "communiste",
"l'arabe", le "sous-homme", etc...C'est pourquoi,
au delà de la douleur physique imposée avec violence,
il y a la douleur psychique, avec son cortège de frayeurs,
d'angoisse massive, d'hallucinations, de honte, de culpabilité.
Les moyens employés pour parvenir à ce résultat
souhaité sont nombreux:
-insomnies provoquées
-simulacres d'exécution
-provocations de la certitude d'étre mort
-coups, viols
-bouleversement de l'ordre social: des lieux rassurants pour la
société, tels que des salles de classe, des stades
de foot-ball (en Argentine), sont transformés en enfer,
alors qu'ils restent les mêmes à l'extérieur
-bouleversements du temps: nuit/jour, tout est confondu.
Le torturé ne peut même pas imaginer la fin de son
cauchemar.
A la suite de tels traitements, la plupart des individus sont
annihilés, détruits, perdent leurs convictions,
les valeurs qui les faisaient vivre jusque là.
Pour comprendre ce processus de désintégration psychique,
il faut reprendre ce que la psychologie appelle "l'ontogénèse
des relations objectales de l'être humain" (c'est à
dire la série de transformations subies par l'individu
depuis sa naissance, dans la relation avec les personnes qui ont
le plus compté pour lui, à commencer par sa mère).
On sait que l'être humain s'attache à sa mére
(ou à son substitut) dès la naissance, et qu'il
aura avec elle une relation intense qui impliquera son corps (on
parle de "moi corporel").
A partir de cette relation corporelle, de la satisfaction de ses
besoins physiques, et en fonction de sa maturation neuro-physiologique,
l'être pourra élaborer plus tard l'amour, l'admiration,
l'adhésion, puis à l'âge adulte, l'idéologie,
l'éthique. S.FREUD écrivait dans "Inhibition,
Symptôme et Angoisse":
"En raison de la prématuration, de l'incomplétude
avec laquelle l'être humain vient au monde, il s'établit
un facteur biologique qui fait que dans la situation de danger
extérieur, la necessité d'étre aimé
se développe. Nécessité qui n'abandonne jamais
l'homme".
La relation corporelle du bébé avec sa mère
sera donc cette "matrice originelle" où les liens
érogènes (au sens psychanalytique du terme) auront
un rôle fondamental pour la future structuration psychique
de l'individu humain. Or, le pouvoir dictatorial, totalitaire
a compris cette importance capitale de la relation corporelle
originelle dans l'élaboration des idéologies. Par
la torture physique, il cassera le corps, le rendra impotent,
comme du temps de la petite enfance, fera régresser massivement,
par les moyens pré-cités, le psychisme du supplicié,
qui dépendra alors quasi-totalement de son bourreau, comme
il l'avait été de sa mère; mais le bourreau
remplacera l'amour prodigué alors, par de la haine massive.
C'est dans le vécu de cette haine massive que se situe
la quintescence de la douleur psychique: en danger physique, devenu
impotent, ivre du besoin d'étre réconforté,
aimé,le torturé n'est confronté qu'à
la haine. Il connait alors l'enfer, il est détruit.
Ce moment de la destruction dépend de la structure de l'individu,
de sa force psychique avant la torture. Chez certains il apparait
après quelques heures; chez d'autres après plusieurs
mois. C'est alors l'immersion dans la psychose, où le monde
onirique cauchemardesque prend le dessus, avec la désorganisation
de la relation objectale (c'est à dire à l'Autre),
retour aux relations primitives, mais de façon pathologique.
Le monde moral a alors changé de signe pour le torturé:
seule la survie-réflexe comptera. C'est pourquoi son besoin
d'étre aimé le conduira à s'attacher à
ses bourreaux et à haïr les objets aimés auparavant
(i.e le conjoint, les enfants, les parents, etc..).
Peu à peu, la situation présente, horrible, infernale,
se transforme dans le psychisme du torturé et devient désirable.
Il y a alors "inversion des polarités psychiques".
Le moins (l'horreur) devient plus (ce qui est désirable),
et le plus (la situation antérieure) devient moins (la
mort).
On retrouve cela dans la mentalité de tous les peuples
opprimés (et particulièrement en Israël), chez
qui l'identification aux oppresseurs prend le pas sur le respect,
l'amour dus aux siens.
Comment ce processus d'inversion se met-il en place?
Dans la torture, à un moment donné, comme nous l'avons
vu, le monde psychique du torturé s'effondre, est détruit.
Il y a alors recherche inconsciente et normale de reconstruction
psychique "par tous les moyens". Or, le seul être
disponible à cet effet, est le tortionnaire, qui devient
la "mère" (de façon pathogène et
perverse cependant), comme au temps de la toute petite enfance,
lorsque l'enfant dépendait complètement de sa mère
pour construire son psychisme dans la relation avec elle. On assiste
à l'articulation entre terreur et détresse d'une
part, et soumission avec alliance fascinée d'autre part.
C'est à ce moment que délation et "aveu"
se mettent en place, sommets de l'iceberg de la relation de complicité
entre le torturé et son tortionnaire.
En d'autres termes, pour conjurer l'effroi, la victime se met
à aimer même le démon! C'est une sorte de
guérison monstrueuse.
On a retrouvé ce processus d'identification à l'agresseur
chez bon nombre de prisonniers des camps de concentration nazis.
On le retrouve dans les peuples qui ont été colonisés;
ainsi, lors des 80 ans de L. SENGHOR, des émissions sur
des stations radio africano-caribéennes installées
en France, ont vertement critiqué cet homme d'Etat pour
avoir dit "le blanc est raison et le noir est passion",
alors qu'elles pratiquaient, dans le même temps, un véritable
dithyrambe en faveur de J.FOCCART, qui venait de décéder
(ce dernier a été, comme l'on sait, l'artisan de
la politique néo-colonialiste de la France...)!
On appelle "cible"
(ou "target" en anglais) la personne, le groupe, l'ethnie
ou le peuple, dont les caractéristiques favorisent les
passages à l'acte criminels à leur encontre.
C'est la raison pour laquelle certains n'ont pas hésité
à rendre coupables les victimes de l'agression criminelle
qu'elles avaient subie.
-Exemples:
-la femme qui a été violée peut être
considérée comme provocatrice par certains juges
des sévices sexuels qu'elle a endurés (à
cause de son aspect vestimentaire, de son maquillage, de ses fréquentations,
etc.).
-les "marranes" (ou "violés" en hébreu),
sont encore considérés comme coupables d'avoir provoqué
leur conversion forcée par l'Inquisition espagnole, par
nombre de dignitaires de l'église catholique .
Jusqu'à notre époque, il reste donc des personnes
pour penser qu'on doit rejeter la responsabilité de l'acte
criminel sur la victime, surtout s'il y a agressions répétitives
(ce qui entraîne une intense culpabilisation, comme nous
l'avons vu plus haut).
En ce qui concerne l'Etat d'Israël, n'entend-on pas souvent,
en Europe, et particuliérement en France, dire:
"L'Etat d'Israël provoque les attentats du Hamas ou
du Hezbollah! "
En France, "Le Mouvement de Défense Sociale Nouvelle"
de M.ANCEL a privilégié la réinsertion et
le traitement des criminels, comme fer de lance de la prévention
de la récidive. Or, cette approche a contribué à
renforcer l'idée que la victime a tort, qu'elle est "cible",
parce qu'elle le cherche. Ce n'est que depuis peu de temps (depuis
l'intervention des "french docteurs" sur lieux de massacres
de masse, en fait), que l'on cherche à se préoccuper,
en France, de l'interaction entre la "cible" et l'auteur
de l'agression, afin d'inclure la prise en charge des victimes.
Mais cela ne va pas de soi, car les victimes sont encore désignées
comme des cibles dans le langage populaire français, surtout
dans ces temps de chomage: c'est le "Juif", le "Gitan",
l'immigré". Pour les "nostalgiques de Vichy"
(expression employée par Henry ROUSSO dans son livre "Le
syndrome de Vichy de 1944 à nos jours"; ed. Le SEUIL),
l'amalgame est facilement fait entre le Juif traditionnel et l'Israélien:
ce sont des victimes parce qu'ils le cherchent.
Evidemment, des théories psychologisantes (telles que celles
soutenues par certains psychanalystes, ou celles des sociobiologistes
affirmant l'inégalité des races) ont cherché
à démontrer que les victimes ont tendance à
vouloir être des cibles, ce qui a conforté les agresseurs
"de tous poils" dans leur désir de continuer
à se comporter de façon criminelle. Il faut donc
se méfier de toutes ces théories, parce que ce qui
peut s'avérer valable dans les limites d'une cure personnelle,
individuelle (notamment psychanalytique) ne l'est pas forcément
sur le plan social! (Exemple: en quoi un bébé juif
avait-il cherché à étre cible, lorsqu'il
a été gazé à Auschwitz?).
On a donc décidé, sur un plan international, tout
au moins au niveau universitaire (!), de considérer les
victimes comme innocentes.
Ce que, par contre, a introduit la dimension scientifique, universitaire,
c'est l'étude non passionnelle, non émotionnelle,
de l'interaction entre la victime et son agresseur, afin d'éviter
les polémiques stériles.
Au niveau de la victime, cela a permis d'envisager des aides médico-psycho-sociologiques
et juridiques mieux adaptées, afin de l'aider à
sortir du statut de cible, et au niveau de l'agresseur, un renforcement
de l'action pénale et curative afin de le dissuader de
récidiver, et si possible guérir.
Le jour où Israël tout entier (Juifs israéliens
et Diaspora) sortira du statut de cible, nous entrerons dans ce
que j'appellerais "La deuxiéme étape du Sionisme".
Ce sera alors, sur le plan religieux, la fin de ce que nos détracteurs
nomment "le Judaïsme de
remugle" issu de la victimation chronique. Nous pourrons
en percer enfin les orbes afin de permettre au vent (l'Esprit)
de circuler en toute liberté dans nos structures politiques
et religieuses.
B) QUELQUES EXEMPLES.
1)Processus de revictimation (ou survictimation) d'Israël:
Le mot "génocide"
a été banalisé par les média et est
devenu un mot passe-partout, alors qu'il a été inventé
en mémoire de l'holocauste perpétré par les
nazis contre le peuple juif, par Raphael LEMKIN, professeur de
droit international à l'Université de YALE (USA)
en 1944.
LEMKIN a forgé ce mot (mélange de grec et de latin:
"genos" ,"race" en grec, et "caedere",
"tuer" en latin) pour définir les pratiques de
guerre de l'Allemagne nazie, qui a déclenché et
poursuivi une guerre totale, non seulement contre des Etats et
leurs armées, mais aussi contre des populations cibles
désarmées, en premier lieu les Juifs.
Je ne reviendrai pas sur la politique d'extermination raciale,
totalement planifiée par les nazis qui se basaient sur
la lecture morbide des postulats de GOBINEAU et de DARWIN, sur
l'interprétation abusive des fondements de la génétique,
posés par MENDEL ( encore que cela semble nécessaire
en FRANCE étant donné les déclarations du
"Front National" concernant l'inégalité
des races ). Par contre, je reviendrai sur la banalisation du
terme "génocide" qui permet de se poser en victimes,
voire de renverser les responsabilités, en accusant ceux
qui ont survécu à la destruction de leur peuple,
à savoir les Juifs israéliens, afin de continuer
le processus d'élimination à leur égard (survictimation
), ou, afin de se déculpabiliser, en utilisant des formules
telles que "ISRAELIENS = NAZIS" et "ISRAELIENS=
SS".
L'utilisation du terme "génocide" est donc souvent
irrecevable parce que faite, soit par des idéalistes de
façon erronnée (cf.l'expression "génocide
par substitution", inventée par A. CESAIRE à
propos de la politique reprochable de la France aux Antilles françaises,
qui consiste à provoquer l'émigration des Noirs
vers la Métropole et leur remplacement par des Blancs),
des ignorants (les média, les populations occidentales),
des pervers (les néo-nazis, les responsables de la propagande
arabo-islamiste).
En France, le thême de réflexion sur l'origine du
mot "génocide", a eu beaucoup de mal à
s'enclencher, sans doute à cause de la période de
VICHY, elle-méme basée sur des siécles d'antisémitisme
chrétien; et on n'y hésite pas à parler de
"génocide du peuple palestinien" (sic!) sans
cesse dans les media (cf. "LE MONDE", "LA CROIX",
"LIBERATION", etc.; les chaînes de T.V., surtout
la deuxiéme chaine).
L'influence de l'antisémitisme est patente: pour les Nazis,
le Juif incarnait en premier lieu l'impureté raciale; mais
l'allégation d'impureté des Juifs était déjà
présente depuis très longtemps en Europe, véhiculée
par l'antisémitisme chrétien (cf.le statut de "La
Limpieza De La Sangre", ou de "La Pureté Du Sang",
exigé par l'Espagne catholique inquisitoriale pour les
"Marranes" ). Les nazis considéraient que la
race juive était "impure", parce qu'elle risquait,
selon eux, de désintégrer le peuple allemand par
son sang (mariages mixtes) et par sa conspiration mondiale de
domination de notre planète (délire présent
bien avant le Nazisme; délire, car comment une race inférieure
peut-elle dominer la planère?). Toutes ces influences existent
toujours et poussent à l'interprétation erronée,
délirante, du comportement de l'Etat d'ISRAEL et à
sa survictimation.
Dans la période qui a suivi la création de l'Etat
(mai 48) il y avait une volonté consensuelle de taire le
passé traumatique de la "Shoah" en ISRAEL, afin
de ne pas démoraliser le peuple qui supportait un effort
de guerre d'une intensité inouïe, et aussi parce que
les victimes se sentaient trop coupables pour parler. Mais au
fil du temps, la société israélienne s'est
enracinée, l'identité nationale s'est forgée.
Les victoires de "TSAHAL", le procés d'EICHMAN
(en 1960), ont déclenché un processus de "dévictimation"
(dépassement du statut de victime), et maintenant on assiste
à une démarche de réparation bien plus claire
(cf. l''affaire de l'argent des victimes juives de l'holocauste,
réclamé à la Suisse, la France, à
la Suéde, etc., par l'Agence juive et le Congrés
juif mondial).
C'est aussi cela la deuxième étape du sionisme.
Elle s'enclenche même si ISRAEL est encore condamné,
survictimé sans cesse, en particulier par les média
français .
Mis à part le désir de se déculpabiliser
(à cause de l'implication dans le génocide), d'où
vient l'insistance des Nations à survictimer l'Etat d'Israël?
Elle réside dans le caractére religieux, mythique,
et des victimes, et des agresseurs. Tout tourne en fait autour
de la notion de "peuple élu", pour laquelle les
juifs ont été massacrés, convertis de force,
exilés, déportés, exterminés, tout
au cours de l'Histoire (cf. les Croisades, l'Inquisition, les
persécutions musulmanes passées et présentes,
à cause des graves accusations portées contre eux
dans le CORAN, l'extermination par le régime nazi qui s'est
posé en compétiteur absolu du Judaïsme). On
retrouve toujours à l'origine de ces agressions, la jalousie
d'élection développée par le Christianisme,
et la bataille actuelle pour la possession de Jérusalem
en représente la quintescence. Voilà pourquoi Israël
est survictimé!
2) Identification d'ISRAEL à l'agresseur.
Je recommande au lecteur
de lire l'article "Le complexe de la baleine" écrit
par Rachel ISRAEL (psychanalyste é TEL-AVIV), paru dans
l'édition française du "Jerusalem-Post, du
16-3-94. Elle y écrit:
"En quoi consiste-t-elle (la maladie)? Pour les baleines
à se jeter, en dehors de toute explication valable, sur
les rivages des mers pour s'y suicider massivement; pour l'Etat
d'Israël, à s'affaiblir lui-méme et à
se livrer à ses ennemis, au mépris de toute logique
autre qu'idéologique, c'est à dire relevant du pari
et de l'auto-suggestion. Symptôme majeur: délire
aigu d'interprétation masochiste".
Nous avons vu qu'un des moyens de survivre psychologiquement à
la torture, c'est de s'attacher, de s'identifier, à son
agresseur. Les exemples sont nombreux, de cette aliénation,
en Israël.
Mais évitons de nous "autovictimer", en tant
que nation, en accusant une partie de l'opinion politique israélienne,
que ce soit la gauche ou la droite. Ce qui compte c'est de s'attaquer
à la maladie et non aux malades.
C) LE COMPORTEMENT "EROTOMANIAQUE" DES NATIONS EUROPEENNES A L'EGARD D'ISRAEL.
Prenons la définition
du mot "Erotomanie"dans le "Vocabulaire de la Psychologie"
de Henri PIERON:
"EROTOMANIE: Illusion délirante d'étre aimé.
Le sujet croit que l'objet (habituellement un personnage de situation
sociale élevée) l'aime et le met à l'épreuve
par ses attitudes paradoxales. Aprés l'avoir accablé
de lettres et de démarches importunes, il lui arrive parfois,
dans une phase de dépit, de devenir menaçant et
méme dangereux à son égard."
On dit souvent d'une personne qu'elle hait d'autant plus qu'elle
a aimé auparavant ; ce qui est valable sur le plan de la
jalousie passionnelle l'est aussi en ce qui concerne les relations
politiques (toutes proportions gardées). Si l'on a fait
son dieu d'un homme, et si l'on se sent abandonné par ce
dieu, s'il préfére un autre, ou s'il se montre sous
en jour trés décevant ("l'idole "brisée"),
alors toute l'agressivité va se déverser sur lui.
On ne lui pardonnera pas le pouvoir qu'il a eu, on se sent dévalorisé
par cette déification dont il n'était pas digne
, et le seul moyen de se sentir revalorisé c'est d'entrer
en lutte contre cet homme, lui prouver que l'on peut faire le
contraire de ce qu'il désire, que l'on est "assez
grand" pour lui échapper. Mais est-ce qu'on lui échappe
vraiment? Certes non! On est prisonnier de sa haine comme on l'a
été de son amour. De toute façon on continue
à faire de lui le pôle de ses actions, au détriment
des autres objectifs de la situation dans laquelle l'on se trouve.
On connait la phrase du Général DE GAULLE lancée
le 27 novembre 1968:
"Certains même redoutaient que les Juifs, jusqu'alors
dispersés, mais qui étaient ce qu'ils avaient été
de tout temps, c'est à dire un peuple d'élite, sûr
de lui-même et dominateur, n'en viennent, une fois rassemblés
dans le site de leur ancienne grandeur, à changer en ambition
ardente et conquérante les souhaits très émouvants
qu'ils formaient depuis 19 siécles".
Il reprochait, en fait, aux Juifs israéliens d'évoluer
sans lui, de le décevoir (l'idole se brisait). ISRAEL
s'est tourné vers les USA, ce qui a entraîné
que l'Europe (en particulier la France) s'est sentie rejetée,
d'où haine et ressentiment, de type érotomaniaque!
Bien sûr, des considérations économiques et
politiques sont aussi à prendre en compte, mais la dimension
émotionnelle est toujours présente lorsqu'on traite
d'Israël
D) LE "DEBRIEFING" OU DECHOCAGE DES VICTIMES.
En victimologie, le"débriefing"
est une technique d'abréaction, c'est à dire de
réapparition consciente de sentiments jusque-là
refoulés, et donc de guérison. Le "débriefing",
mis au point aux USA par des médecins militaires, pour
les soldats choqués par le champ de bataille, la captivité
chez l'ennemi, a permis chez les victimes, une prise de conscience
de la pleine normalité des émotions et des comportements
de stress (tension émotionnelle, crise de larmes, déceptions,
désespoir, honte, culpabilité). C'est par la parole
que le groupe de "débriefing" parvient à
liquider ses conflits et à surmonter les séquelles
de la surtension émotionnelle des crises.
Israël est un pays qui a connu depuis sa création,
de très nombreuses agressions.
La première étape du Sionisme a représenté
un bon début de dévictimation: le contact avec la
Terre (par la création des "kibboutzim"), les
victoires de "TSAHAL" sur des ennemis bien plus nombreux,
l'enrichissement spectaculaire en moins de 50 ans, ont permis
aux Juifs israéliens d'entamer le processus de guérison.
Mais nous sommes à la fin du Sionisme, dans un vide idéologique
dangereux, surtout depuis l'assassinat d'Ytshak RABIN le 4 novembre
1995.La revictimation fait donc à nouveau son chemin, avec
tous les risques que cela comporte pour l'humanité entière.
En effet, Israël est un pays puissamment armé, qui
risque d'entrainer la totalité de la planète dans
sa chute.
Il faut donc qu'Israël arrive à se détacher
de sa position de victime, qui le maintient prisonnier sur un
plan moral, psychologique, politique, religieux, reclus dans un
monde de douleur et de honte, à lécher ses blessures
physiques et psychiques. Il faut qu'il se décolle de son
passé (au sens large), d'un passé de 2000 ans de
souffrances, d'humiliations et de déchéance. Il
faut que les agresseurs cessent d'étre omniprésents.
Il faut que son destin continue sa remise en marche (qu'il avait
entamée en 1948). Il faut un retour à l'adhésion
à des idéaux.
Pour cela il faudrait un "débriefing" de la part
des Nations, et particulièrement de la France, car elle
demeure le laboratoire des idées et des idéaux.
Il faut que les gouvernements français cessent de montrer
de la partialité, du favoritisme, dans le conflit du Moyen-Orient
(surtout au niveau des media), en espérant faire ainsi
contre-poids à l'influence des USA. Israël ne demande
qu'une chose, c'est qu'on soit juste avec lui en prenant en cause
son passé deux fois millénaire!
Il faut vraiment que cessent ces calomnies de la presse française
à l'égard d'Israël, permises, voire orchestrées
par le Quai d'Orsay, dans une projection psychopathologique condamnable
(Israël serait sans cesse en train de manipuler des forces
dangereuses pour qu'il en sorte du bien). Pure calomnie! Israël,
pour l'instant, ne cherche qu'à survivre!
Il ne faut pas que la France, "fille aînée
de l'Eglise" et "Puissance musulmane", s'imagine
pouvoir manipuler les mouvements les plus dangereux au monde actuellement
(l'islamisme et le Néonazisme, pour ne citer qu'eux), dans
le but de rendre Jérusalem à la papauté.
Tous ces mouvements sont extrémement destructeurs, et ils
ont commencé à la déstabiliser gravement
elle-même, sur son propre sol!
G. MONTARON et A. VINEUX écrivaient dans le journal "Témoinage
Chrétien" du 25 décembre 1989:
"Au coeur même de tous les pauvres du monde arabe,
les Fedayin sont des héros, l'image vivante du Libérateur.
Comme Che GUEVARA en Amérique latine. La résistance
palestinienne est une flamme qui éclaire les opprimés
et s'étend de proche en proche. Ici encore, plus que chez
nous, la résistance est synonyme de Révolution et
elle a une puissance messianique incalculable". De quoi frémir...
La France se déclare amie d'Israël; mais il faut qu'elle
se montre bien plus claire dans son engagement aux cotés
de l'Etat hébreu, si elle veut lutter efficacement contre
le terrorisme. Qu'elle ne s'imagine pas tirer quoique ce soit
de positif par son attitude ambivalente!
L'existence de l'Etat d'Israël
est irréversible. C'est un fait accompli, qui ne peut plus
étre remis en question, pour ne pas risquer l'explosion
de la planète. Il faut donc que la France le reconnaisse
clairement, afin que les Arabes parviennent eux aussi à
l'intégrer dans leur esprit et sortir de leurs discours
projectifs délirants , grâce à son influence.
Enfin, nous faisons appel à la générosité de la France, pays des Droits de l'Homme, afin qu'elle ouvre à nouveau ses yeux sur les les vraies victimes, à commencer par le peuple d'Israël, afin qu'elle partage avec lui ce que l'Histoire lui a si généreusement prodigué, à savoir la Justice pour les opprimés, par sa Révolution!
Israël FELDMAN
Psychanalyste-Psychologue clinicien-Victimologue
Directeur de l'association "HEVEL" (Association Internationale
d'aide aux Victimes de la Violence)
P.S. Ce texte se fonde sur le cours que je donne à l'U.F.R., Santé, Médecine, Biologie humaine "LEONARD DE VINCI", BOBIGNY, UNIVERSITE PARIS XIII, dans le cadre du diplôme de Criminologie/ Agressologie, module de Victimologie; par ailleurs, il sert de base aux conférences que je fais de par le monde.