Yona Dureau: justification de l'Union européenne concernant son aide financière à la gauche israëlienne, ou comment on tente encore de leurrer l'opinion publique avec des balivernes
Dans notre article sur l'incroyable
incapacité européene à contrôler les
fonds versés aux Palestiniens, nous avions évoqués
en fin d'article les fonds versés par l'Union européene
à des organisations dont les buts minaient la sécurité
d'Israël, notamment par le biais de projets comme celui mené
actuellement par Shalom Archav et visant au démentellement
des yishouvim juifs, alors que lesdits yishouvim constituent actuellement
la dernière protection des voies d'accès aux villes
principales israèliennes, et que les Palestiniens ont entamé
une guerre des routes reprennant exactement la stratégie
qui était la leur lors de la guerre d'indépendance.
Ces organisations de la gauche israèlienne poursuivent
donc aveuglément une politique idéologiquement magnifique
mais réellement dangereuse, sans percevoir que cette politique
sert des desseins malfaisants vis-à-vis d'Israël.
L'attaque frontale de ces organisations comme de l'Union européenne
étant impossible, certaines oganisations israëliennes,
ainsi qu'une partie du gouvernement actuel, ont enfin réagi
au nom de l'ingérence dans les affaires intérieures
de l'état.
L'Union européene, sommée de justifier son ingérence
dans les affaires intérieures israèliennes par le
biais de ses aides financières auprès des organisations
de la gauche israëlienne, (Shalom Archav, l'organisation
des quatre mères -très inefficace mais enrichie
de façon considérable par ces dons, ainsi que le
projet Impact, pour ne citer que trois des organisations principales
impliquées) vient de défendre sa politique de la
façon suivante:
"L'Union européenne
a toujours poursuivi une politique de soutien des organisations
non gouvernementales oeuvrant pour la paix, la démocratie,
les droits de l'homme dans les sociétés civiles
autour de la Méditéranée", a déclaré
un officiel de l'Union européenne.
Il a ajouté: "Le gouvernement israèlien est
parfaitement au courant de ces aides et ne s'en est jamais plaint.
L'Union européenne n'a jamais apporté de soutien
financier à des partis politiques."
Cette dernière allégation en particulier mérite
d'être commentée, car elle est particulièrement
hypocrite.
D'une part, le soutien massif apporté par l'Union européenne
auprès de l'organisation Shalom Archav constitue un soutien
à un groupe de pression politique, ce qui constitue une
ingérence politique directe, d'autre part, les liens exitant
entre shalom Archav et le parti travailliste sont on ne peut plus
officiels, de sorte qu les fonds transitent autant que les influences,
et que l'aide européenne touche aussi bien le parti travailliste
que ladite organisation non gouvernementale.
Deuxièmement, cette allégation se dévoile
dans toute sa fausseté si l'on considère que le
groupe dit "des quatre mères" est avant tout
dirigé par un ministre du gouvernement, déjà
ministre sous le gouvernement précédent, et représentant
du parti travailliste, Yossi Beilin.
Son groupe "des quatre mères" n'ayant jamais
rien fait pour la paix, et les fonds européens ayant couvert
100% de leurs projet, il n'est que pure logique que de dénoncer
là un système de corruption de la classe politique
israëlienne, visant à l'asservir à des deseins
étrangers.
La justification européenne se poursuit par l'affirmation
selon laquelle "l'aide euopéenne ne profiterait pas
qu'à des organisations de gauche", puisque le Machon
Mifne, dirigé par Tzvia Greenfield, et chargé d'enseigne
les principes de la démocratie aux haredim, ne serait pas
de gauche. Là encore la langue de bois s'efforce de couvrir
le mensonge. Tzvia Mifne est une activiste de gauche très
connue à Jérusalem, et la confusion habituelle entre
monde religieux et parti de droite s'avère ici une tentative
habile de désinformation mais totalement inefficace.
Le représentant à la Knesset Michael Kleiner (du
parti Herut), demanda, officiellement au Ministre des Affaires
étrangères israëlien M. Shimon Peres de rappeller
le ministre israëlien auprès de l'Union européen,
et il qualifia cette aide européenne de "dégoutante".
Autant demander à un des cadres de la gauche, lui-même
déjà atteint par un scandale de détournement
des fonds pour la paix, le centre Peres "pour la paix",
(voir notre article sur Alliance sur la question) de renoncer
à un poule aux oeufs d'or.
Le ministre des communications Reuven Rivlin appella les autorités
veillant à l'application de la Loi (telle que le mevaker
hamedinah, institution indépendante chargée de mener
des enquêtes chaque année), à ouvrir une enquête
concernant ce financement, et le parti national religieux proposa
une motion pour l'agenda de la knesset.
Le député Yahalom déclara: "l'ingérence
étrangère biaisée dans les processus démocratiques
israëliens est honteux et scandaleux".
Lors du débat de la knesset, Benny Elon (parti d'Union
nationale Israël Beiténou) condamna les organisations
israëliennes recevant ces fonds, et déclara "qu'elles
agissaient comme des agents des puissances étrangères."
Elon cita en particulier le rapport de Shalom Archav justifiant
l'utilisation des fonds pour la période de mai 1998 à
avril 1999, par l'impression de 12000 affiches titrant "Ramenez
la paix", "Natanyahou tue la paix", et "Natanyahou
doit partir".
Qu 'on soit de droite ou de gauche, il est indéniable que
ces affiches sont des affiches politiques, et que les fonds européens
jouent donc un rôle direct dans les processus électoraux
israëliens.
Mossi az (du parti Meretz) répndit à la demande
de lettre de protestation avancée par Elon, en targuant
que Shalom Archav n'avait jamais caché l'origine de ses
fonds.
On pourrait lui répondre qu'elle ne s'en était jamais
vanté non plus.
Le centre Meiler, financé lui aussi par l'Union européenne,
recherche tous les biens palestiniens situés en Israël
pour les réclamer et réclamer le droit du retour
au sein d'Israël de tous les Palestiniens à qui appartenaient
ces biens. Bien entendu, ce centre ne s'occupe pas de rechercher
les biens juifs actuellement aux mains des Palestiniens...
Le plus grave dans cette histoire reste l'aveuglement israèlien
aux intérêts extérieurs. La règle d'or
devrait pourtant être de se demander en toute honêteté,
pourquoi un organisme extérieur cherche à aider,
et verse de telles sommes.
Nous ne sommes pas aux pays des songes, et seuls les intérêts
règlent la politique.
Israël vit donc à l'heure de l'inertie, puisque le
changement nécessaire pour l'évolution de la situation
n'a pas eu lieu, et que demeurent au pouvoir des hommes déjà
pervertis par le pouvoir.
Il faut espérer que leur conscience du danger les éveillera
avant qu'il ne soit trop tard, et qu'ils oublieront un jour leurs
intérêts personnels.