I. La formation
d'une identité palestinienne ?
2. Une identité
copiée
3. Vandalisme, canibalisme,
et identité
4. L'usurpation
textuelle coranique comme modèle fondateur?
5. Les Revendications
territoriales et la réécriture de l'histoire
La question de la réécriture de l'histoire par l'Autorité palestinienne mérite une analyse approfondie, car ce phénomène ne relève pas seulement d'une propagande pernicieuse, mais trahit des pulsions très primitives, des mouvements d'envie, tout en contredisant d'une façon inhabituelle tous les processus de formation historique de l'identité des peuples.
I. La formation d'une identité palestinienne ?
Les exemples historiques de processus de formation d'identité
nationale
Les exemples historiques de formation d'une identité nationale
sont nombreux, et font partie des thèmes d'étude
classiques des historiens des mentalités. Les identités
nationales ont commencé à se former en Europe au
cours du XVIe siècle, centrées autour de la personne
d'un roi, ancrées dans un territoire précis, et
revendiquant leur identité par l'histoire de leur origine.
Ainsi, c'est au XVIe siècle que les Français imaginent
leur origine mythique d'ancêtres gaulois, et on a bien oublié
aujourd'hui que ce mythe avait pour intention première
de permettre de relier la lignée des rois de France aux
"hébrieux", (Hébreux), afin de faire remonter
la sainteté de leur dynastie à la lignée
du roi David (voir Claude Gilbert-Dubois, "Le mythe des Gaulois
ou l'origine d'un thème religieux et nationaliste").
Pour les Français, les Gaulois permettaient de se construire
un passé glorieux, sans avoir à faire dépendre
la légitimité des rois de France d'une autre lignée
royale européene. Les Italiens revendiquèrent leur
identité à la Renaissance sous plusieurs étendarts,
puisque le territoire de l'Italie était alors divisé
en plusieurs royaumes, mais leurs arguments ne manquaient point,
que ce soit par l'héritage sacré que leur donnait
la fondation de l'Eglise en Italie, à Rome, ou le passé
romain de leur pays, avec la domination de Rome sur ce qui avait
été l'Empire romain et qui avait donné naissance
à l'Europe qui les entourait. Pour les Anglais, l'identité
anglaise se donna pour ancêtre Brutus de Troyes, fondateur
mythique de l'Angleterre débarqué de la Troyes greque
et glorieuse, importateur de la culture dans une Europe encore
sauvage.
Mais chaque pays s'efforça de démontrer que son
histoire était la plus glorieuse, et que son leader du
moment, son roi, était le plus saint, le plus aimé
de Dieu, le plus proche de la lignée sacrée des
rois biblique, alors que l'histoire et la pérennité
de son règne comme de son royaume témoignait de
la légitimité de chaque royaume, et donc de chaque
peuple, de chaque identité.
Au XIXe et au XXe siècle, les dernières identités
nationales nées des réunifications territoriales
ou des décolonisations ont suivi un processus à
peu près semblable, à ce détail près
que les nations se créérent de plus en plus dans
la violence contre un ennemi extérieur. Alors que le sentiment
national français s'était fondé au XVIe siècle
sur la fidèlité à la personne du roi, et
que les affrontements avaient surtout mis face à face des
prétendants du trône, chacun avec leurs fidèles
suivants, les nationalismes du XIXe siècle se libèrent
de la tutelle royale par des révolutions, en aboutissant
ainsi à une nouvelle définition du sentiment national
par le patriotisme, la fidèlité à une identité
nationale sublimée. Puis viennent les nationalismes de
pays auparavant scindés, comme l'Allemagne, ou bien l'Italie,
qui consituent leur identité sur la lutte contre un ennemi
commun. Garibaldi est un leader, un modèle du héro
de la nation italienne libre, car il prétend délivrer
l'Italie. Bismark est un chef de guerre, et fonde la nation allemande
et son identité sur une opposition à la France.
Mais par opposition à un modèle considéré
comme tyrannique ou usurpateur, ces groupes humains élaborent
une identité idéale qui les représente, et
les distingue des usurpateurs. Nulle tentation pour eux de copier
leur ennemi. Le cas de l'identité nationale palestinienne
est donc un cas unique, pour ne pas dire anomalique de la formation
des identités nationales.
2. Une identité copiée
L'identité palestinienne se fonde en effet sur une copie
conforme, à peine associée à une vague transposition,
de l'histoire et du modèle hébraïque et juif.
Ceci est absolument inexplicable par le simple biais historique,
et a priori, on ne peut pas en conclure qu'il s'agisse là
d'une prise de modèle ordinaire, comme d'un exemple à
suivre, laissant présager un avenir d'unification culturelle
entre Juifs et Arabes.
Considérons quelques exemples avant de procéder
à leur analyse. Lorsque l'O.L.P. à Beyrout est acculé
à la défaite, Yasser Arafat envoya comme ordre à
ses troupes de se suicider et de procéder à un nouveau
"Massada". Ses troupes ne se suicidèrent pas,
en définitive, mais le fait même que Arafat ait eu
l'étrange idée de leur donner comme modèle
l'histoire de leur ennemi laisse rêveur.
A nouveau, lors de la première intifadah, Arafat lance
l'idée de faire partir d'Europe un bateau de réfugiés
et de le nommer Exodus II.
Enfin les textes palestiniens ne manquent pas de rapprocher la
situation des Palestiniens de celle des Juifs sous l'occupation
nazie, procèdant ainsi à la fois à la reprise
d'un modèle historique de l'histoire de leur ennemi, et
à un retournement identitaire.
Ce dernier exemple dévoile
le mouvement fondateur de ce processus psychique, car c'est ici
la psychologie qui seule peut nous aider à comprendre un
phénomène qui ne relève plus des structures
classiques de l'évolution de l'histoire des mentalités.
Les Palestiniens fondent leur modèle identitaire sur celui
des Israëliens parce que fondamentalement, leur identité
s'ancre dans un mouvement d'envie, une pulsion très primitive
que tous les discours du monde ne parviennent pas à cacher.
Freud, dans "Totem et Tabou", analyse cette pulsion
et montre qu'elle explique l'attitude des peuples qui dévorent
une partie de leur ennemi après l'avoir tué, parcequ'ils
pensent pouvoir intégrer ainsi dans leur propre corps les
qualités qu'ils ont observé avec envie chez celui-ci.
Cette pulsion est d'autant plus forte qu'elle est inconsciente,
voire même réprimée chez les Palestiniens,
qui n'admettraient pour rien au monde qu'une partie d'eux mêmes
admire en secret l'identité israëlienne. Ce mouvement
psychique primitif explique non seulement des scènes d'une
brutalité inqualifiable qui ont eu lieu lors de cette seconde
intifadah, mais permet de comprendre les formes que revêt
actuellement la politique palestinienne, la propagande de Yasser
Arafat, et le danger à court et long terme d'une identité
nationale qui n'a pas trouvé de forme positive d'expression.
3. Vandalisme, canibalisme, et identité
L'identité palestinienne s'étant fondée sur
l'identité juive, non par fascination de l'Israëlien
comme Autre à respecter, mais comme identité à
endosser pour exister en tant que peuple, le passage-à-l'acte
fondateur de l'identité palestinienne s'exprime nécessairement
par la violence, la tuerie, la destruction, l'anéantissement
de l'Israëlien. C'est là la différence essentielle
entre les deux parties qui opposent depuis septembre forces israëliennes
et Palestiniens. Pour les soldats israëliens, la question
est claire: il s'agit de se défendre pour survivre et pour
que l'état survive. pour les Palestiniens, la question
est beaucoup plus complexe et beaucoup plus inextricable: il s'agit
de détruire pour exister.
Le passage-à-l'acte, très souvent mis en scène
par les foules, eut lieu de façon explosive, sanglante,
lors du lynchage des deux soldats. Il ne suffisait pas de tuer.
Il fallait réduire l'Autre en bouillie pour devenir Lui.
Les cadavres sont déchiquetés, l'un d'entre eux
a la boite crânienne ouverte, le cerveau est sorti. On dépèce
les corps, on les parcellise.
L'éducation palestinienne enseigne des chants cannibales
aux enfants selon la même logique. Un journaliste crie d'effroi
dans son éditorial, devant ces chants de guerre: "je
tuerai le Juif, je lui ouvrirai le ventre, et je le mangerai..."
Toute l'analyse de Freud resurgit dans ces quelques mots. L'identité
palestinienne se fonde tragiquement sur un mouvement d'envie qui
la condamne, pour se réaliser, à réaliser
l'usurpation identitaire. Prendre la Place de l'Autre pour exister...
Pauvre peuple sans identité, pauvre enfant manipulé,
triste persective d'une humanité detructrice, mais aussi
quel avenir pour Israël que de traiter avec un pareil ennemi...
4. L'usurpation textuelle coranique
comme modèle fondateur?
Peut-on interpréter cette formation identitaire comme un
processus inévitable? L'identité palestinienne était-elle
prédestinée à fonder son existence sur l'usurpation
identitaire de l'Israëlien?
Certains voient dans le Coran l'origine de ces renversements identitaires.
Pour être plus précis, il s'agit des commentaires
du Coran, et non du Coran lui-même. Le Coran, lors de l'épisode
de la ligature d'Ytshak, ne nomme pas le fils d'Abraham prêt
au sacrifice. Ce sont les commentaires qui l'ont identifié,
non comme Ytzhak, mais comme Ishmaël (Sourat: "Les rangs"):
"Donne moi un fils o seigneur, et qu'il soit un homme juste."
Nous lui avons annoncé un bon garçon. Et quand il
a atteint l'âge où il pouvait travailler avec lui,
son père lui dit: "Mon fils, j'ai rêvé
que je te sacrifiais. Dis-mois ce que tu penses."
Il répondit: "Père, fais ce qui t'a été
demandé. Si Allah le veut, tu verras que je suis fidèle."
Et ils s'en remirent tous deux à la volonté de Dieu,
et Abraham avait étendu son fils prosterné sur sa
face, Nous l'appelâmes en lui disant: "Abraham, tu
as accompli ta vision."[...]
Les commentateurs traditionnels coraniques ont attribué
l'épisode à Ishmael. Or l'antériorité
historique du texte biblique est indéniable. Ainsi, selon
l'analyse de certains théologiens, cette interprétation
du Coran aurait été la première pierre fondatrice
de ce renversement identitaire, en suggérant que le vrai
Israël est en fait Ishmaël. Puis c'est sur la base de
ce renversement identitaire originellement de type religieux que
se serait fondée l'inversion identitaire palestinienne.
A priori on peut penser que, si cette théorie est vraie,
aucun pays arabe n'aurait dû pouvoir créer son modèle
identitaire sans lui donner cette forme usurpatrice.
Néanmoins deux points sont importants: l'histoire a opposé
la plupart des pays arabes à un ennemi extérieur
chrétien, lui fournissant ainsi un contre-modèle
historique qui rendait inutile ou caduque le modèle de
l'interprétation coranique (sur ce point seulement, car
le Coran a pû fournir des passages et des commentaires concernant
les Chrétiens qui ont donné un autre sens à
ces luttes opposant Arabes et Chrétiens).
D'autre part le cas d'Israël
est un cas unique, car c'est le seul pays où un peuple
arabe et musulman s'est affronté à un ennemi juif.
On peut donc considérer que cet affrontement historique
a rejoué dans l'espace et le temps moderne l'ursurpation
identitaire observée dans l'interprétation du Coran,
en conférant au processus de l'usurpation identitaire des
Palestiniens une dimension religieuse supplémentaire.
Cependant, cela ne signifie pas que cette voie de formation identitaire
était la seule possible. L'Histoire n'est pas une voie
tracée et préconçue. Les Palestiniens auraient
pû créer leurs propres mythes des origines, ils auraient
pû rassembler leur identité autour de leurs danses,
de leur coutumes, de leur nourriture. C'est à ce point
que la responsabilité de leurs leaders est lourde, elle
qui a influé sur la forme de cette identité par
la propagande, par les revendications, et par l'éducation
des enfants.
5.
Les Revendications territoriales et la réécriture
de l'histoire
On ne comprend rien à l'absence évidente de limite
de l'appétit palestinien pour toujours plus de nouvelles
terres, de nouvelles concessions, si on n'analyse pas cet appétit
vorace en parallèle avec la réécriture de
l'histoire par les médias palestiniens et le problème
identitaire que nous avons décrit. Répétons
le:
L'identité palestinienne se fonde tragiquement sur un mouvement
d'envie qui la condamne, pour se réaliser, à réaliser
l'usurpation identitaire mais aussi historique, et territoriale.
On assiste ainsi à des événements aussi halucinants
qu'une carte de Palestine effaçant jusqu'au nom d'Israël.
Les choses sont alors clairement exprimées: si la Palestine
existe, Israël doit disparaître. Mais la réécriture
de l'histoire procède absolument de la même logique.
Le site de l'Autorité Palestinienne prend beaucoup de soin
à réécrire toute l'histoire du Mont du Temple,
et de lui substituer une histoire qui serait celle d'une mosquée
ayant existé depuis des siècles, bien avant Salomon
le Magnifique, bien avant Israël, et peut être même
bien avant l'Islam. Les Juifs se sont trompés, entend-on
répéter dans les médias palestiniens. Le
Mont du Temple n'a jamais été le Mont du Temple.
Et puis, les Juifs n'ont jamais sû où était
leur temple. Et puis d'ailleurs, les Juifs n'ont jamais été
en Israël. Le passé hébraïque est une
propagande sioniste...
Pourquoi tous ces efforts de la propagande, que ne commente jamais
la presse européene? Tout simplement parce qu'il est vital,
à ce stade de l'histoire de la formation identitaire palestinienne,
de procéder à la destruction symbolique de l'Israëlien,
de l'effacer de la carte comme de l'histoire, pour pouvoir prendre
sa place.
Cette situation est donc
beaucoup plus préoccupante que des problèmes de
négociations, ou même les faits bruts que nous décrivent
les journeaux. Ce ne sont pas les revendications palestiniennes
qui seront le problème le plus grave que devra traiter
Israël à l'avenir, mais la cause de ces revendications,
son origine, sa source, c'est-à-dire la forme destructrice
d'une identité nationale qui ne pourra, fondamentalement,
accepter aucune concession donnant un droit d'existence à
Israël sans renoncer à sa propre existence.