Yona Dureau : Les liens entre groupements nazis et OLP SUITE
1 ere partie: Des liens originels entre Nazis et OLP
La suite de notre enquête
nous a permis d'affiner notre perception du journal Nationalzeitung,
journal nazi fondé en 1932 et continuant sa diffusion jusqu'à
aujourd'hui.
Ainsi que décrit dans notre précédente étude
de ce dossier, ce journal publiait deux fois par mois des annonces
enjoignant les officiers et militaires nazis à rejoindre
les camps de formation des combattants de l'OLP en Palestine dans
les années soixante dix.
Le contexte dans lequel ces annonces paraissaient est important,
et il faut resituer l'évolution de la communication de
ce journal pour comprendre l'évolution qui va aussi saisir
les annonces de l'OLP en son sein.
Le ton et la forme vont en effet évoluer, jusqu'à
devenir l'actuelle propagande pro-palestinienne, qu'elle soit
issue de ce journal, ou rediffusée à présent
partout.
I. Les thèmes
favoris du Nazionalzeitung de 1970 à 1990
II. L'évolution
des annonces pro-palestiniennes
III. Propagande
pro-palestinienne nazie aujourd'hui
I.
Les thèmes favoris du Nazionalzeitung de 1970 à
1990
Le Nazionalzeitung est un journal ouvertement pro-hitlérien
quelle que soit la période considérée, mais
ses techniques de communications ont évolué, devenant
de plus en plus subtilement perverses.
Ainsi, dans les années 60-70, ce journal commença
par nier systématiquement la shoah.
Chaque sortie du journal, (deux fois par mois à l'époque,
sans doute par manque de fond, hebdomadaire actuellement), ne
manque pas de consacrer un minimum de deux pages entières
à cette entreprise révisioniste.
Non, les Juifs ne sont pas morts selon un plan de destruction
de masse.
Ils étaient bien nourris. Des photos truquées, en
noir et blanc, mettent en scène des hommes torse nus en
train de creuser de petits canaux, la panse dodue, et semblant
ne pas trop forcer à l'ouvrage. T
itre: "Voilà ce qu'il se passait réellement
à Auschwitz ! "
Le numéro suivant parle de la catastrophe du typhus, qui
a décimé les prisonniers de ces camps juste avant
l'arrivée des Américains.
Le numéro suivant parle de "la vérité
sur les morts surnumériques des camps de concentration:
ce sont les forces alliées qui ont tué les Juifs
en prenant les camps. La preuve: les camps ont souvent été
incendiés à l'arrivée des alliés,
et parmi les cadavres, nul doute que l'on pourrait trouver de
braves soldats allemands, qui se sont acharnés à
défendre les prisonniers de la barbarie...
Mieux encore, le Nazionalzeitung propose une nouvelle version
de l'histoire, en se fondant sur la reproduction d'une première
page d'un journal fasciste anglais juste avant la guerre, titrant:
"les Juifss ont déclaré la guerre à
l'Allemagne". Le journal cite ensuite les propagandes antisémites
de l'avant guerre, lorsque les pays d'Europe, à qui Hitler
avaient proposé de prendre les Juifs, avaient refusé.
Et le journal allemand de commenter: "Et ils osent prétendre
que c'est nous qui avons tué les Juifs..." Un
autre numéro explique quel avait été le "réel
plan d'Hitler pour les Juifs". Pas une destruction génocide,
mais l'installation d'un état juif à Madagascar...
Et de commenter: on n'en serait pas à la situation actuelle
si les Juifs n'étaient pas partis en Palestine...
La technique de communication de ce journal passe par deux principes:
les formules chocs, et les répétitions.
Un même article peut être repris cinq fois en un an,
une même photo dix fois. Ces répétitions finissent
par créer une mémoire inconsciente, car la même
photo, utilisée parfois dans un autre contexte, se révèle
familière, puis connue, puis admise comme vraie puisqu'elle
est admise par la mémoire comme connue.
Et ce qui nous paraîtrait invraisemblable dans un journal
normal, voire proche de l'escroquerie de notre lecteur, ne choque
apparemment personne dans le public nazi: il est bon de répéter
les vérités, et de les faire ainsi admettre par
tous...
Vers le milieu des années soixante dix, un nouveau thème
apparait, qui est significatif à la fois pour son fond
et sa forme. "Ce ne sont pas les Allemands qui ont fait
un holocauste, mais les alliés qui ont fait un holocauste
des Allemands. Six millions d'Allemands sont morts dans cet holocauste!".
Le massacre de Katyn (soldats allemands tués gratuitement
par les Russes) remplit régulièrement les colonnes
du Deutsche Zeitung. Le processus d'inversion du bourreau en victime
est si grotesque que la première lecture d'une page de
photo-montage de l'holocauste allemand fait sourire, même
d'un sourire amer. La répétition de cette contre-vérité
démontre qu'une vérité journalistique ne
naît que de la répétition et de son ton assuré...
Parallèlement, le Nazional Zeitung reprend une technique
familière à Hitler dans ses discours, consistant
à aglomérer deux groupes humains en un seul groupe
d'intérêt, le processus étant encore facilité
par le fonctionnement de la langue allemande qui permet un ajout
de particules au même mot de façon infinie. "Les
Judéo-Américains (traduisez en fait "JuifsAméricains",
en un seul mot,) sont en train de faire un holocauste au Vietnam,
et le monde entier se tait... Les JuifsAméricains ont fait
l'holocauste des Indiens, et le monde ne l'a pas condamné...
A la fin des années soixante-dix, et jusque dans les années
quatre-vingt s'ajoute à ce thème celui d'Israël
préparant la destruction de masse d'un peuple, les Palestiniens...
Le sionisme est racisme. Et c'est dans ce contexte que sont publiés,
une à deux fois par mois, les annonces invitant les "Allemands
patriotes" (traduisez: nazi) à aider les victimes
de l'holocauste juif, les Palestiniens.
Le personnage de Begin va offrir un argument de choix aux Nazis:
l'ancien terroriste a du sang sur les mains, et s'apprête
à organiser l'anéantissement des Palestiniens...
Dans les années quatre-vingt, mais surtout post-quatre-vingt
dix, l'Allemagne a commencé à réagir contre
la montée nazie. Une lettre de la communauté de
Münich qui réagit contre le journal est même
publiée par celui-ci comme émanant de l'ennemi éternel.
Elle condamne la propagande pro-palestinienne. Cette lettre, datant
du milieu des années 1980, marque un tournant dans la propagande
palestinienne, qui va tout d'abord se rendre plus discrète.
Le nombre de procès dont se vante le journal qui demande
régulièrement des soutiens financiers à ses
membres pour les droits de justice aissent penser que cette pression
supplémentaire l'engage à plus de retenue. Enfin,
pour le ca précis de la cause palestinienne, il est clair
que plus ces idées pénétraient la société,
plus le journal pouvait baisser le ton, et prétendre même
être politiquement correcte.
II.
L'évolution des annonces pro-palestiniennes
Les annonces pro OLP changent progressivement d'apparence. On
ne demande plus ouvertement un soutien militaire pour l'OLP, mais
une "aide militaire" pour les peuples du Moyen Orient
et du Tiers Monde devant se battre contre l'influence bolchévique.
Le temps de la guerre froide est peut-être officiellement
terminé, mais l'Union soviétique a effectivement
aidé Israël, et l'ennemi est ainsi bien marqué.
De plus, l'annonce est assez ambigüe pour suggérer
dans cette forme que le péril rouge vient de l'aide de
l'Union soviétique aux pays du Tiers Monde, or dans les
années soixante-dix, l'URSS avait effectivement énormément
investi pour l'éducation de jeunes Palestiniens en Russie.
Ces liens perdureront jusqu'à la fin des années
quatre-vingt, permettant au géant soviétique de
jouer la carte de la destabilisation dans la région, avant
de s'effondrer avec les débuts de la Perestroïka.
Le journal Nazional Zeitung publie alors les annonces de soutien
aux "peuples du Moyen Orient menacés par le géant
rouge" à côté d'annonces pour l'équivalent
allemand de Médecins sans frontières. Les annonces
privées se multiplient, et la définition des valeurs
du patriote d'après le DVU (parti nazi) fait cotoyer la
culture physique avec la fierté allemande et le soutien
des souffrances des peuples opprimés et des petits.
Le DVU, comme le Nazional Zeitung, ressort de son jeu le soutien
de la petite bourgeoisie populaire, et ces thèmes permettent
bientôt de demander de façon de plus en plus anonyme
des aides financières "pour les peuples opprimés
du Monde entier, de l'Afrique, du Moyen Orient, etc..."
Le journal s'affiche comme un soutien des pauvres en publiant
gratuitement les annonces de demandes d'emploi des Allemands patriotes
au chômage, ou les offres d'emploi pour patriotes.
Les annonces se diversifient, et on peut même trouver des
annonces d'étrangers arrivant en Allemagne cherchant un
logement, etc... Le journal se veut de plus en plus politiquement
correcte, puisqu'il accorde ainsi symboliquement une place aux
étrangers... Les pouvoirs publics allemands ne se sont
pas souciés du regain du nazisme en Allemagne de l'Est,
alors que le Nazional Zeitung, avide de la réunification
allemande, offrait des abonnements gratuits à toute personne
vivant en DDR, et ce depuis 1970...
Dans les années quatre-vingt dix, le soutien nazi aux Palestiniens
ne passe plus que par des annonces indirectes et par la propagande
effective menée en faveur des Palestiniens, et ce jusqu'à
aujourd'hui.
Des annonces sybillines demandent une aide financière pour
les peuples opprimés. Un numéro de compte en banque
est la seule identité révélée par
l'annonce. Les annonces de vente d'armes côtoient des annonces
de "formation militaire à l'étranger",
mais on ne situe plus le lieu de la formation...
Parallèlement, le Nazional Zeitung a entretenu la haine
du communisme grace à l'opposition aux actions de l'extrème
gauche révolutionaire en Allemagne, de 1975 à 85.
Le terrorisme est devenu dans son vocabulaire le synonyme du bolchévisme.
Il lui est désormais impossible d'évoquer ouvertement
le terrorisme de l'OLP sans paraître se contredire. On parle
donc d'aide humanitaire, même si cette aide prend en définitive
la forme d'une aide militaire...
III.
Propagande pro-palestinienne nazie aujourd'hui
Quant à la propagande pro-palestinienne, elle reprend les
thèmes nazis utilisés depuis le départ: Les
Juifs, qui sont la cause de l'holocauste des Allemands, puis des
Vietnamiens, de la bombe atomique sur le Japon, s'acharnent actuellement
contre les Palestiniens. "Le sionisme est du racisme",
pouvait-on lire dès 1975 dans ce journal. Ce thème
est à présent répété en coeur
par les Palestiniens, alors que le thème de l'holocauste
palestinien, si souvent répété par ceux-ci,
est en train d'envahir la presse européenne: les techniques
d'inversion, de répétition, de lavage de cerveaux
nazis ont réussi. Ces thèmes nazis ont pris vingt
ans à prendre racine, mais ils ont actuellement gagné
la presse entière, qui les propage à son tour, et
en a fait des thèmes politiquement correcte.
La propagande palestinienne actuelle est une traduction littérale
de la propagande anti-juive du Nazional Zeitung depuis les années
1970-80. Quant à la coopération militaire, François
Genoud (le Testament d'Hitler) se vantait dans une interview il
y a quelques années, des liens de coopération existant
entre nazis d'aujourd'hui et Palestiniens, et rien ne nous permet
de remettre en question son témoignage actuellement. La
forme de cette collaboration est seulement devenue plus discrète.
Elle ne s'affiche plus. Mais pourquoi ceserait-elle, alors que
les Nazis espèrent toujours combattre les Juifs et les
anéantir, ne fut-ce que par l'intermédiaire palestinien
?