DOSSIER : LES LIENS PRIVILÉGIÉS ENTRE NAZIS ET PALESTINIENS

 

A. Historique des Liens ayant existé entre les Nazis et le terrorisme musulman

 

On ne peut évoquer les liens entre les Musulmans et en particulier les Palestiniens, sans évoquer la personnalité du Grand Mufti de Jérusalem et ses liens avec le régime nazi, non pas seulement pour l’antériorité de ces rapports sur ceux que nous souhaitons éclairer dans ce dossier, mais parce que le Mufti Huseyni avait des liens de parenté directe avec de nombreux leaders importants du monde palestinien, en commençant par Yasser Arafat, dont il était l’oncle, et Fayçal Huseyni, dont il était l’aïeul. Cette parenté n’est pas sans effet, puisqu’elle est revendiquée par Arafat, comme elle est revendiquée par la famille Huseyni, et que les rapports de fidélité et de liens familiaux gèrent encore la société et la politique palestiniennes, où la logique des clans familiaux prévaut encore. Enfin, la figure emblématique du Mufti est aujourd’hui revendiquée par l’idéologie palestinienne comme celle d’un héros dont le modèle perdure en dépit ou en raison de son engagement pro-nazi. Il faut donc rappeller l’idéologie et les actions entreprises par le Mufti pour appréhender ce qu’un tel modèle implique comme programme.

 

I.               Pendant la seconde guerre mondiale

 

Pendant la seconde guerre mondiale, Hitler eut plusieurs projets de « réserve de Juifs », selon lesquels les Juifs pourraient survivre à la solution finale, mais devraient quitter l’Allemagne pour rejoindre un territoire où ils seraient « parqués », surveillés comme des animaux dans une réserve naturelle, avec l’interdiction de quitter ce pays. On sait, par exemple, par la correspondance privée de Goebbels (actuellement consultable au musée de Yad Vashem), que Goebbels tenta de convaincre Hitler de renoncer à la solution finale et d’appliquer le plan « de l’Afrique du Nord », qui prévoyait la mise en place de ce projet en Afrique du Nord, vraisemblablement au Maroc. La seconde solution concernait Israël, en profitant de l’existence d’un yishouv juif. Les exigences nazies comportaient aussi le paiement d’une rançon par individu juif, qui rendit le départ massif de Juifs vers Israël virtuellement impossible.

Cependant, ce furent les Arabes et non les Sionistes qui amenèrent les Nazis à revoir leur position « pro-sioniste ». Entre 1933 et 1936, 164 267 immigrants juifs arrivèrent en Palestine. dont 61 854 au cours de la seule année 1935 . La minorité juive se développa jusqu’à passer d’une proportion de 18% de la population en 1931, à 29,9% en décembre 1935, de sorte que les Sionistes purent envisager qu’ils constitueraient la majorité de la population dans un futur assez proche.

Les Arabes réagirent très vite face à ces statistiques. Il n’avaient jamais accepté le mandat britannique sur la Palestine et son but déclaré d’y créer un foyer juif. Dès 1920 et 1921 eurent lieu des émeutes. En 1929, après une série d’échauffourées entre Juifs et Arabs au Mur du Kotel, les musulmans massacrèrent plus de 135 Juifs, les Britanniques faisant à peu près autant de victimes chez les Arabes. La politique des Arabes de Palestine suivait une logique de clan. Le clan le plus nationaliste était celui des Husaynis, sous l’égide du Mufti de Jérusalem, al-Hajj Amin al-Husayni. Très pieux, il se méfiait aussi de toute réforme sociale qui pourrait mobiliser la masse paysanne illettrée des paysans Arabes palestiniens.

Il se mit donc en quête d’un soutien extérieur pour contenir des soulèvements internes. Son choix se porta sur l’Italie.

Cependant, le projet allemand pour créer une réserve de Juifs, ainsi que la présence de troupes allemandes en Egypte, favorisèrent la prise de contact des nazis avec le grand Mufti de Jérusalem pendant la guerre.

 

1. La rencontre d’intérêts

Le Mufti avait, quant à lui, ses propres visées sur les possibilités offertes par sa collaboration avec le régime nazi. La photo ci-contre le montre lors de l’une de ses rencontres avec Hitler.

Le 21 Juillet 1937, il décida de reserrer ses liens avec l’Allemagne en rendant une visite officielle au Consul général allemand Döhle en Palestine.

Il présenta son soutien en faveur de la politique menée par l’Allemagne, en déclarant « qu’il voulait savoir jusqu’à quel point le Troisième Reich était prêt à soutenir le mouvement arabe contre les Juifs ». Bien que les Allemands aient officiellement refusé de changer leur politique, ils décidèrent de porter plus d’attention à la Palestine. La révolte arabe de 1936-1939 avait déjà bénéficié de l'appui direct, financier et militaire, de l'Allemagne et de l'Italie. Les Archives du Haut Commandement de l'armée allemande saisies à Flensburg après la deuxième Guerre Mondiale avaient livré un rapport selon lequel "seuls les fonds mis à la disposition du Grand Mufti de Jérusalem par l'Allemagne lui avaient permis d'organiser la révolte de Palestine."

En septembre 1937, deux jeunes officiers SS, Karl Adolf Eichmann et Herbert Hagen, furent envoyés en Palestine, « afin de se familiariser avec le pays et son mode de vie, et d’établir des contacts avec les gens », dont le Mufti. Il y eut donc rencontre entre ces représentants du régime nazi et les représentants du Mufti. Leurs tractations constituaient, en fait, les préliminaires de la liquidation "à l'allemande" du Foyer National Juif en Palestine. La presse arabe de l'époque s'associait au "Martyre du peuple allemand sous le joug de la juiverie internationale". Des portraits d’Hitler, Mussolini et des drapeaux nazis, étaient fréquemment arborés par les populations arabes.

 

Bien que le Mufti ait échappé à plusieurs arrestations des autorités britanniques, il se refusa à se réfugier parmi les Libanais musulmans, il se trouva bientôt investi par le Reich de la fonction d’agent de l’Allemagne nazie en Palestine. Ce rôle devait parfaitement lui convenir, car, selon Brenner, un spécialiste de l’histoire de cette période, le Mufti figurait parmi les bénéficiaires des salaires versés par Abwehr II, la division allemande de sabotage et de la contre-intelligence. Yisraeli, quant à lui, estime que le Mufti commença à percevoir de l’argent allemand  dès 1936 ( David Yisraeli, 'Germany and zionism', Germany and the Middle East, 1835-1939). En 1938, Abwehr II avait pour plan de livrer des cargaisons entières d’armes au Mufti, par le biais de l’Arabie saoudite et de l’Irak. Les transferts furent annulés devant les vives protestations des Britanniques.

Comme les forces de l’Axe ne pouvaient s’immiscer plus avant dans la politique en Palestine, ce fut l’Irak qui devint victime de ces alliances à travers l’organisation massive du Mufti. Les Irakiens en firent un héros national, et il établit son quartier général à Bagdad. Le gouvernement irakien finança ses activités, ainsi que ses nombreuses « oeuvres de charité », établissant des taxes particulières touchant les officels irakiens, ainsi que des donations aux Arabes palestiniens. S’ajoutaient à tout cela de très importantes contributions émanant de l’Allemagne, de l’Italie, de l’Arabie saoudite, et de l’Egypte. Tout cela permit au Mufti de vivre très confortablement tout en menant sa propagande contre les Juifs et les Anglais.

Sa propagande consistait à établir un groupe d’officiels irakiens en faveur de l’Axe. Au début de 1941, le Mufti et le « Cercle d’Or » d’officiers de l’armée irakienne pro-allemands, menés par Rashid Ali, forcèrent le premier ministre irakien, Nuri Said Pasha, pro-britannique, à démissionner. En mai, il déclara le jihad contre la Grande Bretagne. Cela signifiait que les Musulmans, ou du moins ceux qui décidaient de suivre son édit, étaient tenus de combattre l’Angleterre, « ce grand ennemi de l’Islam. » Le coup en faveur de l’Axe fut d’une efficacité limitée dans le temps. En quelques mois, les troupes britanniques écrasèrent la rebellion, et le Mufti dut disparaître à nouveau, cette fois pour l’Allemagne, en passant par l’Iran, la Turquie, et le bureau de Mussolini à Rome.

 

Le Grand Mufti de Jérusalem Haj Amin el-Husseini passant en revue les troupes musulmanes bosniaques – une unité des "Divisions Hanjar (Sabre) » de la Waffen SS, qu’il avait personnellement recrutées pour Hitler

 

 

2. Le Mufti à Berlin

 

Le Mufti avait accusé les Juifs irakiens d’avoir été à l’origine de l’échec du coup d’État en Irak. Il traita les Juifs de « cinquième colonne de l’Irak », eux dont les ancêtres étaient installés dans ce pays depuis l’exil de Babylone. Des soldats irakiens et des civils convaincus par le Mufti, attaquèrent les Juifs qui s’étaient rassemblés en public pour accueillir le nouveau gouvernement. Les conséquences furent terribles : 600 Juifs furent tués, des milliers blessés dans le Fahrud, et 586 magasins et hangars vandalisés et pillés. Une commission d’enquête, nommée par le gouvernement irakien, découvrit que Haj Amin avait été l’une des personnalités instigatrices du pogrom. Comme sa politique avait progressivement consisté à accuser les Juifs des maux dont souffrait le pays, nulle surprise qu’il se soit allié au gouvernement nazi à Berlin.

Le 20 Novembre 1941, le ministre allemand des affaires étrangères, Joachim von Ribbentrop, le reçut à Berlin. Leur conversation fut un préalable à la conversation du Mufti avec Hitler. Les thèmes abordés furent rapportés fidèlement dans le carnet de notes de Ribbentrop et dans le journal personnel du Mufti :

« Le Mufti.... Les Arabes sont les amis naturels des Allemands... C’est pourquoi ils sont prêts à collaborer avec l’Allemagne de tout leur coeur et à participer à une guerre, non seulement de façon négative, en commettant des actes de sabotage et en instigant des révolutions, mais aussi positivement, en formant une légion arabe. Dans cette lutte, les Arabes se battent pour l’indépendance de la Palestine, de la Syrie, de l’Irak... Le Führer avait, quant à lui, l’intention de demander aux nations d’ Europe de régler l’une après l’autre leur propre « problème juif » et d’adresser le temps venu le même message aux nations non-européennes...

 

L’échange était clair : une fois les armées entrées dans le Caucase, Hitler se débarrasserait de tous les Juifs est-européens, et le Mufti devait quant à lui obtenir le soutien des Musulmans des Balkans, et des républiques soviétiques où ils constituaient des groupes importants. Puis Hitler « libèrerait » les peuples arabes qui souhaitaient leur indépendance et les aiderait à exterminer les Juifs du Moyen Orient.

En fait, des documents découverts récemment par la BBC montrent qu’un parachutage de commando eut même lieu, devant aboutir à l’établissement d’une base, espionnant, et travaillant au recrutement de combattants palestiniens avec l’or nazi. Le groupe était sous le commandement du Colonel Kurt Wieland, un arabisant qui connaissait bien la Palestine. Le projet échoua après que le parachutage, en Octobre 44, ait eu lieu bien trop au Sud de Jéricho (le pilote, perdu, parachuta les hommes d’une hauteur excessive) et que deux des hommes de Wieland aient été capturés. Wieland resta caché dans un village arabe avec deux de ses compagnons, puis dans une grotte, et, enfin dans un monastère. Ils ne trouvèrent aucun soutien pour organiser un soulèvement arabe, et une semaine plus tard, ils étaient faits prisonniers. Les deux derniers hommes de la mission n’ont jamais été retrouvés.

 

 

3. Les activités du Mufti sous le troisième Reich

Le Mufti, sponsorisé par l’Allemagne nazie, étendit ses velléités vers le Moyen Orient mais aussi vers les autres zones géographiques habitées par des Juifs. Ses activités consistaient en 1) de la propagande radio 2) de l’espionnage 3) l’organisation des Musulmans en unités militaires dans les pays occupés par les forces de l’Axe 4) la mise en place de légions arabes contrôlées par les Allemands ainsi que la Brigade arabe.

 

Sa plus grande réussite fut le recrutement de dizaines de milliers de Musulmans en Bosnie-Herzégovine et en Albanie pour les Waffen SS. Ses légions arabes participèrent plus tard au massacre de dizaines de milliers de Serbes, de Juifs et de bohémiens. En 1943, il y avait 20 000 musulmans sous les drapeaux allemands et sa « division » de Waffen SS, les Handshar (voir George Lepre, Himmler's Bosnian Division. The Waffen-SSHandschar Division 1943-1945, Schiffer Military History, Atglen, PA, 1997).

Mais l’aventure des Balkans ne constituait qu’une partie de l’activité du Mufti, dont les préoccupations étaient centrées sur les Juifs de toute la planète. Dans la protestation annuelle contre la déclaration Balfour, qu’il mit en scène dans le grand hall de la Luftwaffe à Berlin en 1943, il s’attaqua à « la conspiration anglo-saxonne et juive », et déclara que le traité de Versailles était un désastre à la fois pour les Allemands et les Arabes. Mais les Allemands, dit-il, savaient se débarrasser des Juifs.

Le 1er mars 1944, il ajouta dans un bulletin radiophonique : « Arabes, soulevez-vous et battez-vous pour vos droits sacrés. Tuez les Juifs là où vous les trouverez. Cela est agréable à Dieu, à l’Histoire, et à la religion. Cela sauve votre honneur. » Le Mufti participait déjà à la solution finale. Il rendit même visite à Auschwitz où il admonesta les gardes près des chambres à gaz en leur enjoignant de travailler plus diligemment.

 

                          

Revue de troupe des Waffen SS musulmans par le Mufti, à Berlin...

 

 

Un dirigeant des Waffen SS musulmans. On notera l’insigne nazi du fez

Revue des troupes de Waffen SS par des officiers nazis allemands en compagnie des officiers nazis bosniaques musulmans

Prière musulmane par les Waffen SS musulmans

Prière musulmane par les Waffen SS musulmans

Visite du Mufti aux Waffen SS musulmans. Conseils donnés à une jeune recrue...

Revue de troupes par des officiers nazis allemands et bosniaques musulmans

Volontaires musulmans bosniaques dans l’armée allemande nazie pendant la pause...

 

 

 

II.             Après la guerre : l’héritage du Mufti

Sami al-Joundi, l’un des fondateurs du parti Baath règnant sur la Syrie, rappelle : « Nous étions racistes. Nous admirions les nazis. Nous étions immergés dans la littérature nazie et ses livres... Nous fûmes les premiers à penser à faire une traduction de Mein Kampf. Toute personne vivant à Damas, à cette période, fut témoin de cette inclination arabe pour le nazisme. »

Ces enseignements ne cessèrent jamais tout à fait. Actuellement, Mein Kampf tient la sixième place au palmarès des best sellers arabes palestiniens. Luis Al-Haj, traducteur de l’édition arabe, écrit avec fierté dans la préface comment l’ »idéologie » d’Hitler et ses « théories du nationalisme, de la dictature, et de la race sont en progression constante actuellement dans ‘nos’ ([leurs]) états arabes. »

 

Dans leur article daté du 3 octobre « l’antisémitisme arabe » publié sur un site allemand d’internet, Thomas von der Osten-Sacken et Thomas Uwer mettaient en évidence les liens ayant existé entre le président égyptien Anwar al-Saddat et d’un groupe d’officiers égyptiens auquel il avait appartenu  avec les nazis. Ce groupe était issu des fameuses « chemises vertes », groupe nazi organisé pendant la guerre en Egypte par les nazis. Gamad Abd al-Nasser quant à lui, déclarait dans le Deutsche National Zeitung du 1er mai 1964 que « pendant la seconde guerre mondiale, nos sympathies allaient aux Allemands. » (« während des Zweiten Weltkrieges unsere Sympathien den Deutschen gehörten »).

Dans la plupart des pays arabes, les anciens nazis trouvèrent un emploi à leur mesure après la guerre, un bon nombre d’entre eux en tant que conseillers « aux questions juives », d’autres comme responsables de questions touchant aux relations avec Israël.

 

Tableau des nazis devenus conseillers des pays arabes

 

Altern Erich, alias Ali Bella

 

Chef régional SD, Affaires juives en Galicie

Années 50 en Égypte puis instructeur de camps palestiniens

 

Appler Hans, alias Salah Chaffar

 

Information avec Goebbels

Égypte, ministère de l'information (1956)

Bartel Franz, alias el‑Hussein

 

Adjoint au chef de la Gestapo à Kattowitz (Pologne)

Depuis 1959, Section juive du ministère de l'Information au Caire

 

Baurnann, SS Standartenührer

 

Participe à la liquidation du Ghetto de Varsovie

Ministère de la Guerre au Caire : instructeur Front de libération de la Palestine

 

Bayerlein, col. Fritz

 

Aide‑de‑camp de Rommel

Égypte

Becher Hans

 

Section juive Gestapo, Vienne

Alexandrie (Égypte) : y instruit la police

Beissner, Dr Wilhelm

 

Chef Section VI C 13 RSHA

Égypte

Bender Bernhardt, alias Béchir Ben Salah

 

Gestapo, Varsovie

Conseiller de la police politique au Caire

Birgel Werner, alias El‑Gamin

 

Officier SS

Vient de RDA au Caire, au ministère de l'Information

 

Boeckler Wilhelm, SS Untersturmführer

 

Recherché en Pologne pour son rôle dans la liquidation du Ghetto de Varsovie

En Égypte depuis 1949, travaille au département Israël du Bureau d'informations

 

Boerner Wilhelm, alias Ali Ben Keshir, SS Untersturmführer

 

Gardien du camp de Mauthausen

Dépend du ministère de l'Intérieur égyptien, instructeur du Front de libération de la Palestine

 

Brunner Aloïs alias Georg Fischer, Ali Mohammed

 

SD, responsable déportations Autriche, Tchécoslovaquie, Grèce, Chef du camp de Drancy (France)

Damas, conseiller des services spéciaux RAU puis syriens. Résident BND

Buble Friedrich, alias Ben Amman, SS Obergruppenfùhrer

 

Gestapo

Dir. Département égyptien des relations publiques — 1952 conseiller de la police égyptienne

 

Bünsch Franz

Collaborateur de Goebbels à la propagande, co‑auteur avec Eichmann de : Les Habitudes sexuelles des juifs

Correspondant du BND au Caire puis en 1958 organisateur des SR d'Arabie saoudite pour le BND

 

Bunzel Erich, SA, Obersturmführer

Collaborateur de Goebbels

Département Israël, ministère de l'Information au Caire

 

Daemling Joachim, alias Jochen Dressel ou Ibrahim Mustapha

 

Chef de la Gestapo de Düsseldorf

Conseiller système pénitentiaire égyptien, fait partie des services de Radio‑Le Caire

Dirlewanger Oskar, Oberführer

Chef 36e Waffen SS (URSS, Pologne)

Au Caire depuis 1950 selon certaines sources, d'autres affirment qu'il est décédé le 7 juin 1945 en résidence surveillée en Allemagne. Une exhumation de son cadavre aurait eu lieu en 1960

 

Eisele Dr Hans

 

Médecin chef camp de Buchenwald

Décédé au Caire, le 4 mai 1965

Farmbacher Wilhelm, LieutenantGénéral SS

 

Wehrmacht front Est, supervise l'armée Vlassov en France en 1944

Conseiller militaire de Nasser

Gleim Leopold alias Lt‑Col. Al Nashar

Chef du SD à Varsovie

Cadre de la Sécurité d'État égyptienne chargé des détenus politiques sur la mer Rouge

 

Gruber, alias Aradji

Recruté par Canaris en 1924; réside en Égypte

1950 : agent d'influence en direction de la Ligue arabe

 

Heiden Ludwig, alias el‑Hadj

journaliste à l'agence antijuive Weltdienst (NSDAP)

Converti à l'Islam, traduit Mein Kampf en arabe, résidant en Égypte vers 1950

 

Heim Heribert, SS Hauptsturmführer

 

Médecin de Mauthausen

Médecin de la police égyptienne

Hithofer Franz

 

Cadre de la Gestapo à Vienne

Égypte, années 50

Leers, Dr Johannes von, alias Omar Amin

Adjoint de Goebbels, chargé de la propagande antisémite

Responsable de la propagande anti‑israélienne au Caire depuis 1955

 

Luder Karl

Chef des jeunesses hitlériennes, responsable de crimes antisémites en Pologne

Ministère de la Guerre au Caire

Mildner Rudolf, SS Standartenführer

Chef de la Gestapo à Kattowitz, chef de la police au Danemark

Depuis 1963, vit en Égypte, membre de l'organisation Deutscher Rat

 

Moser Aloïs, Gruppenführer SS

Recherché en URSS pour crimes contre les juifs

Instructeur des mouvements paramilitaires de jeunesse au Caire

 

Münzel Oskar

Général SS blindés

Conseiller militaire au Caire, années 50

 

Nimzek Gerd von, alias Ben Ali

 

En Égypte, années 50

 

Oltramare Georges, alias Charles Dieudonné

Directeur du Pilori en France sous l'Occupation

Responsable de l'émetteur La Voix des Arabes au Caire. Décédé en 1960

 

Peschnik Aehim Dieter, alias el‑Saïd

 

Réside en Égypte

 

Rademacher Franz, alias Thomé Rossel

1940‑1943, dirige la section antijuive aux Affaires étrangères

journaliste à Damas

Rauff Walter

Chef du SD en Tunisie

Au Moyen‑Orient (Syrie) jusqu'en 1961. Arrêté, puis relâché au Chili, le 4 décembre 1962

 

Seipel, SS Sturmbannführer, alias Emmad Zuher

Gestapo à Paris

Converti à l'Islam. Service de sécurité du ministère de l'Intérieur au Caire

 

Sellmann Heinrich, alias Hassan Suleiman

Chef de la Gestapo à Ulm

Ministère de l'Information au Caire, Services spéciaux égyptiens

 

Thiemann Albert, alias Amman Kader

Officier SS en Tchécoslovaquie

Ministère de l'Information au Caire

 

Weinmann Erich, SS Standartenführer

Chef SD, Prague

Déclaré mort en 1949. En fait à Alexandrie conseiller de la police

 

[1]

 

Ces conseillers et anciens nazis contribuèrent à faire croître l’antisémitisme dans les pays arabes, et à entretenir l’opposition des pays arabes à l’existence de l’Etat d’Israël.

Ils entretinrent une tradition de haine envers les juifs, qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui dans tous ces pays.

Enfin, c’est dans cette perspective que l’on doit lire les caricatures éminemment antisémites encore si nombreuses dans la presse arabe, égyptienne, et jordanienne, et qui sont tout droit inspirées par la propagande nazie.

 

Couverture d’un livre

jordanien datant de 1991,

et montrant l’utilisation

de la propagande nazie

Un journal jordanien, Al-Sabil, écrivait par exemple en 1999, « nous devons apprendre de nos modèles, et entreprendre ce qui est important pour nos voeux d’Arabes. Hitler a atteint, ce qu’aucun Arabe n’est parvenu à faire jusqu’à aujourd’hui : il a purifié son pays des Juifs. Considérez Hitler et reprenez ainsi espoir d’une Jérusalem libérée. »

 

Lorsque la police palestinienne salua pour la première fois Arafat dans les zones autonomes, elle lui offrit le tribut du salut Nazi, le bras droit tendu et dressé vers le haut.

Enfin, en 1985, Arafat déclara qu’il était honoré de marcher dans les pas du Mufti Huseyni, et il ne manque jamais une occasion de célébrer sa mémoire et de revendiquer son lien de parenté avec ce personnage devenu héros national.

En 1951, un proche parent du Mufti, nommé Rahman Abdul Rauf el-Qudwa el-Husseini, s’inscrivait à l’Université du Caire. Cet étudiant décida alors de cacher sa véritable identité et s’inscrit sous le nom de "Yasser Arafat."[2]

 

 

IV.          Les Partis arabes inspirés du nazisme

La collaboration arabo-nazie continua sous deux formes après la guerre. Il y eut, d’une part, survivance de groupes nazis arabes fondés par les nazis ou ex-nazis, comme les chemises vertes en Egypte. Il y eut, d’autre part, une source d’inspiration directe des mouvements nationalistes arabes sur le modèle nazi.

Affiche de propagande arabe mettant en scène canons, avions et drapeaux nazis

 

Le parti du "Hisb-el-qaumi-el-suri" (PPS) ou Parti National Socialiste en Syrie en est un exemple. Son leader, Anton Saada a copié son style sur le Führer de la nation syrienne, et Hitler devint connu dans ce pays sous le nom de "Abu Ali" (En Egypte son nom était "Muhammed Haidar"). La bannière du PPS portait la svastika sur un fond noir et blanc. Plus tard, une branche libanaise du PPS, qui recevait encore ses ordres de Damas, fut impliquée dans l’assassinat du président libanais Pierre Gemayel.

Le parti le plus influent qui s’inspira des nazis fut celui de la « Jeune Egypte », fondé en octobre 1933. Il disposait de troupes de choc, organisait des processions avec des torches, et utilisait des traductions littérales extraites de Mein Kampf, telles que « un peuple, un parti, un leader. » Ce parti prônait des actions héritières de l’antisémitisme nazi, dont des appels à boycotter les entreprises ou les commerces juifs et à attaquer physiquement des Juifs.

Après la guerre, un membre de la « Jeune Egypte », appellé Gamal Abdul Nasser, fut parmi les officiers qui menèrent la révolution de juillet 1952 en Egypte. Leur première action politique, à  l’instar d’Hitler, fut d’interdire tous les autres partis politiques. L’Egypte de Nasser, de notoriété publique, devint un havre de paix pour les ex-nazis, dont le Général SS qui avait été chargé de l’élimination de la communauté juive ukrainienne. Il devint le bras droit de Nasser, et son garde du corps. Alois Brunner, autre ex-nazi connu, trouva refuge à Damas, où il servit de nombreuses années de conseiller en chef du l’Etat Major syrien. Il vit toujours à Damas.

 

B. Les Liens particuliers des Palestiniens avec Les Nazis

 

V.             Les liens financiers et militaires des néo-nazis et de l’OLP

Il est particulièrement important de rappeler les liens entretenus par les mouvements palestiniens de l'OLP, du FDLP, et du NAYLP avec les mouvements nazis.

Ces liens sont d'autant plus importants qu'ils éclairent d'une façon logique les constantes et la continuité entre l'antisémitisme nazi et palestinien : plus de surprise, en effet, au vu des caricatures antisémites et des théories diffusées dans les livres scolaires palestiniens, si l'histoire récente révéle des liens assidus entre mouvements nazi et palestinien.

 

 

  1. Les origines: une association très officielle

 

L'OLP est fondée par Yasser Arafat en 1968. Le 23 octobre 1970, le Nazional Zeitung, journal nazi publié à Münich, publie l'annonce suivante:

"On recherche! de courageux camarades prêts à se joindre à nous, un groupe d'amis politiquement engagés, pour un voyage au Moyen Orient comme correspondants de guerre pour étudier la GUERRE DE LIBERATION des réfugiés palestiniens afin de reconquérir leur pays. Si vous avez une expérience des tanks, présentez immédiatement vos candidatures. L'argent n'est pas un obstacle. Seuls comptent l'esprit de camaraderie et le courage personnel. Toute information sur l'Organisation de Libération de la Palestine sera fournie sur demande."

Annonce originale du Nationalzeitung du 23 Octobre 1970, « Freiheitskamp », republiée pendant environ cinq ans

Lorsque George Habash lança son premier commando du FPLP sur Rome en 1968, il était un fervent marxiste léniniste, et son engagement politique pourrait paraître opposé à cette alliance visible entre nazis et OLP. Néanmoins, nous le verrons, les liens entre l'OLP et les mouvements d'extrême gauche n'empêchèrent jamais l'existence de liens parallèles de l'OLP avec les mouvements de l'extrême droite européenne. Feltrinelli lui-même (un des leaders de l'extrême gauche révolutionnaire italienne de l'époque) lui avait conseillé d'internationaliser le conflit et de "prendre contact avec d'autres mouvements révolutionnaires"[3]. Habash n'avait pas besoin d'adhérer à toutes les idées de Feltrinelli pour embrasser le point central de cette perspective, ainsi que le révèle l’une de ses déclarations: "Nous pensons que tuer un Juif loin du champ de bataille est plus efficace que de tuer cent Juifs sur le champ de bataille, parce que cela attire plus l'attention."[4]

Les liens historiques entre Palestiniens remontent à l'entente et aux accords ayant existé entre le Mufti de Jérusalem et l’Allemagne nazie. Néanmoins, on aurait pu penser que ces liens circonstanciels auraient changé après la guerre et le procès de Nüremberg, qui avait abouti à un consensus mondial de l'opinion publique contre le nazisme.

En 1970, cependant, l'OLP est un mouvement nouveau-né, prêt à toute alliance lui procurant un soutien militaire et financier, et ce mouvement s'allie avec l'internationale extrême droite sans se soucier du fait que les nazis rejettaient autant les Arabes que les Juifs.

 

2. L'organisation de l'internationale fascisante

L'internationale de l'extrême droite néo-nazie opérait à partir de Paris, sous le nom d'Ordre Nouveau européen. Ce groupe était composé d'anciens nazis et de sympatisants plus récents du nazisme, de fascistes, d'anciens vichissois convaincus, de franquistes, et de partisans de Salazar au Portugal, d'anciens fascistes de Mussolini, et de la junte militaire de la Grèce des colonels. L'internationale rouge et l'internationale dite « noire », d’extrême droite, opéraient parfois même ensemble, partageant des buts communs de démantelement des démocraties. C'est ainsi que le prince italien fasciste Valerio Borghese eut des rencontres répétées avec le militant communiste Feltrinelli en Suisse en 1971.[5]

Le tableau se complique encore si l'on prend en compte les rapports très récents de juges italiens concernant les résultats des enquêtes faites sur les mouvements terroristes ayant opéré dans l'Italie des années 70. En effet, leurs rapports ont mis en évidence le noyautage systématique de tous ces mouvements par des agents provocateurs de la CIA dont le but évident a consisté à déstabiliser la démocratie  italienne dans l'espoir que l'Italie demande aide et support aux Etats-Unis, ce qui fut presque obtenu à la fin des années 70, lorsque l'Italie parvint à se redresser in extremis de sa situation de crise intérieure. En conséquence, il est clair que les USA, par le biais de la CIA, étaient parfaitement au courant des liens existant entre l'internationale néo-nazie et les Palestiniens.

 

 

3. L'aide néo-nazie et l'OLP

Le premier sommet de l'internationale néo-nazie eut lieu le 2 avril 1969 à Barcelone. Ce "congrès" très particulier bénéficia de toutes les bénédictions du Général Franco. Deux représentants du Fatah, branche armée de l'OLP de Yasser Arafat, étaient présents. Quelques mois plus tard, le FPLP de Habash rejoignait l'OLP et le Fatah. Nul doute que le soutien obtenu à Barcelone avait convaincu Habash des chances de Yasser Arafat et avait ainsi contribué à ce rapprochement.

Lors du congrès de Barcelone, les délégués du Fatah traitèrent des levées de fonds, des besoins d'organisation de trafic d'armes, et du besoin en instructeurs militaires qu'ils trouvèrent, tout naturellement dans les anciens officiers nazis. Un recrutement de la jeunesse arienne fut même mis en place pour soutenir les forces du Fatah, ainsi que l'établissement d'un réseau d'éléments prêts à collaborer à des actions terroristes en Europe. Les premiers slogans de propagande furent mis au point, tels que "Vive les glorieux combattants palestiniens s'opposant à l'imperialsionisme !", et les « classiques antisémites » comme le faux fameux des Sages de Sion circulèrent, ainsi qu'un nouveau livre sur Israël, portant le titre "L'ennemi de l'Homme".

Après la conférence de Barcelone plusieurs instructeurs militaires nazis partirent immédiatement pour le Moyen-Orient pour former les Palestiniens, dont Erich Altern, alias "Ali Bella", ancien dirigeant régional des Affaires Juives de la Gestapo pour la région de la Galicie. [6]

Le 28 mars 1970, un autre sommet de l'Internationale néo-nazie se tint à Paris, où un ancien officier SS Belge mit son parti "totalement et inconditionnellement au service de la résistance palestinienne". Cet ex-officier SS était Jean Robert Debbaudt.[7]

Le 16 septembre 1972, dix jours à peine après le massacre des athlètes israëliens à Munich, se tint un autre sommet néo-nazi en faveur des Palestiniens dans cette même ville. La police allemande n'était apperamment pas au courant de la tenue de ce rassemblement, qui était pourtant le plus grand rassemblement nazi depuis la guerre. Des délégués fascistes italiens étaient aussi présents. Ils furent interviewés à leur retour à Rome par Sandra Bonsanti.[8] Six cents délégués nazis applaudirent les délégués palestiniens pour leur "exploit". Ils distribuèrent aussi des livrets relatant comme une oeuvre glorieuse l'assassinat de Robert Kennedy par un Palestinien, Sirhan B. Sirhan, dont la photo portait comme sous-titre "Je l'ai fait pour mon pays". Un second sous-titre portait pour mention : "Le véritable coupable, le sionisme, court toujours."

Une autre conférence "eut lieu le 4 mars 1974 à l'hôtel Hilton de Rome. Le Colonel Kadafi envoya son premier ministre Ahmed Jalloud chargé de verser sa contribution aux groupes néo-nazis. Simultanément, Kadafi finançait déjà le groupe pro-palestinien de Carlos, à Paris. Le groupe de Carlos recevait des armes fournies clandestinement par Petra Krause, une anarchiste suisse dont les parents étaient morts dans les chambres à gaz d'Auschwitz, et qui devait ignorer toutes les ramifications de ce mouvement.

Des camps d'entraînement des Palestiniens furent organisés par cette Internationale néo-nazie, dans les Pyrénnées espagnoles, et dans le Alto Adige italien (à Malta Croun). Le camp de Malta Croun en particulier était mené par le groupe fasciste Avanguardia Nazionale, et visait à "forger la jeunesse palestinienne."[9]

 

A partir de la fin des années 70, on perd la trace des liens néo-nazis/OLP, au profit des liens entre l'extrême gauche, Cuba, et l'OLP.

Rien, cependant, à ce point de notre enquête, ne permet de dire que ces liens, qui n'avaient pas été conçus comme contradictoires avec les liens entretenus avec l'extrême gauche, aient été effectivement rompus. Nous verrons que les récentes attaques terroristes internationales de ces dernières années suggèrent au contraire une continuité de cette collaboration.

 

VI. Thématique du Nationalzeitung et propagande palestinienne

La suite de notre enquête nous a permis d'affiner notre perception du journal Nationalzeitung, journal nazi fondé en 1932 et continuant sa diffusion jusqu' aujourd'hui.

Ainsi que décrit précédemment, ce journal publiait deux fois par mois des annonces enjoignant aux officiers et militaires nazis de rejoindre les camps de formation des combattants de l'OLP en Palestine dans les années soixante dix.

Le contexte dans lequel ces annonces paraissait est important, et il faut resituer l'évolution de la communication de ce journal pour comprendre l'évolution des annonces de l'OLP en son sein. Le ton et la forme vont, en effet, évoluer, jusqu'à devenir l'actuelle propagande pro-palestinienne, qu'elle soit issue de ce journal, ou rediffusée à présent partout.

 

1. Les thèmes favoris du Nationalzeitung de 1970 à 1990

Le Nationalzeitung est un journal ouvertement pro-hitlérien quelle que soit la période considérée, mais ses techniques de communications ont évolué, devenant de plus en plus subtiles et pernicieuses.

Ainsi, dans les années 60-70, ce journal commença par nier systématiquement la Shoah. Chaque sortie du journal, (deux fois par mois à l'époque, sans doute par manque de fonds, hebdomadaire actuellement), ne manque pas de consacrer un minimum de deux pages entières à cette entreprise révisionniste. Non, les Juifs ne sont pas morts selon un plan de destruction de masse. Ils étaient bien nourris. Des photos truquées, en noir et blanc, mettent en scène des hommes torse nu, la panse dodue, en train de creuser de petits canaux,  et semblant ne pas trop forcer à l'ouvrage. Titre: "Voilà ce qu'il se passait réellement à Auschwitz ! "

Le numéro suivant parle de la catastrophe du typhus, qui a décimé les prisonniers de ces camps juste avant l'arrivée des Américains.

Le numéro suivant parle de "la vérité sur les morts surnumériques des camps de concentration: ce sont les forces alliées qui ont tué les Juifs en prenant les camps. La preuve: les camps ont souvent été incendiés à l'arrivée des Alliés, et parmi les cadavres, nul doute que l'on pourrait trouver de braves soldats allemands, qui se sont acharnés à défendre les prisonniers de la barbarie... »

Mieux encore, le Nationalzeitung propose une nouvelle version de l'histoire, en se fondant sur la reproduction d'une première page d'un journal anglais ayant publié juste avant la guerre, un article titrant: "les Juifs ont déclaré la guerre à l'Allemagne", et évoquant par cette métaphore la tentative des Juifs de boycott de l’Allemagne.



Détournement de la métaphore du titre du Daily Express en déclaration de guerre 

Le journal cite ensuite les propagandes antisémites de l'avant-guerre, lorsque les pays d'Europe, à qui Hitler avait proposé d’accueillir les Juifs, avaient refusé. Et le journal allemand de commenter: "Et ils osent prétendre que c'est nous qui avons tué les Juifs..." Un autre numéro explique quel avait été le "réel plan d'Hitler pour les Juifs". Pas une destruction totale ou un génocide, mais l'installation d'un état juif à Madagascar... Et de commenter: « on n'en serait pas à la situation actuelle si les Juifs n'étaient pas partis en Palestine... »

La technique de communication de ce journal passe par deux principes: les formules chocs, et les répétitions. Un même article peut être repris cinq fois en un an, une même photo dix fois. Ces répétitions finissent par créer une mémoire inconsciente, car la même photo, utilisée parfois dans un autre contexte, se révèle familière, puis connue, puis admise comme vraie puisqu'elle est admise par la mémoire comme connue. Et ce qui nous paraîtrait invraisemblable dans un journal « normal », voire proche de l'escroquerie du lecteur, ne choque apparemment personne dans le public nazi: il est bon de répéter les contre-vérités, et de les faire ainsi admettre par tous comme étant vraies...

Vers le milieu des années soixante-dix, un nouveau thème apparaît, qui est significatif à la fois quant au fond et à la forme. "Ce ne sont pas les Allemands qui ont commis un holocauste, mais les alliés qui sont coupables d’un holocauste des Allemands. Six millions d'Allemands sont morts dans cet holocauste!".

Exemples du thème de l’holocauste des Allemands : « Le génocide des Allemands »

 

Le massacre de Katyn (soldats allemands tués gratuitement par les Russes) remplit régulièrement les co