C
et ouvrage est né d'une
ambition fort modeste proposer un aperçu de la pensée
stratégique et de son application sur les champs de bataille,
depuis les Premiers affrontements majeurs connus de la haute
Antiquité jusqu'à ceux du Xxe siècle de
notre ère, à travers soixante-quatre présentations
d'événements militaires et de stratèges.
Nous l'avons voulu clair concis mais détaillé.
Un ordre à la fois thématique et chronologique
des clés d'entrée, les renvois, un index abondant,
des citations représentatives d'une pensée ou d'une
réalité, les cartes et croquis, une bibliographie
sommaire pour chaque entrée : nous avons souhaité
que cet ouvrage puisse être utilisé comme un outil.
Du reste, en entreprenant ce travail, nous n'avons jamais cherché
à atteindre ce à quoi nul ne peut raisonnablement
prétendre en parlant de stratégie militaire : l'exhaustivité.
Et lorsque les grands analystes contemporains de la chose militaire
et stratégique, historiens de haut vol comme John Keegan,
ou analystes intuitif et " blanchis "sur les terrains
d'affrontements tels que Gérard Chaliand, s'approchent
effectivement de l'exhaustivité et parviennent avec talent
à offrir de larges horizons, ils sont confrontés
au sempitemel problème de la définition de la stratégie,
de ses acceptions multiples, de ses liens complexes avec, en
amont, le politique, et en aval le tactique. Qu'est-ce que la
stratégie ? Même en ne considérant ce concept
que dans son acception militaire (et non politique ou économique),
toute réponse semble insuffisante, malaisée, incomplète.
Surtout pas une science selon Clausewitz* pas védtablement
ou du moins pas seulement une discipline, peut-être un
art, la stratégie, à ce jour, ne connaît
pas vraiment de définition précise et unanimement
acceptée, ou plutôt, il en existe plusieurs en fonction
des critères qu'on voudra bien retenir. Cest d'ailleurs
ce que montre Hervé Coutou-Bégade lui-même,
sans conteste le meilleur analyste et historien actuel de la
stratégie, dans son incontoumable et fort complet Traité
de stratéqie.