La parole enferme celui qui écoute
dans un cercle aléatoire
qui voudrait éloigner
le monde -
mais le monde
n'est pas changé ni concerné
par l'échange de ses symboles
incertains,par nos conventions
temporaires -
il reste aussi mystérieux
aussi rebelle
qu'au premier jour.
 
 
Je voudrais parler
la langue du monde.
Je voudrais connaître
la formule du vivant.
 
 
Le monde enferme celui qui l'interroge
dans un cercle étroit
qui voudrait abolir
la parole -
mais la parole
n'est pas changée ni concernée
par le flux de sa violence
sans recours,par le reflux de son silence
sans détours -
elle reste aussi mystérieuse
aussi rebelle
qu'au premier cri.
 
 
Le monde se tait:abrite le vivant
et le perd dans le même mouvement.
Le dernier homme
sur la dernière étoile
n'arrachera pas son secret.
Mais le noir silence
ultime gardera la trace
de notre appel sans retour.

Alain Sued
 

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