Organisés par DAVID MENDELSON
et MARLENA BRAESTER , avec le concours, notamment,de l'Ambassade et de
l'Institut Français de Tel-Aviv et de la Maison des EcrivainsIsraéliens
,les premiers "Entretiens Poètiques" de Tel-Aviv ont cherché
à faire le point sur la poésie Françaiseet
Francophone au tournant du 20 ème s.
Du 13 au 16 mai 99,poètes Français,Belges
et Israéliens se sont rencontrés,ont dialogué et leurs
textes et interventions donneront lieu à une publication.
Henri Meschonnic,Yves Broussard,directeur
de la revue "Sud" et votre serviteur apportèrent leurs
témoignages de poètes Français indépendants
dans un contexte souvent réduit à des discours de "clans".Eric
Brogniet et Christian Hubin représentaient la poésie Belge.
Le grand critique littéraire du "Haaretz",Benny Ziffer,
évoqua l'oeuvre de son maître,Max Bilen,poète francophone
d'origine turque.Michel Elial,créateur de la revue "Levant",Martine
Kauffman et Schlomo Elbaz présentèrent de nombreux poètes
Israéliens,juifs ,musulmans et chrétiens - parmi lesquels
Naim Araydi,Israël Eliraz, mais aussi les "grandes figures"
: Yehuda Amichaï et Nathan Zach...
Accueillis par Jean-François Chénin
et Roselyne Déry,la délégation Française et
le public aux multiples origines plantèrent le décor dans
une atmosphère d'osmose et d'émotion dense et perceptible.Yves
Broussard nous décrivit sans détours l'état actuel
d'un art longtemps à l'écoute de son temps et en quête
de la vérité de l'être sous les masques du discours
dominant,soudain prisonnier de "modes" et de "codes",de
"combines" et de "subventions",depuis les années
70,vouées à la "cassure" du langage et de la "signification".Henri
Meschonnic "démonta",lui,les rouages de ce...
nouveau "langage",oubliant
le "rythme" et la grammaire d'une poésie ,qui fut toujours
attentive aux oeuvres de ses "aînés",même
en feignant de les contester.Votre serviteur évoqua le tournant
de la Modernité voulu par Baudelaire,qui "sépara"
le poème du "sacré" et voulut que le poète
soit la voix
d'un monde blessé par l'Industrialisation
et la Capitalisation.
Eric Brogniet nous dit sa lente maturation
poètique à l'écoute de Celan, de Fondane et plaça son intervention sous le signe "benjaminien"
du "désenchantement du monde".
Christian Hubin nous plaça devant
les contradictions de la poésie Belge écartelée entre
la fuite
(Henri Michaux) et la reconnaissance
(abusive,selon lui,à l'étonnemnt du public,d'un Jacques Brel).
Les poètes Israéliens nous
démontrèrent l'étourdissante diversité des
inspirations et des courants d'une poésie venue de mille horizons
de la planète.Certains,comme Admiel Kouzman, choisissent de créer
à l'intérieur de références à la liturgie
et à la Tradition;d'autres,cherchant,qui dans
Saint-John Perse ,qui dans la référence
à Keats,un rattachement à la culture Européenne,comme
Moshe Ben Shaul,Artzion Bartana ,
Moshe Sartel,etc...
Les receptions à l'Ambassade de France ( Monsieur Bouillane de Lacoste
nous fit visiter la célébre villa de style Bauhaus dominant
la plage de Tel-Aviv) et à l'Ambassade de Belgique(située
à Herzlia) concrétisèrent par leur chaleur informelle
l'étonnante"unité" de ces journées,annonciatrices
d'autres "Colloques" sur le même thème et colorées
de la même volonté de connaissance mutuelle.
Schlomo Elbaz et Claude Sitbon se firent
les guides précieux de Jerusalem,faisant visiter les lieux saints
des trois monothéïsmes à des poètes d'horizons
divers ,tous émerveillés par leur passion communicative et
véritablement émus par cette traversée des siècles
et des "illuminations"!
Les premiers "Entretiens poètiques"
de Tel-Aviv ne resteront pas sans suites.
Il est vrai qu'en Israël,même
en période électorale,la Poésie universelle s'incarne
plus évidemment qu'ailleurs et continue de passionner les lecteurs!