Les fils de jacob

chez les fils du ciel

Des Juifs sur les rives du Wampoo

 

                                                                       Frédéric VIEY.

 

 

La longue saga du Peuple Juif est une mosaïque que les historiens depuis plus de deux siècles reconstituent ou actualisent. A travers la somme de documents qui existe sur la Chine, il est possible de retrace presque tout le quotidien de ces enfants d'Israël dans cette grande partie de l'Asie et ainsi visionner leur présence des Han à Mao. Afin de mieux comprendre l'installation des différents groupes juifs dans les grands centres de l'Empire du Milieu, il faut tout d'abord brosser le tableau général des axes  de pénétration en Chine aux différentes époques, tant de celui des Juifs que de celui des autres influences religieuses comme l'Islam ou le Bouddhisme. Dans un deuxième temps, il faudra voir plus particulièrement le destin fabuleux de la Communauté juive sinisée de Kaifeng.

 

L'histoire de l'installation des Juifs en Chine est si dense qu'il faut la diviser en 5 importants rameaux par voie terrestre et maritime :

 

1)    La Dynastie de Han, des marchands Juifs venant de

l'Ouest.

2)    Kaifeng, des Juifs au terme de la Route de la Soie.

3)    Des Communautés Juives dans l’Empire du Milieu.

4) Les Juifs d'Inde, originaires d'Irak à Shanghaï

5) Des Juifs aschkénazim en Chine au XXème siècle.

6) La Shoa ;

 

 

DES COMMUNAUTES JUIVES EN CHINE

 

Tout au long de cette longue histoire, les Communautés Juives ont pu s'installer et développer leur propre culture.

 

1)  Des Juifs sous les Han.

 

Dans la tradition chinoise, compte tenu des différentes invasions, la référence primordiale qui rattache chaque chinois est la dynastie des Han. Donc lors que les Jésuites ont pu rencontrer les Juifs de Kaifeng, leur première question fut:  "A quelle date êtes vous arrivés en Chine ?" Les Juifs de Kaifeng, fiers de leur culture chinoise répondaient comme tout chinois: sous les Han.

 

Or nous sommes à peu prés sur qu'il n'y a jamais eu de Juifs en Chine à l'époque des Han. Les premiers documents que l'on trouve sur la présence de juifs en Chine sont :

 

 I) Un morceau de lettre en Judéo-Persan daté de 718 av. JC.  C'est une lettre d'un marchand juif à son frère, elle a été découverte à Dandan Uilliq, une ville sur la route de la Soie.


            A Dandan Uiliq: Les fouilles anglaises et française dans les premières années du XXème siècle ont permis de trouver un document en judéo-persan à Dandan Uiliq. Cette lettre  provenait d'un marchand juif à son frère habitant, sans doute à Samarcande, faisant du commerce à la Chine.

 

 

II) Une page de Sélikhot (prières de pénitence entre Rosh Hachana et Yom Kippour), datant du VIIIème ou IXème siècle et découverte par Sir Aurèle Stein en 1908 dans les fameuses grottes aux 10.000 bouddhas dans la Province du Kansu, près du désert de Tarim.

 

      A Dung-Huang: Une page de Sélikhot a té trouvé dans une des grottes aux Mille Bouddhas. Elle fut découverte par Sir Auréle Stein qui la donna à Paul Pelliot, sinologue français. Cette page de Sélikhot se trouve aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale.

 

            Longtemps les chercheurs se sont penchés sur la stèle de Sinan-fou, découverte en 1625, pour savoir si s'est une stèle en araméen. Finalement, il a été possible de confirmer que cette stèle était un monument nestorien daté de 781. Les Nestoriens ou "Adorateurs de la Croix" avaient été chassés de l'Eglise par le Concile de Nicée. Ils ont été souvent assimilés aux juifs et beaucoup se convertirent au Judaïsme.  Les deux voies d'infiltration à la Chine furent:

 

1°) La Route terrestre de la Soie (Moyen-Orient, Mossoul, Boukhara, Samarkand, le désert de Gobi, le Bassin du Tarim, Xian, Kaifeng, Pékin).

 

2°) La Route maritime de la Soie.

La flotte chinoise fut conduite par le grand navigateur Zhen Hé qui entreprit sept expéditions reliant la Chine à l'Afrique Occidentale. Le commerce dans cette région se fit surtout avec la multitude de petits bateaux rapides commandés généralement par des arabes.

 

2) Les Juifs de Kaifeng à travers la Route de la Soie

 

            Même si vers 960, l'Empereur Song ZHAO KUNANG YIN donna son autorisation à un groupe de marchands Juifs pour s'établir à Kaifeng en leur disant : "Vous êtes venus dans notre Chine, Respectez et gardez les traditions de vos ancêtres et installez-vous ici à Pien-Liang (Kaifeng), la fondation de la Communauté Juive dans  l'ancienne Capitale de l'Empire du Milieu n'a pu se réaliser que quelques années plus tard. En effet, ce n'est qu'après une sinisation complète des Juifs que ceux-ci purent construire une synagogue en 1170. Le Père Jésuite Mattéo Ricci fut le premier rencontrer un mandarin juif originaire de cette ville à Pékin. Trois Jésuites ; Gozani, Domenge et Gaubil, sur les traces de Ricci, rencontrèrent vers 1720 les juifs de Kaifeng, ils relevèrent les inscriptions religieuses en chinois et en hébreu et firent des dessins de l'intérieur et de l'extérieur de la synagogue. En 1851 des missionnaires chinois de confession protestante, envoyés par la "Society for promoting christianity among the jews" créée par le Révérend George Smith, sont partis à


la rencontre des Juifs de Kaifeng et ont laissé différents écrits. Le Rabbin était mort, la synagogue, en forme de pagode, avait encore subi un outrage des inondations, la guerre civile avait ruiné toute la population; la Communauté se mourrait. En 1900 des marchands Juifs de Shanghai, travaillant pour la Sassoon Company", créèrent une association : "Société pour Sauver les Juifs de Chine" mais la forte immigration des Juifs russes vers l'Amérique  empêcha la réalisation des buts de cette société.

 

A Kaifeng, il  y avait également une forte communauté musulmane. Pour distinguer les Juifs des musulmans, les autorités provinciales les appelaient les "Bonnets blancs" (musulmans) et les "Bonnets Bleus" (les juifs).

           

3) Des Communautés Juives dans l’Empire du Milieu

 

D'après les chroniques arabes, les Juifs et les Musulmans vivaient ensemble en bonne intelligence dans les grandes villes chinoises.  Bien que nous n'ayons jamais eu de preuves formelles, nous savons qu'il y avait des communautés juives  ou des Juifs à :

 

·   Ning-po: "La Vague de la Paix", est située sur l'embouchure du Yongjiang. Elle devint au VIIème siècle un important port de commerce avec le Japon et connut son âge d'or au XIIème siècle, grâce à sa proximité avec Hangzhou, dont les Song du Sud firent leur capitale de 1138 à 1276. Il y a eu une communauté juive plus ou moins forte à Ning-Po, les Juifs de Kaifeng y auraient acheté des rouleaux de Thora. Cette ville portuaire fut ouverte aux Occidentaux en 1842  après le Traité de Nankin. Son principal trésor est la Bibliothèque Tianyige qui fut édifiée au XVIème siècle par  le lettré Fan Gin afin d'abriter quelques soixante dix mille précieux manuscrits.

 

·   Ning-hia: La stèle de 1489 fait également état de la présence de Juifs à Ning-hia. Il est en effet gravé dans la pierre : "Kin Siuen de Ning-hia, dont un des ancêtres avait rempli la charge de président de la Cour des Banquets de l'Etat..." Un peu plus loin dans la même inscription, il est dit : "Kin Yng de Ning-hia et Kin Li de Sian-fou, descendants des hommes dit T'sing-tchen (Juifs), avons élevé cette stèle..."

 

·   Nangchang: Nangchang était l'ancienne capitale de la province du Kiangsi, il y aurait eu de nombreux Juifs dans cette ville.

 

·   Yangchow: Il y avait des individus juifs à Yangchow. La stèle commémorative de 1512 raconte que les Juifs de Kaifeng purent obtenir un rouleau de Thora d'un juif originaire de cette ville.

 

·   Hangzhou: La fondation de Hangzhou remonterait à l'époque de Yu le Grand mais elle ne prit son essor qu'en 610. Devant les invasions mongoles, en 1138, l'Empereur Song du Sud en fit sa capitale. Siège de l'Empire de 1138 à 1279, la ville prospéra en accueillant fonctionnaires, écrivains et lettrés dans le sillage des princes. Il est fort probable que quelques juifs de Kaifeng suivirent  l'Empereur dans sa nouvelle capitale.


·         Nankin: Ancienne capitale de la province méridionale du Jiangsu, Nankin est l'une des plus belles villes de Chine. C'est vers le Vème siècle avant notre ère qu'une petite Communauté de fondeurs s'installa sur la colline ingliang. Plus tard, les Six dynasties du Sud en firent leur capitale. Cette agglomération se transforma en un grand centre économique et culturel et devint un foyer de diffusion du bouddhisme en Chine méridionale. Il y aurait eu des juifs pendant très longtemps à Nankin.

 

·   Ningsia: Le Père Gaubil dit dans sa lettre de 1725 que des livres juifs proviennent de Ningsia.

 

·   Pékin: Selon Marco Polo, un groupe de Juifs vivait à Kambalic. Le Mandarin Aï Tian rencontra le Père Mattéo Ricci à Pékin. Il ne fait aucun doute que d'autres juifs vécurent ou passèrent à Pékin.

 

·      Canton: Quangzhou, Capitale du Guangdong, est plus connue sous le nom de Canton. Située sur  l'estuaire de la rivière des Perles, elle fut fondée au début du VIIème siècle et devint l'un  des deux plus grands ports de commerce du monde à son époque. A Canton près de 10.000 juifs, arabes, chrétiens et autres croyants auraient été massacrés par les Conquérants en 877/878.

 

·       Zaytun (La Cité de Lumière). Une Communauté  très importante de marchands arabes et persans s'installa dans cette ville connue alors sous le nom arabe de Zaytun. Compte tenu des différents renseignements, il est fort  probable qu'il y ait eu une communauté juive dans cette ville. D'après certains commentaires il est possible qu'une grande partie de cette communauté juive se soit convertie à l'islam.

 

·   Kang-Tchou: Jacques Aron, cousin du Grand Rabbin de Strasbourg, annonça qu'il y avait en dehors des Juifs de Kaifeng d'autres anciennes communautés juives en Chine. Il parle de Kang-Tchou (Canton? Kuang-Tung, Kouang-Tchéou-Po?) où des Juifs se seraient installés après la guerre des Tartares et des Chinois. Il n'y aurait jamais eu de synagogue dans cette ville, bien que les membres de cette congrégation fussent tous sinisés car selon Jacques Aron : "On m'avait amené aussi un israélite de Kang-Tchou. Leurs traits sont presque entièrement conformes au type de la race des Mongols".

 

·   Amoy: Selon ses contacts, Jacques Aron pensait qu'il y avait dans la ville d'Amoy plus de 2.000 juifs qui n'avaient ni temple, ni matériel religieux. Amoy fut l'un des cinq ports chinois  accordés en concession par le Traité de Nankin.

 


4) Les Juifs d'Inde, originaires d'Irak à Shanghaï

 

Au début de la colonisation de l'Inde par les Anglais, beaucoup de juifs de Perse ou d'Irak, allèrent s'installer à Bombay ou dans d'autres grandes villes pour y faire du Commerce. Après le Traité de Nankin en 1841, les Anglais ouvrirent cinq ports sur les côtes chinoises dont celui de Shanghai. Les Sassoon furent les premiers juifs commercer puis à s'installer à Shanghai. Ils trafiquaient de tout, le coton, différentes denrées, et bien sur l'opium. De grandes familles battirent ainsi des fortunes immenses parmi elles, les Hardon, les Kadouri etc... Elles fondèrent vers 1860 des synagogues à Shanghaï et à Hong-Kong ainsi que différentes associations de bienfaisance. A Kong-Kong, le premier gouverneur fut un juif du nom de Mattews.  Dès le Traité de Nankin, des marchands juifs orientaux avaient fondé de petites communautés à Canton, à Amoy etc...  Jacques Aron, neveu du Grand Rabbin de Strasbourg, vécut quelques années en Chine. Dans une lettre adressée de Shanghai en 1855, il raconte qu'il a entendu parlé de quelques juifs à Amoy.  L'Alliance Israélite Universelle qui avait été créé à Paris en 1860 avait de nombreux comités à travers le monde notamment à Shanghaï et à Hong Kong. Elias Kadouri finançait depuis Shanghaï des écoles juives en Irak par le biais de l'AIU.

 

             En 1862, M. Simon, un diplomate français, parle d'une présence juive à Tien-Tsin d'environ 150 à 300 personnes. C'est une des premières communautés Ashkénazes établies en Chine, elle a été fondée vers 1858.

 

5) Des Juifs aschkénazim en Chine au XXème siècle.

 

·   Hong Kong: Les premiers juifs arrivèrent à Hong Kong en 1842, année même de la fondation de la colonie britannique. Si les Sassoon furent la première famille juive à s'installer à Hong Kong, la communauté s'organisa à partir de 1857 et la Synagogue Ohel Léa fut ouverte en 1901.

 

·   Hankow: Après la Première Guerre Mondiale, il y a encore quelques juifs à Hankow. Nussbaum, l'ancien chef de la police française à Hankow, fut tué dans les premiers mois de 1915 vers Nancy. Les autorités françaises donnèrent son nom à la caserne de Hankow.

 

·      Shanghaï:  Sorti des marais, ce port créé de toutes pièces par les Britanniques deviendra la ville la plus prospère de la Chine Occidentalisée. Le "Paris de l'Orient"  et le Bund, ses Champs Elysées,  accueillera différentes communautés Juives à diverses époques.

 

·   Harbin: A la fin du XIXème siècle de nombreux juifs russes vinrent s'installer à Harbin, capitale de la Mandchourie. Les uns venaient pour la trappe, les autres comme ouvrier sur le transsibérien.

 

La chasse était un des principaux pôles économiques de la Sibérie et de la Mandchourie. Harbin était une plaque tournante de ce marché de pelleteries. Beaucoup de Juifs étaient venus peupler Harbin soit dans le commerce des peaux, de la chasse ou dans un travail tournant autour de ces professions.


            Le transsibérien amena aussi un grand nombre de juifs. De nombreux juifs travaillaient soit sur les ballasts soit dans les bureaux comme ingénieur ou autre.  Un troisième groupe juif vint trouver refuge à Harbin; les survivants de l'armée russe après les défaites de Port-Arthur et de Tsou-Shima en 1905. Une synagogue monumentale fut bâtie à Harbin et le Président de la Communauté, Joseph Kaspé, était un juif naturalisé français. Dans les années 30, les Japonais qui avaient conquis la Mandchourie eurent l'idée de créer un état juif dans cette province en parallèle au Manchoukuo.

 

Pour y arriver ils conçurent un plan auquel il avait donné le nom de "Fugu". Le Fugu est un excellent poisson qui malheureusement a une poche de poisson, et il faut être un excellent cuisinier pour ne pas tuer son client. Les Japonais avaient donc décidé de se mettre à bien avec les Communautés Juives à travers le monde mais le Rabbin Stéphen Wise, Responsable entre outre du Joint, refusa toute coopération avec les Japonais. En effet depuis un certain nombre d'années, les Japonais et les Russes se livraient à des kidnappings contre les membres influents des Communautés Juives de Mandchourie et demandaient ensuite d'énormes rançons. Une des grandes Communautés de Mandchourie fut Dairen.

 

6) La Shoa.

 

            Devant le péril de l'extermination par les nazis, quelques communautés Juives de l'Europe Orientale ont pu fuir et se réfugier en Chine. Il y aura deux itinéraires sur deux périodes différentes :

 

1) Le Canal de Suez pour les Juifs allemands

2) Vladivostok  pour les Juifs polonais, lithuaniens et russes.

 

1) Le Canal de Suez.

Vers 1933, devant le danger que représentait le Nazisme, les juifs allemands comprirent qu'il fallait quitter le pays. La seule ville qui pouvait les recevoir sans demander de visa était alors Shanghaï. Les autorités allemandes laissèrent partir un grand nombre de juifs  sur des bateaux italiens pour la Chine via le Canal de Suez.

 

2) Vladivostok

En 1940, le Consul japonais de Kaunas, Chiune Sugihara, délivra  plus 2.139 visas permettant à plus de 6.000 juifs de quitter la Lithuanie pour se rendre en Extrême-Orient. Dans un premier temps, les juifs furent dirigés sur Kobé et après Pearl Harbour, ils furent expulsés vers Shanghaï. A Shanghaï, une grande partie de cette population fut parquée dans le Ghetto de Hongkew mais jamais les autorités japonaises n’acceptèrent les thèses de la solution finale de leurs alliés allemands. Si Oscar Schindler a sauvé 1 000 juifs, Shanghai en a sauvé 30. 000.


            En 1948, suite à la guerre civile en Chine, les Communautés Juives Shanghaïennes durent faire face à deux terribles problèmes : l'assistance aux plus démunis avec l'appui du Joint Committee Américain et la réunion des familles. L'Association des Juifs d'Europe Centrale dirigée par un comité de sept membres continua inlassablement ses efforts autour du bien-être social, de l'éducation, de la culture, de la presse, de la justice, des finances et de l'entretien des sépultures : chacun des délégués dirigeait son propre département et cela avec beaucoup de dévotion. Mais la prise de pouvoir de Mao Tzé Dong et la proclamation de la République Populaire de Chine, la majorité des réfugiés décida de quitter le pays pour s'installer en Israël, en Amérique, en Australie ou en Europe.

 

 

 6) De la Chine de Mao

 

            Il est de tradition de dire que Mme Tchang Kaï Tchek et sa sœur étaient d'origine juive. En dehors de cela nous savons que le généralissime était accompagné par un officier juif anglais du surnom de "Two Guns".  Parmi les dirigeants du Parti Communiste Chinois, on compte aussi quelques juifs dont Huang Huo Feng ou d'autres..... Chou En Laï était-il également un descendant de la Communauté de Kaifeng ?  Toujours est-il qu'en 1949, lors de l'indépendance et la création de la République Populaire de Chine, la plupart des Juifs qui vivaient en Chine partirent vers d'autres horizons notamment en Israël. En 1955, David Haccohen, qui avait été ambassadeur d'Israël en Birmanie, fut invité en Chine par Chou En Laï. Il s'y rendit et rencontra encore quelques juifs à Canton et à Shanghai. Mais jusqu'en 1997, il n'y avait quasiment plus de juifs en Chine (100). Avec la rétrocession de Hong Kong à la Chine, il y en a de nouveau. En 1996, le Rabbin Sultanik parlait de quatre synagogues, un nouveau centre communautaire et une communauté forte de 3000 personnes. Cette Communauté, très engagée envers Israël, participe chaque année à l'œuvre  et au besoin du  Keren Hayesod.

 

            LES COMMUNAUTES JUIVES EN CHINE

 

Ville                Province                   époque                     Provenance                          nombre

Canton          Kwungtung               9ème siècle             Inde/Perse                           beaucoup

Chüanchow  Fukian                       14èm siècle             Inde/Perse                           inconnu

Hong Kong   Victoria                      XIXème                     Inde/Perse Europe                100

Harbin           Manchourie              Début XXème          Russie            1917-1946                           5000

Ning'po          Chekiang                  XV-XVIIè                    Inde/Perse                           inconnu

Shanghaï      Kangsu                     XIX                              Inde/Perse Europe             500

Pékin             Hopeh                       1933-1945               Europe                                  200

Tien Tsin       Hopeh                       XIXème                     Europe/ Russe                    2000

Yangchow     Kiangsu                    XV-XVIè                     Inde/perse                            inconnu

Kaifeng          Honan                       IXème                        Inde/Perse                           1500-2000

 

 


SHANGHAÏ

 

            Au début du XIXème siècle, Shanghaï n'était qu'un petit village de pêcheurs, avec la signature du Traité de Nankin en 1841 stipulant l'ouverture de cinq ports internationaux, elle va se développer très rapidement. Située dans la partie Est du delta du Changjinang, au bord de la mer de Chine orientale, Shanghaï va s'ouvrir au commerce international et à la convoitise des grandes puissances. Dès le début du XXème siècle Shanghaï, ville la plus cosmopolite des cités internationales, fut appelée "Paris de l'Orient", ville ouverte par le biais des légations internationales. La famille Sassoon installa sa firme à Shanghaï vers 1842. Les juifs étaient alors un petit groupe, environ  10 personnes dans un premier temps sans femme et famille. En 1944, Shanghaï ne compte que 23 résidents étrangers avec leurs familles, 11 maisons de commerce et 2 missionnaires protestants. Le conflit franco-britannique contre la Chine draina dans tout l’Empire du Milieu des commerçants juifs de tous horizons.

           

La population israélite de Shanghaï n’est pas comparable avec celle d’une autre communauté à travers le monde. Il n’est peut être pas inutile de faire remarquer que la population étrangère locale n’a jamais été fort nombreuse et que les Juifs n’en formaient, jusqu’au XXème siècles qu’une part très minime. Au début du XXème siècle,  des groupes de Juifs aschkénazim et séfaradim représentant plusieurs nationalités (Anglais, Français, Russes, etc…) forment des communautés bien distinctes installées dans le Settlement International. Les Sassoon ont un lieu de prières personnel qui deviendra une synagogue en bonne et due forme en 1921 – (Synagogue Ohel Rachel).  La Synagogue Ohel Moshé (Ashkénaze) fut érigée en 1907 en mémoire de Moshé Grinberg à Hongkew de l’autre côté de Soochow Creek, dans la ‘’Concession anglaise’’.  Par contre la Synagogue Beith Aaron fut érigée en 1927 (démolie vers 1985) dans la ‘’Concession française’’ à l’entrée du ‘’Bund’’. Cette synagogue a été construite grâce au financement de Silas Aaron Hardoon (1851-1931). Entre 1943 et 1945, elle servit de salle de classe pour les étudiants de la Yeschiva de Mir.  A  partir de 1933, Shanghaï permis à des milliers de Juifs venus d'Allemagne via le Canal de Suez d'entrer sur son territoire sans visa alors que le Consul Japonais de Kaunas donna des milliers de visas aux juifs lithuaniens pour se rendre au Japon via Vladivostok.

 

            Il y a donc trois communautés juives à Shanghaï, deux anciennes ; la ‘’Shanghaï Jewish Communal Association’’ et la ‘’Shanghaï Askhenazi Jewish Communal Association’’ et une autre fruit du lamentable exode des années 30, la ‘’ Jewish Community of Central European Jews’’.

 

Ce n’est qu’en décembre 1941, que les Japonais déportèrent ces juifs vers Shanghaï. Les Communautés étant en surcharge, le Conseil des Communautés, réunissant les aschénazim et les sefardim demandèrent aux autorités japonaises la création du Ghetto de Hongkew.

           


             On estime le nombre de Juifs qui réussirent à se réfugier à Shanghaï entre 20 et 25.000 âmes. Cet ensemble est constitué d’émigrants venant l’Allemagne, d’Autriche et par la suite des Pays Baltes. Lors du colloque "Flight to Shanghaï" qui s'est tenu en août 1995 à Vienne (Autriche), l'un des participants, M. William Man, qui était arrivé à Shanghaï en 1939, déclara : "Oscar Schindler a sauvé 1000 juifs, Shanghaï en a sauvé 30.000". En effet dès les années trente, cette ville chinoise ne fut pas qu'un asile de nuit mais un home d'accueil pour des milliers de réfugiés de toutes confessions et de toutes nationalités.  Compte tenu de ses Concessions étrangères, cette ville cosmopolite fut la seule grande ville dans le monde où un visa n'était pas obligatoire pour y rentrer. Une autre raison était que dans l'Empire du Milieu, la société chinoise n'a jamais été antisémite, bien au contraire.  Ce n'est qu'après la première guerre mondiale que se développa malheureusement l'antisémitisme en Chine propagé bien sur par les Européens.

 

En 1949, il y avait encore 20.000 juifs en Chine et en Mandchourie. L'adresse du Congrès Juif Mondial en Chine était: P.O.B. 2202 Shanghaï.

 

Deux diplomates juifs bien particuliers.

 

            Dans différents documents, le nom de plus juifs dans les rangs de l’administration, la diplomatie ou l’armée française ; notamment  Frédéric Haas était Consul de France à Tchong-King en 1900. Frédéric Haas naquit le 14 mars 1843. Après une licence en droit, il fut conseiller auditeur à la Cour d'Appel de Pondichéry, puis juge à Saint-Barthélemy. Il commença une carrière de diplomate en Chine avec la charge de Vice-Consul à Han Kéou en 1885. En 1889, il fut nommé Consul de 1èere Classe et en 1895 il passa au Consulat de Tchong King. Il fut dédoré de la Croix de la Légion d'Honneur.

 

            Gaston Camille Kahn, né le 30 septembre 1864, fut en poste dès 1885. Cet ancien élève de l'Ecole des Langues Orientales, fut d'abord l'adjoint inspecteur des écoles franco-annamites au Tonkin, puis élève interprète chargé de la fonction d'interprète-chancelier  à Canton, à Long Tchou. Montant dans la hiérarchie, il est promu gérant du Consulat à Long Tchéou, puis interprète chancelier à Canton, ainsi que gérant du Vice-Consulat à Pak hoi et parviendra également au poste de Vice-Consul à Tonghing et à Hai how. Il fait un court passage à la gérance du Consulat de Tien Tsin puis est nommé Consul Général à Shanghaï au moment de la Révolution de 1911-12. il réussit, au terme de négociations délicates, à obtenir des autorités chinoises un agrandissement spectaculaire de la concession française, dont la superficie est décuplée. Gaston Kahn quitte définitivement la Chine en 1916. Il termine sa carrière comme ministre plénipotentiaire à Bangkok (septembre 1918) puis, au Quai d’Orsay, comme inspecteur des postes diplomatiques et consulaires, et chef du service des œuvres françaises à l’étranger.


Des Grandes familles Juives en Chine

 

Les Sassoon, les Rothschild de l'Orient.

 

"Vérité et Confiance" telle fut la devise de la famille Sassoon.  Le fondateur de cette dynastie fut Cheikh Sassoon ben Salah (1750-1830) qui fut le Nassi (Président) de la Communauté Juive de Bagdad durant presque quarante ans et responsable des finances des pachas ottomans de Bagdad. Son fils, David Sassoon (1792-864), qui avait une connaissance de l'hébreu, de l'arabe, du persan, du turc et de l'hindoustani, quitta Bagdad pour Bombay où il fonda la  "David Sassoon and C°" avec des succursales à Calcutta, Shanghaï Canton et Hong-Kong. Le Traité de Nankin avait ouvert en 1841 cinq ports chinois à la navigation anglaise et le 17 novembre de cette même année Shanghaï devint une concession anglaise et son port s'ouvrit au commerce étranger alors que les Français ne prirent pieds dans cette ville que le 6 avril 1849.   Les Sassoon furent, malgré l'hostilité de Canton et de Shanghaï, les premiers des quinze commerçants britanniques qui s'installèrent définitivement sur le continent chinois. " Le premier embryon d'une communauté juive fut donc formé par les employés même de la D. Sassoon Company.

 

Elias David Sassoon

 

Elias David Sassoon (1820  - Colombo 1880) était le second fils de David Sassoon. Il se rendit en Chine en 1844 pour ouvrir des succursales familiales. Il partit ensuite à Hong-Kong pour y créer différentes activités financières et s'installa définitivement à Shanghaï en 1850. Elias David s'intéressa également aux froides provinces du Nord de la Chine, grande demandeuses de laine. Il mena ensuite les affaire de son père à Bombay avec une habileté et une énergie hors du commun mais détestant la position de subordonné il fonda en automne 1867 une firme séparée  et rivale; la "Elias David Sassoon and C°" avec des affaires en Orient, dont les points principaux seront Hong-Kong et Shanghaï, en Afrique, en Europe et en Amérique.  Elias David fit rapidement prospérer cette firme et mena une politique communautaire comme son père. Il alloua à ses nombreux employés des écoles et des synagogues, même dans les avant-postes les plus reculés de la Compagnie.  E.D. Sassoon contribua à la construction de la maternité et de l'asile David Sassoon pour infirmes de Poona et fit également ériger une synagogue à Hong-Kong. En 1920, une magnifique synagogue fut construite à Shanghaï par Sir Jacob Sassoon; Ohel Rachel.

 

 

David Sassoon Sassoon

 

            David Sassoon Sassoon est le troisième fils de David. Il est né en 1832 à Bombay et meurt à Londres en 1867. Il fut envoyé à Bagdad pour y faire des études bibliques et talmudiques et fut ensuite envoyé à Shanghai où il mena des opérations de commerce pour le compte de la branche chinoise de l'entreprise David Sassoon and C°. Il s'installa ensuite en Angleterre en 1858 où il rencontra le grand rabbin Marcus Adler. Déjà en 1845, "Les Archives Israélites" nous faisaient part: "On apprend par une lettre d'officier français attaché à la mission de Chine (Shanghai), que deux juifs chinois riches et lettrés, ont


demandé à M. Lagrené, notre ambassadeur (1), et obtenu de venir avec lui en France où ils désiraient connaître la situation religieuse, civile et religieuse de leurs coreligionnaires. Toutes les places du Temple Consistorial sont déjà prises pour la première présentation des fidèles du Céleste Empire. A mesure que le jour de leur arrivée    approche, les coupons des stalles se cotent à un taux cotent à un taux fabuleux.  Les mandarins du Temple annoncent qu'ils n'ont plus de billets à leur disposition.  Pour donner à ces étrangers une idée de notre grande civilisation on a arrêté que les Mitzvot se vendront en chinois, Rabbi Elie connaît cela (2)".  On peut recouper cette information en lisant l'Univers Israélite" de 1856 où il est écrit : "Dans la maison du Grand Rabbin, Docteur Adler (3), à Londres demeure actuellement un Juif chinois, qui est resté quelques temps à Paris, et dont le grand-père était "Nassi" (chef de la Communauté) à Bagdad.  Il a avec lui, deux nègres qui lui servent de domestique, et que, comme s'ils étaient membre de la famille observent tous les commandements qui les concernent". David Sassoon Sassoon occupa des postes très importants parmi les principaux marchands londoniens et sera élu directeur de plusieurs grandes compagnies. Dans le domaine religieux et communautaire il accepta le poste de Président d'un Comité ayant pour objectif l'organisation d'une mission exploratrice chez les Juifs de Chine, d'Abyssine et d'Orient. Il fut également membre du Conseil du Collège des Juifs et du Comité de l'Ecole libre des Juifs d'Harward. Durant de longues années, il fut directeur de la Synagogue espagnole et portugaise et examinateur d'hébreu à l'école libre des Juifs d'Harward. La fille de David Sassoon; Rachel Sassoon Beer fut l'éditeur du "Sunday Observer" et du "Sunday Time".

 

S.J. Solomon

 

          S.J. Solomon, directeur de la firme E.D. Sassoon and C° à Shanghaï devint en 1900 le secrétaire général de la "Society for the Rescue of the Chinese Jews". Dès 1867, E.D. Sassoon avait su s'attacher la compétence et l'amitié de S.J. Solomon et dont il respectait avec une grande confiance le caractère et les aptitudes. S.J. Solomon fut à l'instigation de cette société de sauvegarde des Juifs de Kaifeng.

 

Les Kadoorie

 

            Les Kadoorie sont une grande famille originaire de Bagdad. Emigrée en Chine, cette famille y amassa une fortune considérable. Marchands et philanthropes juifs, Ellis et son frère Elly S. (Eliézer Silas) Kadoorie, fils de Salih Kadoorie décédé en 1876, s'installèrent au début du XXème siècle à Hong Kong et développèrent une activité commerciale très intense avec Shanghaï et d'autres grandes villes chinoises. Sir Ellis Kadoorie (1865-1922) léguera une somme de 300.000 dollars pour l'enseignement de l'agriculture en Palestine de l'époque mandataire.  Deux écoles furent ainsi dotées, l'une arabe et l'autre juive. C'est dans cette école de Kadooria, au pied du Mont Tabor, qu'Itzkhak  Rabbin fit ses études.  Les Kadoorie fondèrent la firme E.S. and C° à Hong Kong et à Shanghaï et s'associèrent à la E.S. Kadoorie and Sons. Elly Kadoorie, né à Bagdad (1867-1944) s'installa à Shanghaï et y créa en 1904 la "Shanghaï Zionist Association".


            Pour  ses œuvres philanthropiques Elly Kadoorie fut décoré aussi bien par les Anglais que les Français, il reçut le Knight Commander of British Empire en 1926, Grande Médaille d'Or de l'Académie Française, Médaille de la Reconnaissance de France, Médaille d'or de première classe du Gouvernement chinois (1923-1924), Médaille d'honneur du Mérite Syrie de Première classe Or et fut fait  Commandeur de la Légion d'Honneur. Sir Elly Kadoorie fut Président de l'Union Séphardite de Paris et Vice-Président de l'Anglo-Jewish Association de Londres.

 

            Laurence et Horace Kadoorie, fils d'Elly, continuèrent leurs œuvres philanthropiques à Hong Kong. En 1951, ils établirent la: "The Kadoorie Agriculture Aid Loan Fund" qui aida plus de 300.000 réfugiés chinois. Ils aidèrent également financièrement la petite Communauté Juive de Hong Kong dont Ellis  fut l'un des fondateurs de la synagogue.

 

Elias Kadoorie

 

Les Kadoorie furent une grande famille juive à Shanghaï et à Hong-Kong. Cette famille, venue d’ Irak, a fait une fortune très importante sur les bords du Bund et Elias Kadoorie, pour avoir aidé l’Etat français et plus particulièrement l’Alliance Israélite Universelle fut décoré de la Légion d’Honneur. ‘’L'Univers Israélite’’ du 8 juillet 1921 faisait paraître l’article ci-dessous :

 

‘’Shanghaï

M. E.S. Kadoorie de Shanghaï qui avait reçu la médaille de la reconnaissance française en récompense des éminents services qu'il a rendu à notre pays dans le domaine de la philanthropie vient d'être nommé Chevalier de la Légion d'Honneur.''.

 

‘’Un lauréat de l'Académie française.

M. E.A. Kadoorie se voit attribué le prix de la langue française avec médaille d'or à l'effigie de Richelieu, originaire de Bagdad et résidant habituellement à Shanghaï dont la vie a été une suite d'actes de bienfaisance pour son local scolaire à Bagdad, dont l'enseignement est donné exclusivement en français par une douzaine de maîtresses ayant fait leurs études à l'Ecole Normale de l'Alliance Israélite Universelle de Paris.''

 

La Revue Sioniste ‘’Ménorah’’ de 1922-1923 publiait à son tour :

‘’Un grand philanthrope à Paris,

M. E. Kadoorie, un grand philanthrope de Shanghaï et originaire de Bagdad, vint de faire un court séjour à Paris, venant de Londres. L'objet de son voyage dans la capitale française était de constituer un consortium de capitalistes pour encourager le commerce et l'industrie en Palestine. Il a eu, à cet effet, des entretiens avec des industriels français. Reparti pour quelques jours à Londres, il sera de nouveau à Paris vers le 15 janvier, où il espère aboutir à un résultat. M. E. Kadoorie a créé à Maison-Lafitte, à Londres, à Shanghaï, à Constantinople, à Bagdad et en Palestine, des maisons de retraites, des hôpitaux, des écoles dont la valeur se monte à plusieurs millions. Son frère, qui vient de mourir à Shanghaï a légué à diverses œuvres de bienfaisance (dont nous avons la liste) prés de vingt millions. Admirateur de l'Alliance, M. Kadoorie, en lui témoignant sa


Reconnaissance, a construit à Bagdad une grande école sioniste réaliste, il entend travailler pour la Palestine dans le domaine économique.’’

 

            Elias Kadoorie est également le créateur de l’Ecole d’Agriculture de Kadooria en Israël où étudia Itzkhaq Rabbin.

 

            Il est possible de comprendre les actions entreprises par Elias Kadoorie en lisant la lettre reçue par l’Anglo-Jewish Association, qui était la branche anglaise de l’Alliance Israélite Universelle :

 

"                                                                     Shanghaï, 16th June 1915

 

E.S. Kadoorie and Co

8, Junkee Road

 

The Secretary,

                        The Anglo-Jewish Association,

 

Dear Sir,

 

I enclose a liste of subsidier and a chèque  for pounds sterling 77.1-7 chat i have been able to obtins, vit the vert good help the Hon: Secretary M. Aaron. We vis This su to be divided in 3 part, one for the Anglo-Jewish Association, one for the Alliance and the 3rd for the Zionists in Palestine. You ville no doubt note chat y subscrimption is not included. I sent it to you in January last for the three institutions.

 

                                                Yours Faithfully

                                               E.S. Kadoorie

                                               Président

 

                                               J. Aaron

                                               Hon: Secretary

 

P.S.: Nearly all the subscrivers of Hong Kong and Shanghai are Bagdadians and they would greatly appreaciate if  an Englishe teacher were placed in the Laura Kadoorie School."

 

 Monsieur Schahmoon, habitant Shanghaï, fut de 1925 à 1929 l’un des  généreux donateurs de l'Ecole Normale Israélite Orientale pour filles à Versailles.

 

 


Les Hardoon

 

            La famille Hardoon est également une grande famille Juive du Sud-Est asiatique. Silas Aaron. Hardoon, né en Irak en 1851, s'installe en 1873 à Hong Kong et en 1874 à Shanghaï où il épousa une chinoise bouddhiste. S.A. Hardoon acquiert une énorme fortune  dans le commerce de l'opium et dans la banque. A sa mort, en 1931, il était de nationalité britannique. En 1927, M et Mme S.A. Hardoon firent construire la Synagogue "Beith Aaron" à Shanghaï. Silas Hardoon fonda l'Ecole chinoise et Occidentale de Médecine pour femmes. Il aida financièrement d'autres organismes sociaux et culturels à Shanghaï notamment l'Ecole Juive de Shanghaï fut érigée après 1900 avec l'aide des famille Ezra et Hardoon. Sur sa fortune évaluée à 30.000 livres sterling, il avait assigné 50.000 dollars pour la traduction de la Bible et du Coran en Chinois. La Bible sera traduite par le lettré chinois Tchi Cho May et publiée à 20.000 exemplaires.

 

 

NOTES

 

1) Théodore de Lagrené (180561862) fut Ministre Plénipotentiaire de France à Canton dès la création de cette ambassade en 1843.  Le Consul était alors le Comte Ratti-Menton, qui avait ét&eacut