LA KASHEROUTH ou la diete éthique éditions Daleth de Philippe Haddad est un livre sur le sens de la cacheroute, mais biens-sur beaucoup plus, lorsque l'on connait le rabbin Philipe Haddad ou son sens de l'humour tunsien ...n'a d'equivalence que son intelligence et sa comprehension de l'autre.
A lire absolument si vous voulez passez un bon moment , quelques extrait pour vous tentez !

 

Kasher, halak, glatt,

mes copains superfouillis

(extrait d'un sketch de Pourim)

 
Les juifs mangent-ils tous kasher ? Non.
 
Et je ne fais pas seulement allusion à ceux qui ont abandonné les traditions ancestrales et qui vont se servir dans la boucherie du coin au lieu de se rendre le dimanche matin à la Villette ou à Saint-Paul.
 
En disant que tous les juifs ne mangent pas kasher, je pense à ceux qui mangent "strictement kasher", ou "glatt" qui est le diminutif de "glatt kasher", sans compter ceux qui mangent "halak" voire "halak beth Yâssef", et sans oublier évidemment ceux qui ne consomment que le "méhadrine min haméhadrin" (que l'on pourrait traduire pour notre jeune public non averti par : "le top des super top"), ni occulter ceux qui mangent la viande kasher de telle boucherie et pas de telle autre, non pas à cause des prix, car parfois ceux de l'autre boucherie kasher sont plus bas que ceux de la première, mais à cause des doutes qui pèsent sur celui qui vend kasher officiellement, mais qui n'a pas la réputation d'être un homme kasher c'est-à-dire
"scrupuleusement kasher", bien qu ' aux yeux du juif moyen, ce boucher suspecté d'être peu kasher par des religieux qui se veulent super kasher, puisse paraître excessivement kasher, voir fanatiquement kasher. Rassurez-vous chers amis, j'y perds moi-même mon hébreu.
 
Bon alors qu'est-ce que cette langue d'extra-terrestre ? Pas de panique à bord, nous allons tenter de démeler la mêlée.
En fait tout commence au moment où la bête à été abattue religieusement (ça commence où ça se termine pour elle). Nous avons déjà expliqué que l'animal ne devait présenter aucun défaut ou maladie d'être abattue.
 
Mais cela ne suffit pas à rendre l'animal kacher, il s'agit de s'assurer qu'elle ne presente aucune maladie interne. Pour ce contrôle, le chohelli (ou abatteur rituel) va considérer les poumons de notre bovin. Si la plèvre est trouée, l'animal est refusé. Si le poumon est percé mais non la plèvre, l'animal est recevable sur le plan religieux, il est kasher. Si le poumon se presente sans le moindre défaut, et s'il est "otalement lisse»halak en hébreu, glatt en yiddish, alors il est kasher nec
plus ultra (top des super top), ou "glatt"ou "halak".
 
Ceci étant dit, nous pouvons comprendre que certains mangent kasher, d'autres "halak" ou "glat".

La sainteté passe par les frites

 
&laqno;On ne récite le kiddoush qu'au lieu du repas». Cette formule talmudique signifie tout d'abord que l'on ne peut réciter la prière d'entrée du Chabath le vendredi soir (le kiddouch) qu'à l'endroit où pon mange. Il ne peut y avoir séparation entre le spirituel et le matériel. Où le corps est, l'âme est, inséparables amis.
 
La sainteté, qui signifie séparation, n'exige aucun refus du monde. Un homme n'est pas une fusée a trois étages, Plus on monte plus on lache un bout de l'appareil. Ici l'ascension se fait en groupe.
 
La sainteté du repas, c'est manger son omelette frites, ou son couscous boulettes ou sa carpe farcie comme tout homme, en pensant que cette nourriture, qui se transformera en sang et en muscle, deviendra la source énergétique de notre engagement moral vis-à-vis du prochain.
 
Un très beau commentaire d'un maître du hassidisme, Rabbi Nahman de Braslaw (1772-1.811) va dans ce sens. La terre d'Israël est appelée à plusieurs reprises dans la Bible : &laqno;le Pays où coulent le lait et le mel». Le miel est ici celui de l'abeille.
Le lait comme le miel sont des éléments qui traduisent la transformation de l'interdit en permis. En effet, le lait est le sang de la mère qui devient nourriture de l'enfant, quant au miel, issu du travail de l'abeille animal interdit à la consommation selon la Bible- on aurait pu le croire interdit selon le principe &laqno;ce qui vient du pur est pur et ce qui vient de l'impur est impur». Or bien que leur origine les interdirait, ces deux éléments sont permis.
 
Le lait et le miel symbolisent la transformation du négatif en positif. L'expéflence des Hébreux sur la terre promise est l'expérience du triomphe de la vie sur la mort, du passage de l'Egypte, terre des "fermetures" à "la bonne terre large" offerte par l'Eternel. La leçon est une fois de plus véhiculée par la diète éthique.
 
Le culte de Dieu revient finalementà savoir manger. Comment intégrer en soi, ce qui est extérieur à soi et dont nous avons besoin pour vivre. On comprend mieux qu'il n'y ait de sainteté qu'à l'endroit où l'on mange.
 
Rabbi Joseph Caro (1488 -1575), qui présenta de façon synthétique l'ensemble des lois du Talmud pour la collectivité d'Israël, le savait, lui qui nomma son oeuvre pnncipale Choulhan aroukh qui est... la &laqno;Table dressée».
 
À l'heure où les vaches deviennent &laqno;folles» de nos folies économiques, où nos poulets sentent la dioxine de la surproductivité aveugle, les leçons de la kasherouth restent d'une grande actualité. Pas de diète sans éthique.