Paracha NASSO
D'UN EXTREME
À L'AUTRE
- La paracha la plus longue de l'année , nous présente
entre autres de deux situations intéressantes, qui pouvaient être
vécues dans la société hébraïque à
l'époque du temple.
- Il s'agit du cas de la femme soupçonnée
d'infidélité (la sota) et le cas du nazir. Ces deux
législations sont remarquables car elles soulignent des cas extrêmes.
- Le premier renvoie au libertinage, à une sexualité
plus ou moins maîtrisée, à une relation de couple tendue.
Le Choulhan Aroukh consacrera plusieurs pages au loi de l'isolement
entre un homme et une femme non mariée, à plus forte raison
lorsque cette dernière l'est. Le second cas nous place devant l'ascétisme,
la privation, le désir de s'élever vers Dieu.
- Si le non respect de la cellule maritale est une faute
qu'il n'est pas nécessaire de développer ici, l'ascétisme
aurait pu être considéré comme une plus value dans
la conduite religieuse. Eh bien non, le nazirat est considéré
comme un pis aller. Rachi par exemple justifie cette juxtaposition de textes
ainsi : "pourquoi la loi du nazir fut-elle écrite à
côté de la femme "infidèle" ? Car lorsqu'un
témoin verra la sota dans sa dégradation (le prêtre
devait détacher les cheveux de l'épouse, ce qui pour une
pensée sémite est une véritable opprobre), il s'abstiendra
de vin".
- En d'autres termes, face à l'ivresse du monde,
il est parfois nécessaire de mettre des barrières. Mais les
barrières n'ont jamais représentées l'idéal,
elles rappellent au contraire notre état de faiblesse, notre dépendance
face à nos propres failles psychologiques, morales et spirituelles.
- C'est pourquoi la Torah considère la surenchère
rituelle ou l'excès religieux comme un choix laissé à
la liberté de chacun, jamais comme un horizon à atteindre.
- Le nazir peut se priver de vin, de coiffeur et de cimetière,
mais il devra apporter un sacrifice de culpabilité (acham nazir)
à la fin de sa période d'abstinence. Motif ? Il s'est interdit
ce que l'Éternel avait autorisé, le vin.
- Le jour du kippour l'officiant dit "ce que Tu as
interdit, nous l'avons autorisé (et c'est pourquoi nous te demandons
pardon) et ce que tu as permis nous l'avons interdit (et pour cela aussi
nous te demandons pardon)". La transgression est aussi condamnable
que le refus de jouissance !
- Le Rav Haïm Falagi commentant les Pirkey Avoth
dit en substance à propos de la formule lo am aarets hassid,
traduit généralement par l'ignorant ne peut être religieux
: "l'ignorant ne doit pas faire le religieux" - Molière
aurait dit la tartuffe.
- C'est le travail intérieur qui possède
une véritable valeur au plan de la spiritualité, tout l'accoutrement
extérieur n'est qu'une barrière révélant d'avantages
de faiblesses que de grandeur. Seule la voie moyenne sans extrémisme
peut nous mener à la lumière divine.
Paracha
Béaalotékha
Allumer son chandelier
-
- La paracha de la semaine commence par le commandement
donné à Aaron d'allumer la Ménorah, le chandelier
à sept branches. Ce candélabre se trouvait à l'intérieur
du sanctuaire, dans la première salle, le kodech précédent
le Saint des saints (le kodech hakodachim).
- Alors que la paracha de la semaine dernière s'achevait
par l'énonciation des douze sacrifices et offrandes identiques apportés
par les douze chefs de tribus (sans compter celle de Lévi, mais
en doublant celle de Joseph, en Ménassé et Ephraïm),
béaalotékha nous introduit dans le service du grand
prêtre.
- Au culte extérieur et nécessaire pour canaliser
la ferveur de la communauté, répond celui plus intérieur
de l'allumage des flammes . Ici le feu ne sert pas à brûler
la chair de l'animal, mais à éclairer le visage de l'homme.
- Si la tribu de Lévi est distinguée par
l'Éternel, et si Aaron est élevé au dessus de ses
frères, ce n'est point pour disqualifier le reste du peuple, mais
pour montrer une direction.
- Le sacrifice n'est rien, répéteront les
prophètes, s'il n'aide pas à construire le temple intérieur,
celui du coeur, celui de l'authenticité et de la vérité,
celui de l'amour de Dieu et du prochain.
- Rav Nahman de Braslaw enseigne que la Ménorah
à sept branches se trouve sur le visage avec les sept orifices des
oreilles, des yeux, du nez et de la bouche. Belle image qui nous rappelle
qu'après la destruction du Temple, nous restons porteur de notre
sanctuaire et que d'une certaine manière nous pouvons prétendre
à notre propre prêtrise.
- C'est sans doute cela, l'élévation contenu
dans le titre de notre péricope "lorsque tu feras monté"...ta
flamme intérieure.
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CHELAH
Entrer dans l'Histoire
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- Cette paracha est fondamentale pour l'enseignement qu'elle
véhicule. Les affranchis arrivent près de la terre de Canaan,
cette terre jurée aux Patriarches, aboutissement de la sortie d'Egypte,
afin d'y bâtir la société-témoin, "la royauté
de prêtres et la nation sainte" qui devra vivre selon la morale
révélée au Sinaï. Mais après le compte-rendu
des explorateurs (à l'exception de Caleb et Josué), le peuple
est pris de panique et refuse de traverser le Jourdain. Ils refusent d'être
des "Hébreux", c'est à dire littéralement
des "passants". Dieu décide alors, comme toujours, de
suivre la décision des hommes : cette génération mourra
dans le désert, seuls les enfants réaliseront les promesses.
- La question jaillit périodiquement à la
lecture de ces chapitres : comment expliquer ce refus, ce manque de confiance
en Dieu, après tant de manifestations grandioses de la part du Tout
Puissant ?
- En fait, depuis la libération de l'esclavage,
les enfants d'Israël sont pris en charge par L'Eternel. Les dix plaies,
la traversée de la Mer rouge, la manne, l'eau, sont autant de grâces
divines. Mais du coup, cette présence massive, incontournable, anesthésie
totalement la maturation des consciences.
- Quand Dieu est trop présent, l'homme ne peut plus
agir, ne plus choisir, il est tel un enfant sur-protégé par
ses parents, qui pleure pour avoir son biberon ou sa protection.
- Ainsi dans les nuées de gloire, les problèmes
économiques ne se posent plus. Les soucis de nourriture, d'habillement,
de logement sont résolus avant même d'être posés.
C'est pourquoi enrevenant de leur périple, les explorateurs peuvent
affirmer que la terre est bonne mais qu'il va falloir combattre. Habitués
aux miracles quotidien, le peuple est littéralement paniqué
devant la réalité d'un monde à parfaire. La faute
des explorateurs n'est pas une faute de rébellion, c'est une faute
d'immaturité. Le bébé ne veut pas sortir !
- Enfermés dans une bulle de protection, ils sont
apeurés devant les difficultés concrètes, alors ils
se recroquevillent contre les parois douillettes de la gloire divine. Pourtant
le message de Dieu est sans équivoque : sortir d'Egypte signifie
quitter la religiosité frileuse pour la construction de l'Histoire.
Tel est le projet divin depuis l'origine : faire de l'homme un partenaire
pour terminer le monde matériel. Dieu exige des laboureurs, des
agriculteurs, des informaticiens, et pas seulement des croyants enfermés
dans les quatre coudées de la loi. Il veut des kibbouts et pas seulment
des yéchivoth. La spiritualité doit descendre dans
le sillon du champ, dans le seau portant le lait, dans l'ordinateur de
bureau.
- Certes, sur le plan spirituel, les efforts dans le domaine
économique, politique, social sont moins gratifiants, mais le matériel
doit être préparé pour que Dieu réside ici bas.
Dès lors la traversée du désert devient la traversée
de la foi, depuis l'acceptation de Dieu Un jusqu'à l'acceptation
de sa responsabilité d'Homme.
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- Le mot de la fin sera réservé à
notre chère tata Ginette :
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- *Quand on fait la bénédiction sur le pain,
il ne devient jamais croissant, sauf si l'on est vraiment tarte.
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- *Pendant les vacances, je ne vais en boîte de nuit
que le jour, c'est plus reposant.
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