"La médisance , qui sous une apparente justice dispose nécessairement le coeur humain à la haine ou à la fausseté" Bernardin de Saint Pierre
"Sotte médisance, ressource ordinaire de la méchanceté qui n'a rien à dire " Théophile Gautier

 

 LE POUVOIR MALEFIQUE DE LA MEDISANCE

Une oreille complaisante
Vertu et limite du silence
Pourquoi la médisance ?
  Comment lutter ?
   Vers l'amour du prochain


Médire : dire du mal que l'on sait ou croit savoir sur quelqu'un.

Médire implique des propos malveillants mais que l'on suppose fondés. (dictionnaire Le Robert)

Rabbi Israël Meïr Kagan (1839-1934), plus connu sous le nom de son livre 'Hafets 'Haïm, aujourd'hui nom d'un kibboutz religieux au sud d'Israël, avait trés tôt compris l'importance considérable du verset suivant : " MI HA ICH HE -'HAFETS 'HAIM"? verset des psaumes (34,13-14)

QUI EST L'HOMME QUI ASPIRE A LA VIE PRESERVE SA LANGUE DU MAL.

Ce grand érudit, en fit le but de toute son existence. Peu avant sa mort il voyageait encore de ville en ville pour offrir l'elixir de la Vie.


ATTENTION DANGER : La langue qui tue

Nos sages nous apprennent que la médisance met en danger au moins trois personnes : celle qui médit, celle qui écoute et celle dont on parle. Pourquoi en danger ? Car sur ces trois personnes est alors attiré le jugement divin ; or, sommes-nous irréprochables pour braquer sur nous le projecteur ?

La paracha Be 'ha lote'ha nous rapporte qu'un jour, Myriam critiqua Moïse en présence de leur frère Aaron, et Dieu lui envoya la lèpre en punition!

Or, Myriam était une juste, une prophétesse par son mérite. Dieu fit surgir un puit itinérant dans le désert pour les besoins du peuple, pendant leur périple vers la Terre Sainte. Pourtant elle a été punie, car médire est un crime majeur, le Deutéronome à ce sujet nous interpelle &laqno;Souviens toi de ce que Dieu à fait à Myriam».

 

Or, la plupart d'entre nous ne savent pas qu'une parole négative sur autrui, même si elle reflète la réalité est condamnable : dans ce domaine le mauvais penchant est très fort, et c'est à chacun de nous de chercher ce qui nous empêche de maîtriser notre langue, organe présomptueux. Les causes du lachone ara sont l'orgueil, le laisser- aller, la colère, la moquerie, et souvent le manque de confiance à Dieu nous amène à nous plaindre et donc à médire.

 

Une oreille complaisante

Pourquoi celui qui ne fait qu'écouter subirait-il le même sort que &laqno;l'accusé» et &laqno;l'avocat général» ? Parce qu'ici l'auditeur est coupable de non assistance à personne en danger : &laqno; S'il n' y a avait pas d'auditoire, il n'y a aurait certes pas de médisance ».

Mais il faut reconnaître qu'écouter de mauvaises paroles sur autrui nous fait plaisir, et soulage nos bas instincts, ce qui explique le succès de la presse à scandale qui flatte notre mauvais penchant.

Dire du bien d'autrui en présence d'au moins trois personnes comportent aussi du danger, car plusieurs réactions peuvent en découler : &laqno; Si je n'aime pas la personne dont on fait l'éloge, j'en concevrai encore plus d'acrimonie et de jalousie envers elle ». Même si l'on commence par des louanges par un effet de balance intérieure on finit , si la conversation se prolonge, par trouver aussi du mauvais à en dire, surtout si l'interlocuteur se lasse et attend autre chose...

Entendre du bien d'autrui peut nous rabaisser si l'on se compare mentalement à lui.

Alors que faire si même dire du bien devient sujet de conflits ?

Si l'on est content de quelqu'un, admiratif, reconnaissant, mieux vaut adresser directement à lui, ou par notre comportement bienveillant le lui faire sentir. Un geste, une attention, un sourire seront cadeaux et outils de communication meilleurs que la parole parfois encombrante.

 

Vertu et limite du silence

La nature humaine a horreur du vide, dit-on et l'homme moyen meuble le silence de toutes manières possibles.

En dehors des paroles de torah, le sage connaissant les méfaits de la langue choisit le silence et évite du même coup la moquerie, la grossièreté, la flatterie, le mensonge, la médisance, le blasphème.

Le traité Pessahim (99a) ajoute : Si le silence est bon pour le sage, il l'est encore davantage pour le sot ».

Pourtant, il sera de notre devoir d'intervenir si l'on entend dénigrer autrui pour prendre la défense de la victime ; car ici, un silence sera compris comme approbation et le médisant ira de plus belle.

Il est également des cas où parler est permis : quand la sécurité ou l'intérêt d'autrui est engagé.

Dans l'éducation : si la santé ou le comportement d'un enseignant ou d'un élève sont une menace pour les autres.

Dans une association : lors d'une présentation en vue d'un mariage, on est tenu de citer les tares et défauts éventuels de l'un des partis pour une association commerciale, on sera tenu de mentionner faillite ou malversations passées, si l'intéressé omet de le faire.

Pour protéger d'un dommage financier

en tout état de cause, si on se doit de parler dans un des cas cités, il faudra s'assurer du bien-fondé du but à atteindre et de la validité de nos paroles après s'être assuré qu'on ne pouvait en faire le reproche à la personne incriminée, on veillera à ne pas ajouter au tort causé.

Pouruqoi la médisance ?

Nous ressentons tous le besoin de nous confier à un proche des frustrations et injustices subies au travail, déceptions amicales ou sentimentales. Alors nous déblatérons sur l'autre, car nous nous sentons en état de légitime défense, ayant été décu, trahi, bafoué, en un mot victime. Mais de ce statut, nous passons immédiatement à celui de criminel dès lors que nous médisons : la mauvaise langue est une arme, elle est un glaive qui peut tuer à distance. Il est des mots qui tuent...

En fait si l'on était honnête envers soi-même on conviendrait que c'est notre faiblesse, notre laisser-aller, notre égocentrisme qui nous inclinent à agir de la sorte ; si je fais mon examen de conscience, j'essayerai de comprendre pourquoi l'autre a agi comme il l'a fait. Est-ce ou non justifié ? A moi alors de régler le différend éventuel cette personne. Ce faisant je me place au dessus de l'événement au lieu de me laisser dépasser par ma langue vengeresse.

 

Comment lutter ?

La médisance menace à tout instant. Que faire pour l'enrayer ?

Tourner 7 fois sa langue dans sa bouche comme le dit la sagesse populaire, ce qui permet de réfléchir et de désamorcer sa colère

Avant de médire, Meditez Refuser fermement d'écouter la médisance; c'est dur au début car mal reçu par l'autre qui se cabre devant cette opposition inhabituelle ; mais cela finit par être payant et notre entourage saura que nous ne mangeons pas de ce pain là ! Courage, peut être serons nous imités ..

Evitez toute tentation de laisser aller, souvenez vous que la médisance est signe de lâcheté, et de faiblesse, maîtriser sa langue c'est renforcer sa foi et augmenter sa confiance en soi.. S'habituer à tout voir de manière positive , la médisance vient de ce que les gens voient le mal partout

pessimisme, amertume, sentiment d'injustice se tranforment vitte en agressivité verbale

Étudier les lois de la médisance les deux livres que nous citons ici nous y invitent. Il faut se réunir régulièrement à deux ou à plusieurs pour en étudier le fondement. Il faut étudier ses manifestations et ramifications pour en comprendre la portée profonde et y travailler.

Vers l'amour du prochain

"La faute de la médisance est à la source de la majorité des fautes envers son prochain et quelques unes envers Dieu " résume le 'Hfetz 'Haim. L'éviter nécessite un amour trés fort du prochain.

Selon le principe biblique "mesure pour mesure" un homme qui surveille sa langue sera jugé favorablement. Pour ce faire il recherche la paix l'entente avec les autres car "grande est la force du chalom, paix ; s'il règne en Israel le Satan ne peut l'attaquer" disent nos textes. .

Joelle Dana Malka.

 

>