Cela suffit que les juifs se gargarisent d,être
le peuple élu. Ils ne comprennent pas qu'en réalité
ils sont le peuple du mot et par la même du questionnement.
Quand le peuple juif cesse d,être un point d'interrogation
pour le monde et quand il devient un point d,exclamation il cesse
de remplir sa mission et devient sclérosé.
L'essence de la reflexion juive se trouve dans le Hassidisme,
pas celui d,aujourd'hui qui est un ramassis de corbeaux noirs,
surs de détenir la vérité et fermés
aux autres car devenus collectifs et s'étant eux-mêmes
supprimés en tant qu'êtres autodéterminés.
Le TSIMTSOUM :
c'est à dire le vide que D-ieu a crée en lui même
pour donner naissance à l'homme est la base de ma mystique
juive.
Le tsimtsoum rend impossible toute totalité. C,est le monde
de l'entre-deux.
La fusion, qu'elle soit avec le créateur, avec une pensée
ou quelqu,un que l'on aime est mortifère car elle entraîne
l'annulation de l'un ou de l'autre.
L'être ne peut faire partie du divin, le divin ne peut être
annulé par la matière ou fondu dans la création.
La véritable communication est "une relation sans
relation " (M-A Ouaknin. Introduction à la méditation
hébraïque) . L'être pensant, refusant l'inhumanité
du monde ne se construit qu'à ce prix.
Il doit entendre à chaque période de sa vie où
il est tenté de fusionner, le cri " Daï"
issu du nom de D-ieu " CHADDAÏ " qui signifie:
" chéamar leolamo daï" soit " celui
qui a dit à son monde ça suffit."
Le Hassidisme en son essence est une matière d'être,
c,est un plus, des plus : vivacité, joie de vivre, danse,
chants, larmes, acceptation de la joie et des angoisses qui permet
à tout le corps et le coeur d''exprimer son ressenti pour
que la violence soit expurgée et ne se retourne, ni contre
l'autre ni contre soi-même.
Le Baal Chem Tov avait compris bien avant tout le monde que la
maladie a le plus souvent une cause psycho-somatique.
C'était déjà les Mots contre les Maux.
Dans le Hassidisme il n,y a pas d'indifférence c,est une
ouverture vers D-ieu, vers les autres, vers la Vie. Mais les autres
ce sont tous les autres, tous ceux qui font partie du monde, qui
nous en montrent la diversité et par la même nous
permettent d'avancer, de comprendre et de sortir des pensées
sclérosées.
Ce sont les Autres acceptés avec leurs différences,
c'est un obstacle à tous les " ismes " dogmatiques
qui sont à l'origine de toutes les exclusions et donc des
violences physiques où morales à l'encontre de ceux
qui ne rentrent pas dans le moule.
L'éthique du Hassidisme c'est le contraire d'Auschwitz:
" c,est l échec de l'inhumain. ""(id) car
"le hassidisme vivant, conscient de la violence dont sont
porteurs les groupes met en place une éthique où
ce qui est premier n'est pas la connaissance mais le respect du
visage de chacun."(id) .
Le Hassidisme voit dans l,autre le miracle qui lui permet de sortir
de son habitude et de ses certitudes. L'Autre, par sa différence
lui rend la Vie.
Celle qui fait que la fusion n'existe pas et qu'il doit sans arrêt
lui permettre de retrouver son questionnement. " Le juif
ne pose pas seulement des questions: il est lui-même devenu
question." (Ed. Jabès) Et là nous retrouvons
le fondement de judaïsme où une question n,est jamais
résolue. Une nouvelle interprétation est toujours
possible.