Réflexion sur les 55 ans de la délivrance d'Auschwitz.

 

Cela suffit que les juifs se gargarisent d,être le peuple élu. Ils ne comprennent pas qu'en réalité ils sont le peuple du mot et par la même du questionnement.
Quand le peuple juif cesse d,être un point d'interrogation pour le monde et quand il devient un point d,exclamation il cesse de remplir sa mission et devient sclérosé.
L'essence de la reflexion juive se trouve dans le Hassidisme, pas celui d,aujourd'hui qui est un ramassis de corbeaux noirs, surs de détenir la vérité et fermés aux autres car devenus collectifs et s'étant eux-mêmes supprimés en tant qu'êtres autodéterminés.

Le TSIMTSOUM : c'est à dire le vide que D-ieu a crée en lui même pour donner naissance à l'homme est la base de ma mystique juive.
Le tsimtsoum rend impossible toute totalité. C,est le monde de l'entre-deux.
La fusion, qu'elle soit avec le créateur, avec une pensée ou quelqu,un que l'on aime est mortifère car elle entraîne l'annulation de l'un ou de l'autre.
L'être ne peut faire partie du divin, le divin ne peut être annulé par la matière ou fondu dans la création. La véritable communication est "une relation sans relation " (M-A Ouaknin. Introduction à la méditation hébraïque) . L'être pensant, refusant l'inhumanité du monde ne se construit qu'à ce prix.
Il doit entendre à chaque période de sa vie où il est tenté de fusionner, le cri " Daï" issu du nom de D-ieu " CHADDAÏ " qui signifie: " chéamar leolamo daï" soit " celui qui a dit à son monde ça suffit."
Le Hassidisme en son essence est une matière d'être, c,est un plus, des plus : vivacité, joie de vivre, danse, chants, larmes, acceptation de la joie et des angoisses qui permet à tout le corps et le coeur d''exprimer son ressenti pour que la violence soit expurgée et ne se retourne, ni contre l'autre ni contre soi-même.
Le Baal Chem Tov avait compris bien avant tout le monde que la maladie a le plus souvent une cause psycho-somatique.
C'était déjà les Mots contre les Maux.
Dans le Hassidisme il n,y a pas d'indifférence c,est une ouverture vers D-ieu, vers les autres, vers la Vie. Mais les autres ce sont tous les autres, tous ceux qui font partie du monde, qui nous en montrent la diversité et par la même nous permettent d'avancer, de comprendre et de sortir des pensées sclérosées.
Ce sont les Autres acceptés avec leurs différences, c'est un obstacle à tous les " ismes " dogmatiques qui sont à l'origine de toutes les exclusions et donc des violences physiques où morales à l'encontre de ceux qui ne rentrent pas dans le moule.
L'éthique du Hassidisme c'est le contraire d'Auschwitz: " c,est l échec de l'inhumain. ""(id) car "le hassidisme vivant, conscient de la violence dont sont porteurs les groupes met en place une éthique où ce qui est premier n'est pas la connaissance mais le respect du visage de chacun."(id) .
Le Hassidisme voit dans l,autre le miracle qui lui permet de sortir de son habitude et de ses certitudes. L'Autre, par sa différence lui rend la Vie.
Celle qui fait que la fusion n'existe pas et qu'il doit sans arrêt lui permettre de retrouver son questionnement. " Le juif ne pose pas seulement des questions: il est lui-même devenu question." (Ed. Jabès) Et là nous retrouvons le fondement de judaïsme où une question n,est jamais résolue. Une nouvelle interprétation est toujours possible.